BERNARD DE LA FERTÊ
Dans trots manuscrits de la Bibliothèque Nationale, qui portent les n*' 65, 66 et 67 du fonds de Cangé, on litun jeu parti, dont lesdeui interlocuteurs sont unano* nyme, comte de Bretagne, et BERNARD, sire de la Perte. Ce comte de Bretagne serait, suivant une noie de Cangé, Pierre de Dreui, dit Maucterc, duc de Bretagne, mort en 4250. La date des manuscrits rendant cette hypothèse très vraisemblable, il nous reste à rechercher si parmi les seigneurs de la Perlé, Pierre Hauclerc avait un contemporain du nom de Bernard. C est encore dom Villevieille qui nous vient en aide dans cette recherche. Bernard de la Perlé avait emprunté des bourgeois de Tour.4, sous la caution des moines de la Co&lure, une somme de dix-huit livres, qu*il n'avait pu remliourser avant de mourir. A sa dernière heure, il appelle près de ton lit Bernard son fils, et Hugues son frère, et leur ordonne d'acquitter cetle dette dans le délai le plus court. C'est ce que dom Villevieille a lu dans le Girtulaire de Tabbaye de la Couture, à Tannée 4190. Trois personnages sont parfaitement désignés dans cet acte : Bernard, premier du nom, qui, mourant en 4 490,était bien vieui quand Pierre Mauclerc cinit bien jeune encore; Hugues, son frère, dont nous venons de parler, et Ber* nard, son fils. Nous apprenons encore qu'en 4 il 0, celui-ci souscrivait un accord entre Guillaume de Sillé et Tabbaye de la Co&ture au sujet du pressoir de Vallon (4 );
(1) Aftb. de UCodtlirc. (Dom VUlevielU^.)
ëBAHARD DB U ^BBTS. 11^
qucn 1 257, il partageait avec quelques-uns de ses vassaux les bois de Regmatard (4); qu'en 1258, il signait un accord avec Tabbaye de la Coulure, et qu'il faisait, en 4 265, avec sa femme Jeanne, un don au prieuré de Boissé (2). Nous savons donc quel est ce Bernard de la Perte, qui nous est désigné comme étant Tintcrloculeur du comte de Bretagne dans le jeu>par(i des manuscrits de Gange. C*est Téciiyer Bernard, deuxième du nom parmi les sires de la Perlé, qui vivait encore en 4269. Nous allons reproduire, d*après le n* 67 de CSangé, le poëme encore inédit dont la meilleure partie est son ouvrage :
Jeu-parti entre le cwnte de Bretagne et Bernard, sire de la Perte,
1. Bemart à vos (3) Tueil (4) demander De II (5) choses la plus vaillant :
Prouece (6) que tant oï loer, On larçecc qu*on (7) aime tant; Si n*en aites vostre senblant (8), Car j'ai (9) ol louz jon (10) conter Sanz proece (11) ne puet monter
(I) Cartulairc de Tabbaye de Tyron. (Dom Villevieille. )
(i) Archiv. de Tabbaye de Marmoutiers. ( Dom Villevieille. )
(d) Comme il y a quelques difTércnces entre les textes des trois mannscrits, nous allons les indiquer. Au lieu de vox, le n« 65 porte vous,
(4) N« 65, weil; n« 66, viuL
(5) N« 65, deus,
(6) N« 66, proesce.
(7) N» 65, q*en; n» 66, c'un,
(8) N» 65, semblant,
(9) No 65, >e.
(10) N» 66, tozjors oî.
(II) N» 66, proesce.
114 milAAO Dl LA rilTI.
Nul chevalier très bieo avant.
Qui d*annes soit entremetant.
t. Cuens de Brctaigne, sans Causer (t), Lan^esce vaut meut (i», re m'est ^is.
Car lar^cce (3^ fet homme (4) aiuer A trestos ceus (5^ de son pais; llasmeiiient (6) ses anemis (7) t>uet-4Mi (S) conquerrc par doner.
Et si en puet-on (9> acheter L*anior au roi de Paradis; Et qui Fa muU (10; li est hien pris.
S. Benurd de la Ferté, amis,
Ne quit (11) pu que (It) proece (IS) vaille Larg«co, ançois (U) m*est a^is Quelle senble (IS, feu de paille Quant est ars (16); bien se »ant faille.
Riens ne vaut; p<ir ce m'est a%i»
Proece doit aïoir le pris.
Car qui Ta ne fera faille, En uni besoig (17) où il aille.
(I) N« 65, Sirf, fot que *:out doi pttrter.
(i) S« 65, meli: n» 66, nueuz.
(S) N» 66, largesce,
(4) N* 65, honme.
(5) N« 6S, cef .
(6) N» 65, mismemeni; n* 66, meismemtnl.
(7) S» 66, enemit.
(8) >'• 66, /en.
(9) S* 65, ton: n^U, i'm.
(10) S» 66, vuet, (U) X» 65, cuit.
(H) X«65, sans,
(II) N» 66, cuit mnz pror^^.
(14) N» 64i, aiii^"itf.
(15; X» 63, S^nhfr #1. w* 6«>, sfmhtf, il« V66, /!#/:
.17" N» 66, b^s'Hug
inifARD DB La wnrk.
4. Gneos (i), et je di sani largiescè Ne porroit nos estrc preodon.
Car à toi biens cis iere adrece Celui qui Ta en sa meson; Et mesmement riches bon Qui de donner n^a perece Ne ne le fel par deslresce; Itel doit avoir région Bt non (2) mie le preus féîbd
&; Bemart,j'aitoijors(3)oîdire Que le cor (4) gaaigne Tavoir :
Se il est mauves sire (S) Quel chose li fera l'avoir (6)?
Largece n*i a pooir (7), Né fisicien (8), ne mire; Tos jorz sera del en pire Mis à honor (9) en non chaloir Ce povcZ'Vos (10) savoir de voii^.
6. Cucns, je n*en (1 1 } quier estre ja mu (1 1) . L*on n*est mie toz armé (it) Et bien me sui aperceu Que partout (14) vaut trop lergeté
il»
I) No 65, êire, i) N« 65, ne.
3) N« 66, touzjars.
4) No 66, li cars.
5) N» 66, Et se il est a mauvais sire.
6) No 65, Quel chose le fera valoir; n" 66, quel la.., le...vaioir»
7) No 65, povoir.
8) No 66, fisiciain.
9) No 65, cnnor.
10) No 66, poez.
II) No 66, ne.
12) No 66, nu.
13) No 66, Len n'est mie touzjors armé».
14) No 65 Queentozlieus.
116 iOUIAAB DE LA FIBTK
Ce est veiia q«i irient de Dé (1) Qa^il (i; ne Ta, si a tout (3) penlu.
Et qui l*a, si a tout TaÎBcn (4), Mes qu^avecques ait loiaaté (5) Sam qui nus D*est preudon clamé.
T. Bernart; quant nos somes (6) d*nii gré Cest fdeu parti en enToîoos Au conte d'Aqjoa, car bien se Qu'il eulendra bien les resons (7) Et de jugier droit li (8) prions, Qu*en tos biens a mis son pensé Force en dira la Térité, Et si n'i querra arhesons l)e nos rendre le droit rcspons.
8. Sire quens (9), sachiez moult me dot (lOj De prendre le sien jugement Qu'en procsce a mis du tout.
Son cuer (14) jel sai certainement Non pas por ce, mon escient, A moi se tendra tout (ii) de bout; Mes prier Ten voudroie (1 3) moult Qu*o lui apelast en présent Le quens de Quelle au jugement.
(I) N« 66, Deu.
(i) N« 65 et 66, qui.
(3) N« 66, tôt.
(4) N«66, ly^cu.
(5) N* 66, leauiez.
(6) N» 65, sûmes.
(7) N* 65, en tendra bien les rei»ms
(8) N» 65, les.
(9) N» 65, ce.
(10) N» 65, dout,
(II) N* 65, ce.
(It) N« 65, tôt.
(I3j N« 65, hvoudré.
CHAIUAS HAVOOUBT. li?
TROUILLART (Pierre).
PiBHHB TROUILLART, sieur de MoDtferré, né au Mans, avocat au présîdial de cette ville, a fait un petit livre qui n'est pas indigne de quelque estime : Mémoires des comies du Maine ; Le Mans, Hiérosme Olivier, et Paris, J. Libert, 4643, in-S"*. II y a plus d'une erreur dans ces Mémoires ; l'érudition de Pierre Trouillart n'était pas plus profonde que variée : cependant on remarque qu'il ne manquait pas tout-à-fait de crilique, puisqu'il n'hésitait pas à rejeter les fabuleux récils d'Annius de Viterbe et de Belleforest. On le compte encore parmi les historiens.
Nous ne savons rien sur sa vie. Il mourut, dit-on, en 4666.
MAUCOURT (Charles).
.11 faut placer à la suite de Pierre Trouillart Charles MAUCOURT, sieur de Bourjoly, né h Saint-Ouen-des- Oies, le 49 novembre 4 645, auteur d'un Mémoire Chronofogiqite de V origine des seigneurs fondateurs du château et de la vUle de Laval, etc., etc.; ouvrage inédit dont il existe d'assez nombreux manuscrits, entre lesquels il y a, dit' on, de notables différences. M. Verger en a publié, d'après une copie très fautive, des fragments assez étendus dans ses Archives curieuses de la ville de Nantes et des départements de l'Ouest (l). Nous n'avons lu que
(1) Tom. I, pag. 16-, ^S4, UBi 849; tom. ii, psfp. 249^ 3^.
4 48 JAO^DIS YUBB.
ces fragmeols : ils offrent peu d'intérêt. Le Mémoire de Maacourt de Bouijoly ne parntt 6tre qu*un assemblage dénotes recueillies de divers cAtés, et le plus souvent eilrailes d'ouvrages imprimés : on n*en saurait tirer aucun profit.
VIARD (Jacques).
Nous n'avons guère d'autres renseignen)ents sur Jacques VIARD que ceux qui nous sont fournis par La Croix du Maine et par Du Verdier. La Croix du Haioe lui attribue : I. Almanach et Prophétie pour huit oiu, commençant Van 4561 , imprimé au Mans par Hiérosme Olivier, en 4661 Nous ne connaissons ni cet ouvrage, ni le suivant , que nous indique aussi La Croix du Maine : — II. Le Période du Monde, dédié et présenté au roy Charles IX. — III. Médecine préservatrice et très nécessaire pour guarir tous esgarés à la foi chres* tienne^ nouvellentent puysée en la claire fontaine de la très haute... dame Théologie .. dédiée du présent par La Pmdaineaux Calvinieux, etc., etc. Le Mans, H. Olivier, 4559, in-i* et non pas 4 569, comme le prétend La Croix du Maine. Tel est le titre singulier d'un poëma fort rare que ne possédait pas la bibliothèque de La Vallière, et que nous ne trouvons pas non plus au catalogue de la Bibliothèque Nationale : mais une note manuscrite de Mercier de Saint-Léger nous en lait connaître du moins les premiers vers. Les voici :
Ici voyant let (rrandt abus du inonde, BC kf orreun dont Uwi mal noua abopde
jAeQOBS yiAiip. 119
Par nos meffiûU difformes et damnables,
Parlez je veux des maux Innumérablcs;
Premièrement sous perilenx obice
Pour démosUr du temple Tédifice
Et les statuts de nostrc antiquité.
Or Tordre heureux toi, Calvin, as quitté (1).
Un tel débat n'annonce pas un poêle. — IV. Oraison du Trailé de Paix entre le grand roi des rois et ses sujets, Le Mans, H. Olivier, 4 559. — V. Almanach pour Vannée 4 564, calculé sur l'horizon du pal solaire d'Anjou; Paris, P. Moreau, 4562. Telle est la lisle des ouvrages de Jacques Viard suivant La Croix du Maine. Du Verdier y ajoute les titres suivants : — VI. Diumal fatal pour tout jamais, où est comprise l'intelligence de la vraie philosophie tant naturelle^ divine, que humaine ; Paris, G. Ny verd, 4 572, in-8«. — VIL Les articles salutaires de la paix catholique et universelle pour tout jamais; Paris , G. Nyvcrd, in-8*. — Stratagèmes et subtilités de guerre envoyés aux capitaines et soldats, combatans pour la défense de l'église catholique; Paris, Nyverd.
On ignore le lieu natal de Jacques Viard, mais on sait qu*il exerça d*abord la médecine à Ponlvallain, au Maine, et plus tard à Gouis, prèsDurtal, en Anjou. Suivant Du Verdier, il aurait été , vers la fin de sa vie, conseiller et médecin ordinaire de Charles IX.
(!) Mercier de Saint-Léger, notes manuscrites sur un exemjjlaire de rédition de La Croix du Maine donnée par Rigoley de Juvigny. Bibl. Nat., département des Imprimés.
4S0 oouxàUMi Li momuÂ.
TUFFIËRE (Fbamçois).
Mé à Noyan, suivant M. Desportes (I), Paançois TUF- PIÈRB pril le cordon et entra chez les religieux minimes. Nous n'apprenons |)as qu^il ail obtenu d'autres emplois, dans son ordre, que ceux de théologien et de prédicateur. Suivant une noie de l'abbé de La Crochardiére (2), il moanit, au Mans, le 28 mars 4684. On a de cet écrivain deux poëmes considérables : l'un qui est demeuré mauuscrit, et que conserve la Bibliothèque du Mans ; raulro, qui a été imprimé sous ce litre: SaùU PrançoiS'de-Paule, oti la Charité Triomphante; le Mans, Yaambarl, 1678. in-8*: paraphrase étendue de la règle du tiers-ordre, et des litanies de Si -François, de Jésus et de la Vierge Ces vers sont faciles, et l'auteur avait, d'ailleurs, quelque sentiment de la mesure poétique; mais il lui manquiiil h la fois et lo goût et le style. Que ses œuvres reposent sous la poussière qui les couvre! Elles ne méritent pas d'être exhumées
LE ROUILLÉ (GtîiLLADMR).
Sur le frontispice de tous ses livres, et il les publia lui-même, on lit: Gullaihr LB ROUILLÉ, d'Atençon; il faut donc rejeter l'assertion du l)iogra|)lie qui lui donne
(I) Bibiiogr^du Maine,
(%) MSS. de U Bibtiollièque do Man«.
Qi;fI.LAUU8 UB BOUUXÂ. 124
BeaamonUle-Vicorole pour lieu natal (4). Cepeudant on concilie ces différenls témoignages, en le faisant naître à Montsor {i), faubourg d'Alençon, qui, séparé de la ville parla Sarlhe, dépendait autrefois de la province du Maine et du duché de Beaumont. La daic de sa naissance est plus certaine. Il termine par ces mots son Commentaire sur la Coutume du Maine : a Et sic, ad laudem Dei, finis estimpositus huic Inbori, die 45 roeosis Âugusti, anno 4632, setatis meœ 38 anno. o 11 était donc né en 4 494, comme le prétend, d*ailleurs, La Croix du Maine. Guillaume le Rouillé nous apprend qu'il était parent de Michel Bureau, abbé de la Coulure (3); nous ne savons par quelle alliance. Ayant obtenu le titre de licenciées lois, il fut lieutenant-général de Beaumont et de Presnay, et conseillera l'échiquier d'Alençon. Nous ignorons la date de sa mort, mais, au rapport de La Croix du Haine, il vivait encore en 4550.
11 a laissé plusieurs ouvrages, dont quelques uns ont joui , pendant longtemps , d'un grand renom. Nous désignerons d*abord : Le grand Couslumier du pays et conté du Maine, avec la glose, addition, allégations et concordances, tant du droit canon que civil; Paris, 4 509, itï'i^, et Regnault, 4535., in-fol. C*est le plus considérable et le plus important des divers ouvrages de Le Rouillé. On lui doit encore : Le grand Coustumier du pays et duché de Normandie, avec plusieurs additions, allégations, etc.; Paris, 4 534, in-fol. ; Rouen, Leroux, 4539, in-fol. Viennent ensuite deux traités de
(!) Aimanach Monceau de 1768.
(2) M. DesporteSy Biographie du Maine.
(8} le Grand Coustumier du Maine, art. fl, gloma xxxyi.
4M hah-baptistb li tiat.
moindre importance : JusUtiœatque injusticiœ descripfAmumcompefidiiim; Lugduni, 1 530, in-i*, el 1531 , îa*8«; cette dissertalioD a été réimprimée dans le Tractaius wUversijuriSf publié à Venise en 4 58i» in-fol. : Le Re* eueU de VwUique préeocceilence de Gaule et dei Gauloyt; Poitiers, t5i6, in«>8*, et, augmenté d*une troisième partie, Parts, 1 534 , ln-8*; c'est une compilation de toutes les foblesqui ont été tant de fois racontées sur Torigine des peuplades gauloises: elle commence à larrivée deNoë dans rOmbrie, ou Gaule Togée, et finit i la victoire ga* goée par Charlemaigne sur Désir, dernier roi des Lom* bards. A ce Recueil est joint un poëme qui a pour titre : Bjristre des rossignols du parc d'Alençon à la très illustre royne de Navarre^ duchesse d*Alençon et de Berry : ce sont des rimes sans esprit et sans goût.
TKIGUEL (Jean).
On lit dans la Bibliothèque Françoise de La Croix du Maine: c jBANTRIGUEL,cordelierau couvent de Laval» au Maine. Il a composé plusieurs Noëts, ou cantiques, surTadvénemenldeNotre-Seigneur, imprimez au Mans Tan 1565, par Hiérosme Olivier; auquel lems flori&sait ledit autheur. « C'est tout ce que nous apprenons sur co poêle.
LE VRAY (Jkan-Baptisie.)
Jian-Baptists LBVBAY , né i Saiot-Jean-dAssé , fit d*abord profession de suivre la régie de saint François,
et exerça, dit-oo, la charge de gardien chez les MiDÎmes du Mans, Il passa dans la suite chez les cbanoioes réguliers de Prémontré, de Tordre de Sniol- Augustin, e( fut curé de Saint -Ambroîse de Helun. On a de lui: Homélies, ou Bxflicaiion littérale et morale sur les évangiles de tous les dimanches de rannée, etc., etc., par M. J. B. Le Vray, chanoine-régulier, docteur en théologie de la faculté de Paris, etc., etc.; Paris, E. Coulerol, 4 685, in-8''. U suffit de faire connattre le titre de cet ouvrage, qui ne parait pas avoir été fort goûté.
FRANÇOIS (Le P.)
Le P. FRANÇOIS de Doinfront , capucin , né dang la ville dont il porte le nom, est compté parmi les érudils de son ordre. L'auteur de la Bibliothèque des Capucins lui allriboe : La Science du Prince^ in- 4*". Nous ue savons rien de plus à cet égard.
BOUILLE (-..de).
Ansart n*a connu ni le nom, ni les œuvres de ce poète manceau. Nous avons vainement, pour noire part, recherché Toavrage qui nous était signalé sous ce titre : Les principes de la poésie, du sieur de Bouille; Le Mans, 1647, în-48, et nous désespérons désormais de le découvrir sur les rayons de quelque bibliothèque.
It4 riAHçott noGtt.
CHEMINANT (Fbançois.)
François CHEMINANT , auquel le catalogue de dom de Gennes (4) donne la qualité de Manceau, Cenomanenns, est auteur d*une édition des livrt*s saints enrichie de notes chronologiques : Biblia sacra, inserîa passim ehronologia: Parts, Coustelier, I6bi. Cet ouvrage neparati pas avoir obtenu l'accueil le plus favorable. On le reocoDlre difBcilemeni aujourd'hui.
FROGER (Fbançois.)
Nous ne savons sur quoi l'on se fonde pour placer Fbançois FROGER au nombre des écrivains nés dans le Maine. Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il a publié: Belathnd'un voyage fait en h^^i&'K^^laMXcôieid'Afrique, déiroii de Magellan, etc., etc.; Paris, Legras, 4 69s et 1699 , in-8<>; Amsterdam, 4G99 et 1745, in-4i. Le nombre des éditions atteste le succès de l'ouvrage. C'est un récit fait simplement, et dans lequel on ne trouvera pas de ces longues descriptions qui inspirent toujours une juste défiance. Froger n'avait que dix neuf ans lorsqu'il s'embarqua pour faire ce voyage; mais il prenait déjà le titre d'ingénieur, et de sérieuses études lui avaient en* seigné tout le profit qu'on peut retirer de ces courses lointaines.
!) CilAlofr. maninerit de Tabbajc de .Sûnt^Vincent, à It Biblio* lue du lùns.
NICOLAS BiODOUlN, 12$
BAUDOUIN (Nicolas).
L'abbé Nicolas BAUDOUIN, né à Laval, chanoine de Saint-Michel en cette ville, prit une part très active à quelques controverses liturgiques du siècle dernier. Il publia dabord : Apologie des cérémonies de l'Eglise, expliquées dans leur sens naturel et littéral: Bruxelles, 1712, in-4 2. Vers le même temps parurent les derniers volumes de VEocplication simple , littérale et historique des cérémonies de l'Eglise, par Claude de Vert. Comme tes précédents, ces volumes furent vivement censurés. Baudouin, qui était du parti de dom de Vert, prit sa défense dans l'écrit suivant : Remarques critiques sur un livre de M. Vabhé de Vallemont, inlitiUé : Dissertation du secret des mystères; Bruxelles, 47i7« in -8*. Il s*agissait de savoir si le canon de la messe doit être lu par TofRciant à voix haute, ou è voix basse, et c'était la matière d*un grand débat. D. de Vertei Baudouin défendaient la lecture à voix haute, et celui -ci, s'emportant contre les partisans de la lecture à voix basse, les appelait des « dévots méditatifs qui aperçoivent de grands mystères jusques dans les vitres des fenêtres des églises, el dans les tuiles qui en couvrent le tott. » Nous connaissons beaucoup de ces gens trop subtils : mais ce ne sont plus des dévots; ce sont, tout simplement, des archéologueà. On doit encore à Nicolas Baudouin : De Véducation d*un jeune seigneur; Paris, 1728, in-8<».
Î96 JVUBI HATSBVkVfc.
IIAYNEUFVE (Julie»).
Né à Laval, en 4 68S, Jcutn HAYNBUF VE mounità Paris le 34 jaDvierlG63. A rage de vingt ans, le 13 aaat 1608, il était entré chez les Jésuites, et avaitélétourè tourreoteur du collège de Quimper, du noviciat de Rouen et du noviciat de Paris. Fuyant le monde, et n'ayant de goftt que pour Tétudé et les devoirs de sa profession , il s^élail acquis uoedeces réputations solides qui défient les censures de l'esprit de parti. 11 se levait tous les jours à deux heures du matin, pour préparer un sermon, rédiger quelques pages d*un livre, ou veiller sur les jeunes geos confiés à sa tutelle, etf vêtu en toute saison d'une rolie de toile , jamais il ne s'approchait du feu. C'était la plus parfaile image de l'homme austère. Ajoutons que, dur envers lui-même, il était doux, afTable à l'égard des autres. Après sa mort, un de ses confrères en religion a écrit son éloge fuiièhre (t): c'est un mor* ceau plein d'emphase, qui contient peu de faits; nous y trouvons, du moins, le témoignage de l'estime (|ue Julien Hayneufve s'était conciliée par s^ vertu constante et par SCS travaux littérbires.
Nous ne possédons qu'une partie de ses œuvres. Ses seimons, et il paraît en avoir composé un très grand nombre, sont tous perdus; mais il nous a laissé plusieurs ouvragos qui, les uns et les autres, ont eu beaucoup de succès. Il publia d'abord : De la conduite de la vie et des mivurs qui nt^nad au salut: Paris, Scb. Cramolsy, 4639-
(t ) Préfarr de la tccoihle partie de* llf'/K»ri<^f aux lUmantUi de la
iVUMK HAtlfXDFVB. IS7
4 640, 3 vol. in-i"*. C'est le (ireittier ouvrage d*Hayneufve \si il contient ceux qui doivent le suivre. Laissant à d'autres théologiens Télude etrinterprétation du dogme, notre docteur ne s'occupe que de morale. On ne Ta jamais accusé d'avoir pris à son compte quelques unes de bes propositions équivoques , téméraires ou relâchées, qui ont tant compromis les livres des Jésuites. Ce n'est pas un casuiste; c'est un moraliste solennel, abondant, qui développe siir le ton le plus élevé les préceptes de l'éthique chrétienne, et fuit plutôt les distinctions qu'il ne les recherche. Nous ne lui reprochons, pour notre part, qu'une tendance trop prononcée vers le mysticisme. Son style est, d'ailleurs, noble et correct, mais nous reconnaissons qu'il lui manque deux qualités bien importantes; il n'est ni sobre, ni simple, et,quand il s'agit de morale, on ne supporte pas longtemps la lecture d'une amplification diffuse et emphatique.
On vit ensuite paraître : Méditations sur la vie de J.-Cfpour tous les jours de i armée; Paris, S. Cramoisy, i6i0, i vol. in-4*; le même, 1644-4 646 et 4654 (quatrième édition}, même format. C'est le principal ouvrage d'Hayneufve. Boileau, dans sa dixième épltre, s'est adressé dans ces termes à quelques méchants livres :
Vous irei à la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Priante et Reguius, Et couvrir, cbei Thierri, d*une feuille encor newre. Les Méditations de Busée et d'Hayneufre.
Pourquoi le succès de ces Méditations ne s'est-il pas soutenu? Parce qu'elles manquent démesure. L'auteur semble avoir compris lui-même qu'il devait y faire des retranchements, et il les a données de nouveau, sous cette forme : Abrégé des Méditations sur la vie de J.-C;
iSà IIJUB9 HATIfBUPTt.
Paris, S.Cramoisy, 4658, 2 vol. iD-4i. C*csl la seconde édition : nous ignorons la date de la première. Troisième édition , chez le même libraire et dans le même formai, 4660. Nous en connaissons encore les éditions suivantes : la cinquième, S. Mabre-Cramoisy, 4666, i vol. in-42 ; la sixième, cboK le même, 4 670 ; la septième, 4675 ; la huitième, 4685, en i vol. in- 4 2.
Il fcul distinguer les Méditations $ur la vie de Jésus* Christ^ d*un autre ouvrage d'Hayneurve, qui a pour litre : Méditations pour le temps des exercices qui se font dans la retraite de huit jours; P^iris, S Cramoisy, 4643, in-i*; deuxième édition, Paris, 1645, même libraire et môme format; nouvelle édition, corrigée et augmentée , Paris, S. Cramoisy , 1664 , in-i*. Cet ouvrage a toutes les qualités et tous les défauts des précédents. Hayneufve Ta réduit à de plus modestes proportions : Abrégé des Méditations pour le temps des exercices: Paris, Sêli. Mabre-Cramoisy , 4 663 , in-4 3. Ce n*est pas la première édition; mais celte première édition échappe è toutes nos recherches.
Nous ne connaissons pas La voie spacieuse, etc., etc.; Paris, 46i5, in-i*. Cet ouvrage d'Hayneufve nous est signalé par Bl. Desportes (t). Mais nous avons sous les yeux : Veritaies praticœ in vita domini Jesu sanctorumquegcêtis, insingulos anni dies; Rothomagi, iG^i-teSi, i vol. in*i*. C'est le même ouvrnpe qui a paru sous le litre suivant : Ephemeridcs ecclesiastiae concionaforum; Coloniœ, 4665, in-i*. Ce n*esl }ms .n^surémout uu mauvais livre, et cependant on ne le lit plus: l\illenlion est bientôt fatii;uéepar Tabondance des détails et par la prolixité du discours.
(1) Bihtiofr du Maine,
LB P. sylVestab. i29
Nous aarioDS à faire les mêmes réflexions sur : Le grand chemin qui perd le monde , ouvrage |K)mposé et divisé en trois parties, par le P. Julien Hayneufve ; Paris , Séb. Cramoisy , 1663 , in -t 2. Ce n*est pas la première édition. Le privilège élant du mois de décembre de Tannée 4 657, il est vraisemblable que Touvrage fui pùbliédanâ le cours de Tannée suivante : il avait oblénù Tapprobation des docteurs dès Tannée 4646. On Ta souvent réimprimé ; nous désignerons la cinquième édition; Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 4 670, în-42.
Il nous reste encore de Julien Hayneufve : Recueil deS Mé:!Halions des supérieurs; Rouen, 4655, i vol. in-4â ; Exercices spirituels; Paris 4 655, in-4°; Lemondeopposé à J.'C. et convaincu d'erreur par cette opposition; Paris, Sébastien Mabre Cramoisy, 4 667, in-4 2 ; ce doit èlre la première édition , le privilège étant du 20 juillet 4666 ; Reproches aux demandes de la Vie Spirituelle , par les trois voies quon^ appelle Purgative , Illuminative et Unitive; Paris, Séb. Cramoisy ; 4 663-1666, % vol. in-i«. Le second volume, publié après la mort de Tauteur, et par les soins de quelques amis, contient son portrait gravé par Patigny, et son éloge en latin et en français.
SYLVESTRE (Le P.)
Cet écrivain ne nous est pas connu par son nom do famille : né à Laval en 4570, il entra chez les Capucins, et prit en religion le nom de SYLVESTRE de Laval. Il nous a laissé deux ouvrages de controverse. Le premier a pour titre : Correction chrestienne des erreurs et impiétés IV. 9
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du ministre Vignier, et de la vraie participalion du cotais et du sang de J.-C; Bois, 1 608, in 8*. Ce sont des invectives contre la Ihèse de la présence figurée. On lui doit encore: Les justes gramleurs de l'Eglise rornaitic contre V impiété de ceux qui nomment le pape Antéchrist, et singulièrement contre le ministre Viijnier; Poilicrs , Ibll^ in-i*. Il s'agit ici de Nicolas Vignier, auteur du Théâtre de r Antéchrist, minisire à Blois, un des cor.lroversisles les plus passionnés de la socle protestante. Il avait trop d*ardeur, et n*eul pas assez de constance. Après s'être signalé par des déclamations dont la véhémence eut pour censeurs tous les protestants modérés, il changea de (on, et se fit catholique. Disons, (oulefois. que celle conversion n*est pas attribuée au P. Sylvestre de L^a val. Nicolas Vignier avait un (ils qui, nourri dans la doctrine de Calvin, lavait ensuite abjurée. 11 suivit son exemple.
NAIL (Claidr.)
Ce Claudc NAIL était un des contemporains et sans doute un des amis de la Croix du Maine. Il n est connu que piir celle notice de la BiblioOv'que fran<;oise : c Claude Nail, natif de Piremil. au Maine. Il a écrit quelques cantiques sur la nativité de Jé^us Christ, imprimés au Mans Tan 4 580. » Ces anciens recueils de Noi'ls sont devenus très rares.
PAGE AU (GtY.)
Nuus n'avons pas plus de renseignements sur Gci PAGbAU. Né au Mans, suivant La Croix du Maine, il en-
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Ira danè TEglise, gouverna quelque paroisse et composa des Noêls qui prirent place dans plusieurs recueils dé JerAme Olivier. Il vivait encore en 1584.