‹ Histoire littéraire du MaineChapitre 6 sur 30 · MORAND · texte numérisé non relu

MORAND

C'cdt le nom d*un chanoine du Mans, auteur d'un livre assez médiocre qui a pour litre : Eloge de vénérable

lot iSAR LBriBlB.

Joseph-Ignace Le Clerc de Coulaines, oit Ion voit pur quels degrez une ànie dévote peut monter de vertu en vertu jusque un parfait amour de Dieu; \jo Maos, («694] iD-8*.

LEFRÊRE (JeamO

Jban LBPRÈRB, né à Laval dans lus premières aonées du XVI* siècle, obtinl par sod mérite el par la protection de René Levoyer, sieur de Paulmy, bailli de Touraine, la charge de principal au collège de Bayeux. 11 mourul de la peste le 12 ou le 1 3 juillet 1583 (i). C est tout ce qu*oo sail sur sa vie. Parlons maintenant de ses ouvra ges.

On nous désigne d'abord : Recueil des propres noms modernes de la Géographie^ confrontez aux anciens^ par ordre alphabétique: c'est un complément du Dictionnaire français latin de Robert Etienne, imprimé dans Tédition de ce Dictionnaire qui parut en <57i, chez Gilles Gourbin, in-folio. La Croix du Maine et du Verdier, si rareosent d accord, le désignent Tun el lautre comme ayant corrigé la traduction de Josephe de François Bourgoin , et publié Tune des éditions de cet ouvrage qui fut faite par Nicolas Chesneau : nous ne la connaissons pas. La Croix du Maine ajoute que Lefrére traduisit lui-mùme la Chronique d'Busébe; mais nous n'avons aucun autre renseignement à cet égard. On lui doit encore: Oraison funèbre faite à Romme aux obsèques du très chrestien roydePrance, Charles IX; Paris, Nie. Cliesueau. cl Lyon.

(1) Li Crotl du Maîuo. hiùlmthri^u^ fratirr^i*^.

JEAN LEFEBBB. 133

B. Rigaud 1574 in -i''. Celle oraison funèbre est de Marc- Antoine de Muret : Lefrôre la traduite de latin en français. Enfin, il a traduit, en société avecJ.Tigeou, Pascal Robin et aulres, les légendes qui composenl le Iroi* sième volume de V Histoire de la vie, mort, passion et miracles des saints, ouvrage publié en 4579 par Nie. Chesneau, en trois volumes in-folio (i).

Ses œuvres originales sont Charidème ou le mépris de la mort, prose; avec plusieurs vers chrestiens; Paris, Nie. Chesneau, 1579, in- 8"; No'éls et cantiques sur Vavènement de Jésus^Christ, imprimés, suivant La Croix du Maine, à Angers et en d*au!res villes; Adagia, quelques adages, insérés, dil-on, parmi ceux d'Erasme dans Tédilion qui en a été faite, en 4 579, in folio; enfin, une His< toire des discordes civiles du xvi* siècle, sur laquelle nous devons donner des renseignements plus élendus. Elle a pour litre : La vraye et entière histoire des troubles et guerres civiles advenues de nostre temps pour le faict delà religion, tant en France, Allemagne, que Pais- JSa5,parJeanLefrère, de Laval; Paris, MarcLocqueneux, 4673, in-8*. On se demande encore quel est le véritable auteur de ce livre, bien qu'il porte le nom de Jean Lefrère. Nous devons dire ce que nous avons appris à cet égard. Deux années auparavant, en 4 574 , Arnould Birckman, de Cologne, avait mis en vente: La vraie et entière histoire de ces derniers troubles, advenus tant en France quen Flandre et pays circonvoisins ; en un volume, in-S"". Ce livre était anonyme, mais on n'ignora pas longtemps qu*il était de Lancelot Voisin de la Popelinière. Quand plus tard, en 4584, celui-ci publia VHis-

(1) Hist. Lut. du Maine^ tom. i, pag. 999.

I5i IIAH LtniEll.

toire de France, enrichie des plus notables occurrences, etc., elc, il se plaignit avec amerlumc des larcins commis par Jean Lefrére dans son premier ouvrage. Uâlonsnous de dire que celle plainte était bien légitime. Mais Lefrére n'avail trompe personne. L*ouvrage qui porte son nom est, en eiïel, le tmvail d*un compilateur, qui, loin de dissimuler ses emprunts, les a déclarés en ces lermps : < Pour parler rondement à la françoiso, sans se Touloir bragarder du plumage d*aulruy, il proteste haut el cler ne se vendiquer ou attribuer, sinon la peine et le jugement d ajanoer et ramasser proprement en un corps le discours paravanlentremeslé de plusieurs autres matières. Que si, à l'avanture, les bénins lecteurs luy donnent quelque chose davantage, cela sera couché par luy 60 ligne de profit, et rccogneu mouvoir directement du fief de leur souveraine largesse. ■ Le plagiat est une coupable fraude, quand on 8*attribue l'ouvrage d*autrui; quand on avoue ses emprunts, ce n*est que péché véniel. Jean Lefrèrese croyait, d'ailleurs, tout à fait justifié par l'eicellence de ses intentions. Le livre de La Popeliniére, écrit avec assez de correction el d'élégance et plein de documents curieux^ avait eu du succès ; mais, pour avoir voulu se comporter en bislorion impartial, La Popeliniére avait également offensé les protestants el les catholiqui*s. Notre docteur, qui était un catholique ardent, avait pris l'outrage anonyme et en avait retranché tout ce qui n'avail pas été dit pour recommander son parti; el, comme il avait reçu, d'autre part» quelques rensoignemenlH nouveaux, quelques notes rédii^tVs sons les drapeaux de la Ligue, il avait bien ou mal substitué ces récils h ceux du narrateur trop indépen«lont et trop vériJique. |ji Popeliniére eut beau réclamer contre ces mutilations et

JEAN LEFRÈRB. i35

interpola tions, le livre de J. Lefrère fut encore mieux accueilli que le sien. Il fut réimprimé à Paris, chez Lanoue, en 1574, puis en ^575, avec des additions qui conduisaient Thistoire de la guerre civile jusqu'à Tannée 4 574. Nous en connaissons encore d'autres éditions, avec des suites nouvelles : Paris, 1576, 1578, 4582, 1584, in-8«. Chacune de ces éditions est , pour ainsi parler , un travail nouveau. Ce qui nous oblige de donner encore quelques explications sur ce qu'elles contiennent. L'ouvrage de La Popelinière, publié en 1571, s'étendait de l'année 1568, à l'année 1570 ; celui de Lefrère , publié en 1 573 , commence l'histoire des troubles à l'année 4 370 et ne s'arrête que vers la fin de l'année 1571. Sur dixneuf livres qui composent cet assemblage de fragments d'origine diverse, il y en a neuf dont La Popelinière peut revendiquer la meilleure part. Mais la dernière édition de Touvrage imprimé sous le nom de Jean Lefrère est bien différente de la première : celle-ci n'avait qu'un volume ; l'autre en a deux, qui sont l'un et l'autre de la plus ample dimension. Aussi, que l'on compare ces deux volumes à celui de La Popelinière , on ne trouve plus en^ fre les deux ouvrages que de lointaines ressemblances, et Ion suppose que J. Lefrère, honteux d'avoir vu signaler ses larcins , a voulu composer un ouvrage tout nouveau. Cependant il n'en est rien, et c'est ici que nous ne savons plus comment excuser la conduite de J. Lefrère. En l'année 4 681, La Popelinière publiait, à la Rochelle, son Histoire de France enrichie des plus notables occurences^ survenues es provinces de l'Europe et pays voisins, e\c, etc., et c'est dans la préface de cet ouvrage qu'il tançait notre compilateur avec tant de véhémence. Or, la même année, mais quelques mois après, J. Le-

186 iiAN LBnàii.

frdM assisté d'un sieur Bmile de Piguerre, conseiller au siège présidial du Mans , donnait chez Lanoue et chez Jean Poupy, à Paris : rUisloire de France, contenant le$ ph$9 notables occurrences et choses mémorables advenives en ce rqyaume de France et Pays-Bas ile Flandres jus» quesàprcsent, etc., elc. , en un fort volume in-folio, sans nom d'auteur. Mais que contient cet immense in-foUo% il contient , sous un titre différent : La Vraie et entière Histoire des troubles^ celle de l'année 4573, avec les additions de 457 S , et quelques changements, tandis que VHistoire de Frasice de la Popeliniére est un ouvnige iout-À-fait distinct de la Vraie et entière lUstoirey éditée par Birckman, en Tannée 4574 . Cependant il s'agit toujours des mêmes faits diversement racontés. Or, La Popeliniére avait omis h^s détails dans sa Vraie et entière Histoire, et les avait prodigués dans son Histoire de France- Et que trouve t-on dans la dernière édition de la Vraie et entière Histoire publiée sous le nom de Le* frère, en 4 5S4? On y trouve le plus grand nombre des récils faits par La Popeliniére dans son Histoinde France^ et ils y sont reproduits presque sans aucune variante, sansaucuneallérationdu texte original. Ici la dissimulation est évidente ; la justiGcation est donc difficile. Nous voudrions pouvoir dire que Jenn Lefrère, mort presque subitement au mois de juillet de l'année 4 5S3, na pris aucune part k Tétiition de 1584 ; mais une note de l'imprimeur , Julien Noyau, nous apprend qu'il achevait le dernier volume de cette édition le SS octobre 4 583. En résumé, la Vraieet entière Histoire des troubles, puMiôc, en 4 573, sous le nom de Jean Lefiére, devint plus tard, avec quelques variantes, VHistoire de France in-folio éditée par Lanoue, chez Jean Poupy, en 4 584 , sans nom

AMBROfSB PABi. . 457

d'auteur; et celte composHion de diverses pièces est extrai(e en partie de la Vraie et eiUière Histoire, mise au jour à Cologne en 4 574 par un écrivain anonyme que l'on croil être Lancelot Voisin de La Popeliniére. Quanl à la Vraie tt entière Histoire, publiéo par Lanoue en 4 584, avec le nom de Jean Lefrère, c*est un ouvrage distinct et très difTérent de tous ceux qui portent le même titre , et l'on y trouve la reproduction textuelle des principaux chapitres de V Histoire de France publiée à la Rochelle en 4584, et attribuée par les bibliographes à La Popeliniére.

Ces explications ne seront pas sans dnute jugées superflues. Elles ont peut-être été déjà données par l'auteur d*un mémoire que le P. Lelong nous désigne sous ce titre : Conférence de V Histoire de la Popeliniére avec celle de J. Lefrère de Laval. Mais ce mémoire est de* meure manuscrit, et il a passé de la bibliothèque de Le Pelelier en des mains qui nous sont inconnues.

PARÉ (Ambroise).

On ne nous a laissé rien à dire sur Ambroise Paré : cet homme extraordinaire a rencontré tant de panégyristes, qu*il ne reste plus rien d obscur, ni dans sa vie , ni dans ses œuvres. Qu'on ne cherche donc pas ici des détails nouveaux , des faits inconnus : après le dernier des biographes de Paré, M. Malgaigne, nous ne pouvons plus que reproduire des témoignages vérifiés par la critique la plus scrupuleuse et la plus éclairée.

Né dans la ville de Laval, au Bourg-Hersent, vers Tan-

158 AMBROUB FABB.

née 4517, Ambroii^Paré employa los premières années de sa vie à des travaux qui n'avaient assurément rien do littéraire. La profession de son père était de fabriquer des coffres, et le jeune Ambroise commença par manier la scie et te marteau , ne soupçonnant pas encore à quelle fortune l'appelait son heureux génie. Hais il avait un frère atné à qui revenait Thëritage de la boutique piiternelle : dès qu'il connut ce privilège de la naissance , il prit une résolution par laquelle il lérooigna qu'il avait déjà formé d'ambitieuses espérances; il entra chez un barbier. Les barbiers n'étaient pas au xvi' siècle de médiocres personnages. Ils ras<iiont . m«'MS, en outre , ils saignaient, et, pour être reçu maître dans leur corporation! il fallait avoir subi des examens et s'être fait autoriser par un diplôme à pratiquer les œuvres sulialternes de la chirurgie; c'est -i-dire la s«)ignéc et la cure des clous, bosses, antrax et charbons. Si Ton refusait de les compter parmi les savants , ils arrivaient quelquefois h la réputation et à la fortune, au titre d'habiles opéra ti^urs. Paré eut pour premier maître un barbier de Uival ou d'Angers : il vint ensuite à Paris

Il était bien jeune encore, et il avait le goût de sa profession. Avec du travail et du temps , il pouvait devenir (c'était là son rêve de gloire ï) maître-chirurgien dans la célèbre confrérie de Saint- Cdnie : mais, d'abord , il devait entrer dans quelque boutique et faire TofTice d'apprenti, c'est- à dire promener le rasoir sur le menton des plus vulgaires chal.mds , et . par aventure, assister le patron du lieu dans ses o|)éni(ions chirurgicales. Tels furent les commencements de Paré Ci'pendant il ne fit pas un long st'^jour i cet le première étape de l'ap* prentissage : protégé sans doute par quelque grand sei •

▲MBROISE PAEB. 139

gneur, il fui bieulAt affranchi des plus pénibles et des plus humiliaoles épreuves de ce noviciat, el admis à THÔ leUDieu comme élève résidant. Il y passa trois années, pendant lesquelles il apprit beaucoup de pratiques et de secrets, ne négligeant rien pour être admis dans la confiance des chirurgiens , surveillant sur les malades les effets divers des affections et remèdes, poursuivant ses recherches sur les cadavres , et, dans ses loisirs, allant aux écoles de médecine entendre les docteurs-régents de la faculté. On n'avait pas encore acquis une grande expérience dans Tari de guérir : la médecine commençait à peine à se dégager des systèmes abstraits du moyenâge , el la chirurgie en était à chercher une méthode. Quand devaient-elles Tuneel Taulre conquérir un plus noble rang parmi les sciences? Quand devaient*elles enfin répudier le syllogisme pour Tobservalion ? Le jeune Paré ne le soupçonnait guères : mais qu'importe. Il était novaleur sans le savoir , puisqu'il observait : el il ne faut pas chercher ailleurs la cause de ces progrès rapides, lorigine de ces connaissances étendues et profondes qui doivent èlre bientôt un objet d*étonnement pour les docteurs émérites des Académies de France et d'Italie : il avait beaucoup observé !

Paré quitta THÔtel-Dieu pour être reçu matlre-barbier- chirurgien, et, comme il était très jeune encore, il y a lieu de croire que son expérience précoce écarta bien des difficultés, car les arbitres ne se montraient pas ordinairement trop faciles. A peine eût-il obtenu son diplôme, qu'on vint lui proposer un emploi des plus honorables. Le sieur de Monijan , qui allait marcher contre les Impériaux déjà campés dans les plaines de Provence, avait besoin d'attacher un chirurgien au service de sa

440 AMBROISB Fini.

personne: ce fut Paré qu'on lui présenta. Ils partirent ensemble et rencontrèrent les Impériaux présdeRrignole. Ce fut pour eux une fâcheuse rencontre. Le pdrli commandé par Monljan fut dispersé , et il tomba lui -même entre les mains des ennemis. Ce que devint P<iré dans cette déroute, nous Tîgnorons: mais quand Monljnn , rois en liberté, reçut Tordre d'aller commander en Piémont, Paré l'y suivit, et ne revint en France qu'en 1 539, è la mort do son protecteur. Quelques années après , en 1512, il fit la campagne des Pyrénées a la suite du duc de Rohan, et prit ensuite part à l'expédition de Landrecies. C'est ainsi qu'il continu.iit dans les ambulances militaires son éducation conmiencée dans les salles de l'Hôtel «Dieu. Mais il n'y avait rien de semblable entre les blessures faites par les armes, et les tumeurs. les affections cancéreuses auxquelles les rèplemenls limitaient la compétence de l'apprenti barbier. Aussi grand avait été son embarras quand pour la première fois il s'était trouvé devant une plaie déchirée par une balle ou par le fer d'une lance -. « J'étois en ce temps-là, dit-il, bien doux de sel, parce que je n'a vois encore veu traiter les playes faites par harquebuses [t] : » cependant , après avoir quelque temps hésité , non seulement il pratiquait avec assurance les opérations recommandées par les maîtres, mais il tentait des remèdes nouveaux . et voyait ses entreprises couronnées par les résultais I* s plus heureux. De ces expériences naquit une théorie, et, de retour en France, il crut devoir, avec l'approbation de Tillustro Fcmel, enseigner dans un livre celle théorie nouvelle. C'est le premier ouvrage d'Ambroise l*aré; il a pour

(1) Discours sur ie iivre itesplay^t par harquehus^s.

lilre : La Mélhode de iraiUr la f:xi V \rr -r or

l«par/Ièctes,danif rfiem^'3*''xe^ ?

Y. Gaullerol, «545, in-S- H n î ^^aa-^z^ nidémonslralioDSsyUogislqu un pralicien, se conlcolaii de tx-r^rtr as -^ biles , Je condamocr de c-»;:^**^ ?^^ commander de meifleore : sai- i • rz7 d'assoranocqa'il d'i^î>:«3'. >* •^"'- « 8C8 avis. Son petit livre rrur 'lûr. y r --^'^^ — '^"^- Il en avail à peitie vtj^': - : -tl-'T* vj. -^ *. qu'il quUtail Parkpcrjr sa'-» 'rf-:>» ^f- -- • * les mars rie BooWzDc. Ces - — cellcafrreasebîe55ore.':u '- r loaslcschirursirt» etor- -î*.'*:**r-. r.^ - :■ surnomioer fe Bxi^'s- La : '-'*r -»* . - r-n - -^ bocnl à Paré rb/îîDear y^ T^ * rj^ :a«r--r -- .^ t^ 00 remarque que Pa^ '»?—* r '^ *!?-.-:.•->• Vcpèraleur. Av-.'.-i if^^ i ^ ^ ^-^z-jr ' ' .- ^roée, lOttleUFraci^ ^'<- /» ^-t» jt î»-^ • V- »- Quand il reri&l à î-ar* i 3 -'<• -tt- .-vr'-s*- ir , renommée de ce r^Ci- «r--*- ^fr i,-. ^ ^jr ^ tebrésoHats Descc' pas c jr-'-^ir .-*«- . - ^. *- - . bborieui de reiT^e-^rf:.!* ^r*:-*^ ii-r -. . «5, ^ plaies, el TauaiiK. a t? '- * t-« .-— - r*» «^ • ♦édition. Vers le ri*-s** .*-"■:* . -.». j^ ^ - • :. - . (ion de lofiz^txizrz^ -r s^-. .- - ^ ar- t - ^ .--con/omdr«.a« « i'^-^-- < - 3- ^ - ^ ^

vie de Pcfé se p« <:?*• -n— - DèsqoU re^ena. : ui -r-f^j.

dans \es kôfiFa ji «»^ ^

lis AMBROISB PARB.

observalioDS incomplèles, et rédigeait un mémoire sur les Uiis nouveaux qu'il avait rencontrés, sur les expériences nouvelles dont il avait obtenu de bons elTets; et chacun de ses mémoires reculait d'un pas les limites de la science. Mais aussitôt que la rupture de la paix était proclamée, ce qui ne tardciit guères, il parlait de Paris et se rendait au lieu désigné pour les meurtrières rencontres. Dans les premiers mois de Tan née 1552, il accompagnait le duc de Roban sur les frontières d'Allemagne ; puis ilse trouvait au siège do Damvilliera, et se signalait en tous lieux p;ir quelque cure merveilleuse. Il était ensuite appelé par le duc de Yendôme, inscrit sur Tétai de sa maison, et faisait à la suite de ce prince une course dans la Flandre. On le voit, c'était une existence bien remplie.

Vers la fin de l'année 4552, le roi témoignait le désir de voir un homme signalé par tant de succès, et Ambroise Paré lui était présenté. Après cette entrevue, une condition brillante était désormais assurée au fils de l'artisan de Lival : le roi lui avait dit. « quil lui ferait « du bien », et commençait à remplir cet engagement, en le faisant porter sur la liste do ses chirurgiens ordinaires. 11 le chargea bientôt d'une entreprise pleine de périls, mais dont Tissus devait être glorieuse : il s'agissait de traverser les lignes ennemies qui assiégeaient la ville de Metz, et d'introduire d<ins cette ville les médicaments qui manquaient aux suidais blessi*s ou mala • des. Les ordres du roi furent exécutés. Paré pénétra d«ns la place sous la conduite d'un capitaine italien, qui reçut pour celte ex[)édition quinze cents éous, et la garnison, ranimée ptir la présenci^ d'un honuue dont le nom était déjà plus populaire que celui des princi|>aux

ÀMBROlée PARB. 143

officiers, se comporla si bravemenl devant l'ennemi, que Charles -Quint se vit contraint de lever le siège. Quand Paré fut de retour auprès du roi, celui-ci lui donna pour récompense deux cents écus. Quelque temps après, il était dans la ville de Hesdin, qui soutenait avec moins d avantage les efforts de Tarmce impériale. II fallut se rendre. Paré fut au nombre des prisonniers; mais, pour n'avoir pas à payer cher sa liberté, il se dépouilla de ses vêtements officiels el courut se confondre au sein de la multitude, dans la tenue du dernier des goujats. Il a fait lui-même le récit de tous les périls auxquels il fut exposé durant cette captivité. Plusieurs fois il eut en perspective le gibet ou les galères, mais, toujours favorisé par d'heureuses circonstances, il parvint à sauver sa tête et son honneur. C'est une histoire pleine d'incidents bizarres, dans lesquels 00 voit l'habile chirurgien trahissant à tout propos par ses indiscrétions le pauvre prisonnier, qui voudrait bien dissimuler son nom et ne peut se défendre de montrer son adresse. Enfin il eut sa liberté pour prix d'une guérison inespérée, et courut en toute hâte retrouver Henri 11 près d'Aufimon, après avoir, comme son maître Hippocrate, repoussé les présents et, bien mieux, bravé les menaces d'Ârtaxerce, c'est-à-dire du duc de Savoie, qui prétendait le retenir dans ses quartiers.

A la suite de toutes ces aventures, Ambroise Paré jouit de quelque repos* La France et l'Empire étaient restés sous les armes , et se livraient encore quelques combats; mais, de part et d'autre, on ne cherchait qu'une occasion de conclure la paix. Charles - Quiot abdiqua. Cet événement eut, du moins, pour résultat d'interrompre la guerre. Paré revint à ses études ana-

444 AMiROlSB FAMÉ.

(oroiques. Il ne put, loutofoiii, s'y arrêter longtemps. En 4 557, Philippe 11 envahit la Picardie avec une amiée de 50,000 hommes el se porta sur la ville de Saint- Quentin. Le connétable de Montmorency courut défendre celle place, mais, entouré par les Impériaux, il perdit la bataille , el fut fait prisonnier. Comme il avait élé blessé dans le combat, Henri 11 envoya vers lui le plus renommé de ses chirurgiens, Ambroise Paré ; mais rentrée du camp lui fut refusée, et il dut rester à La Fcre où 8*était retiré le corps d armée du connétable , après la désastreuse journée de &iinl-Qucntin L'année suîvaule, il se rendait avec une escorte de cinquante hommes dans sa ville de Dourlan menacée par les iî*<pagnols. C étaient toujours des entreprises périlleuses. Sous les murs de Dourlao, il fut accueilli par les feux de la place, avant d'avoir pu se faire reconnaître. Ce n'était rien encore, lorsque la ville assiégtk) n^était pas forcée de se rendre. La défense de Dourlnn fut, du moins, plus heureuse que celle de Hes<lin ; après de vaines tentatives les ennrmis décampèrent : au^silôl que Paré reçut la nouvelle de leur rclraite , il se hâta de rentrer à Paris. Il y revint |>our assister a la mort de son mat Ire Hem i II, el, bien pou de temps après, à celle de François 11. Mais il ne se trouva pas moins en faveur auprès de Catherine de Médicis et de Charles IX. Pour le protéger contre les dis^rAres de la fortune , il avait sos livres , mm cures rèpulées prodigieuses, et lestime que di'jn lui tèmoi^^naienl les sa vanis étrangers A la \enue des nouveaux règnes, un voit changer le personnel des courtisans : ceux qui disparaissent devaient leur position éminenle soit k des romplai sances honteuses, soit à la conformité de leurs goAls de leur humetir , de leurs habitudes, avec les habitudes ,

AMËKOISR PARÉ. 1^5

rhundeur, les goûts du prince qui n*es( plus ; or, ce ne sont pas là des litres qui fondent les positions durables : quant aux hommes vraiment utiles, les changements qui surviennent ne sauraient les atteindre: comme on a toujours besoin d'eux, le prince noiiveaù, loin dé lès congédier, Iravaille è les retenir par d autres faveurà.

Dès les premiers jours du régné de Charles IX, ainsi que vers la fin du règne d*Henri II, Paré fut le plus occupé des chirurgiens ordinaires. Il trouva néanmoins le temps de composer quelques traités et de les donner au public. C'est à cette date que parut : La Méthode curalive des playes et fractures de la teste humaine, avec les portraits des instruments nécessaires pour la curation d ledits; Paris . J. Le Royer, 1564 , in- 8**. Ce livre venait à propos: TEurope entière s'entretenait encore du trépas tragique d'Henri II, atteint à l'œil d'un tronçon de lance, dans le tournoi fait pour célébrer la paix deCatoau-Cam brécis. Peu de temps après, il donna : Analomie Universelle du corps humain; Paris; Le Royer, 4 561, in-8'. Il s'était asssocié, pour composer ce dernier ouvrage, un des meilleurs chirurgiens de Paris, M* Rostaing du Bignose , et il avait fait, en les avouant , de notables emprunts à un livre récent d'André Vesale. Mais Paré dut bientôt s*arracher à son cabinet, aux guerres étrangères avaient succédé les guerres civiles, qui n'étaient ni moins acharnées, ni moins meurtrières. Il assistait au siégo de Rouen, où il eut la douleur de voir mourir un de ses anciens patrons , le roi de Navarre , atteint d'une balle qui s'était introduite dans la cavité de Tos du bras.Comme il avait seul prévu la mort de ce prince et l'avait seul annoncée, contre l'avis des ces confrères, toute la cour admira la sûreté de son diagnostic et le roi le nomma son III. 40

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premier chirurgien. Pour se montrer plus digne encore de celle haute situation, Paré se mil à préparer une troisième édition de sa Chirurgie. Nous avons dit quen Tan • née 155) il avait repris sa Méthode de traiter les playes, el Pavait augmentée de plusieurs chapitres : il ne s'agissait plus seulement, dans celle édition, des plaies faites par les armes i feu, mais d*un grand nombre d'autres cas sur lesquels doit sexeroer le traitement chirurgical : il y ajouta des traités nouveaux, et en lit un gros ouvrage qui parut en l5Gi, sous le titre de : Dix Livres de la Chirurgie, avec le magasin des insirumenls nécessaires à icelle; Paris, J. Le Rover, 1564, in-8*.

L'impression de cet ouvrage achevée, Paré fut contraint de quiller Paris pour satisfaire aux obligations de sa charge. Le roi se rendait à Nancy cl le premier chirurgien du roi raccompagnait dans tous ses voyages. De Nancy, Charles IX se dirigea sur Dijon, sur Lyon, sur Uonlpellier et séjourna tout l'hiver en Provence. Il en fut chassé par la peste. Ayant eu rocc«ision d'observer et de traiter, durant ce voyage, un pnind nombre de pestiférés, Paré voulut que !>cs observations ne fussent pasperdues. Dansce dessein, il publia : Tnif M de la peste, de la petiteveroUe et rougeoUe , avec une briefve description de la lèpre; Paris, Wechel, 4 508, in-8«. Il avait composé ce volume par les ordres de la reine. C'est, du moins, ce qu'il déclara dans une lettre dédicatoire, pour calmer les ressentiments de la faculté de métlecine, qui n'aimait pas voir les chirurgiens pénétrer sur son do« maine. Apres la peste, la guerre civile : il semblait que tous les flraux se fussent donné rendez* vous pour dêci • mer la jeunesse fr.mraise. P.iré Iai»2»,i le:» h<^pilaux pour courir sur les rhanipsde Uiljïlle. Hivulùt, la lenommée

▲1IIIB0I8B PAEB. H7

porianC en tous les lieux la ooilvellé de ses cures eitrcidi*dioaires, quelques princes étrangers supplièrent Charles IX de vouloir bien autoriser son premier chirurgien à faire un voyage dans leurs étals. C*esl avec celle aulorisalioo qu*îl traversa les Flandres, se rendant à Mons, prés du marquis d^Avrel. Dans toutes les villes où il passaH, à lions, à Maliues, à Bruxelles, à Anvers, les principauk citoyens allaient le recevoir aux portes et lui offrir des repas somptueux . Quand il revint en France,il fulaccoropagnéjusque danssa maison parle mattred'bAtelet deux pages du marquis d'Avret : c Jamais, dit M. Malgaigoe, jamais dans Tâge moderne, jamais même dans les plus beaux temps de l'antiquité, aucun médecin ou cbinir* gien n'avait été l'objet d'un pareil triomphe (I). »

Nous ne pouvons raconter tous les détails d'une vie si bien employée. Assuré de vivre dans la mémoire des hommes, Paré s'est occupé de leur transmettre ces détails ; ce qu'il a fait, il faut lo reconnaître, en des termes où Ton voit un peu trop la bonne opinion qu'il avait de lui-même* Mais nous ne saurions rapporter après lui toutes ces circonstances: l'artiste ne reproduit que les grandes lignes d'un beau visage, et néglige lesaccidents qu'il rencontre. Ayant achevé son voyage dans les Flan^ dres, Paré revint auprès du roi. Les affaires de l'état étaient fort dérangées ; tous les vents apportaient i la cour du Louvre des bruits sinistres, précurseurs d'une horrible tempête : cependant, on ne voyait paraître sur aucun point du territoire des rassemblements assez nombreux pour engager quelque lutte sérieuse. Paré eut donc de grands loisirs : il en profita, suivant son ha«

(î) Intnidiictioa wa,' Œuvres complètes d*ÀmbroÎ8e Ptre.

iiS AMllBOIdB PAàÉ.

bilude, pour corriger ses livres et leur donner de nouveaux développemenls. C*esl ainsi qu'en 4 572 il publia CifUi livres de chirurgie, ouvrage mentionné par Haller, mais dont on no retrouve plus Tédilion séparée. Tout à coup il fui Interrompu dans ses travaux par les massacres de la Saint- Barthélémy. On raconte qu*il clail fort engagé dans le parti des religionnaires, et qu'il avait été désigné comme une des victimes promises au poignard des catholiques, mais que le roi le protégea. C'est le récit de Sully et de Brantôme. M. Malgaignele rejette comme invraisemblable. Nous croyons, pour notre part, qu'il s'éloigne un peu de la vérité. Rien n'autorise à prétendre qu'Ambroise Paré s'était séparé de la communion catholique pour adopter la réforme de Calvin; mais il y a lieu de croire qu'il avait plus d'une fois regretté le sang versé par les sarcles belligérantes et qu'il avait, en matière de religion, l'indifférence d'un savant occupé de tout autres affdires. Or, celle indifférence devait èlre plus que suspecte aux gens qui avaient organisé le massacre, et le nom de Paré pouvait as.surément se trouver sur leurs tables de proscription à côté de celui de Jean Goujon. Ainsi serait expliquée l<i narration de Brantôme, conGrmée par le grave témoignage de Sully. Quoi qu'il en soit, Paré conserva sa charge à la cour, et quand l'émotion causée par ces tragiques évé* Déments fut apaisée , il publia : !kux livres de chirurgie: Paris, Wechel, 4573, in-S'. Ces deux livres, écrits pour compléter certaines parties des précédents traités, ont pour objet principal la théorie de la génération cl de laccoucbement

Charles IX mourant en 4 574. Paré se trouva premier chirurgien dHeuii 111. Uès cette époque, il ne quitta

AMBROISB PAKE. ih9

guère Paris, et put travailler avec plus de liberté. Il s'occupa d'abord de rassembler tous les traités qu'il avait déjà donnés au public sur diverses parties de la chirurgie, et ces fragments réunis formèrent un beau volume qui parut sous ce titre : Les œuvres de M, AmbroiseParé, conseiller et pi^emier chirurgien du roy, avec les figures et partratiSj tant de Vanatomie que des ins» trumenls de chirurgie et de plusieurs monstres ; Paris, 6. Buon, 4575, in-fol. C'était une grande nouveauté qu'un ouvrage de cette étendue, publié dans une langue vulgaire. Défenseurs des coutumes tradilionnelles, les régents de l'académie de médecine avaient à peine supporté les petits livres de M* Paré; quand leurs regards rencontrèrent un traité complet de chirurgie, écrit en bon français sans trop de pédantisme, et livrant à la multitude les arcanes de la science, ils murmurèrent contre l'inconvenance d'un tel procédé. Paré, qui leur avait toujours témoigné beaucoup d'égards, ne put eu cette occasion qu'attendre et braver leurs critiques, car il ne savait guère de latin. Cependant, malgré le dépit des latinisants, son livre fut avidement recherché, non seulement en France et dans les pays où l'on parlait la langue française , mais encore en Italie et en Allemagne. Quelques années apKS, en 4579, il en donnait une édition nouvelle, sous le même titre et chez le même libraire. Cette édition contient, outre les traités de chirurgie déjà publiés, une dissertation spéciale ayant pour objet et pour titre : La façon d*embaumer les corps. L'épuisement rapide de la première édition et de la seconde était la preuve d'un grand succès. Le public se rangeait au parti du novateur. Il faut, toutefois, reconnaître que l'autre parti formait encorp un assez gro»

152 ÀMilOISB 1»AKi

Ambroise Paré avait joui, durant sa vie, d'une grande renommée : après sa niorl, cotte gloire ne rencontra plus que de rares détracteurs, cl la grande voix de la reconnai'^sance publique eul bientôt étouffé les dernières protestations de lenvie. Ses OEuvres complètes furent imprimées do nouveau : à Paris , par 'la veiéVe Buon , en 1598 ; par B. Macé . en 1607 ; par N. Buon, en 161 i et en 46^8. in-folio; à Lyon, par la veuve de Cl. Bigaud , en 4 633 ; par Cl. Prost , en 4644 ; par P. Bigaud, en 4 652; par J. Grégoire, en 4 664; par P. Vallray , en 4 685 , in-folio. La dernière édition des OEuvres de Paré est toute récente; elle a été publiée par les soins «le M. J F. Malgdigne, en 4 840, chezJ.-B. Bail- Hère, en trois volumes, grand in-8*. Nous en avons déjà fait connaître unelrailnction latine publii^e, en 4 5Hi, sous le nom de J. Gtiillcmeau; cette traduction fut réimprimée à Francfort, chez J. Fcyrabend, en 4 594, in-folio; par Uffenbach. dans son Thesaunts, à Francfort, en 4 64 0, et, dans la mAme ville, chez J. Fischer, en 46 li, puis en 4641 et en 4652, in foiio. Nous désignerons enfln la traduction anglaise de Walter Hammond. publiée à Londres, en 4617, in-4* ; celle de Th. Johnson, publiée dans la même ville en 463 4, in folio, sous le titre de : The u-orkesof theat fumons chirurtjion Ambros Parey ; et en 4665 et 4 678. Une troisième traduction anglaise mise au jour à Londres, en 4 634, in-4*, a pour litre . An explunnlion oflhe fashion atul use of three and fifly instruniftits of chirunjery Nous mentionnerons qiiatre éditions d'nntMr<iilui*lion holiandtiise : Amsterdam 1(4 5; Harlem, 4 627; Amsterdam. 4 636, et 1649; et cinq éditions d*une traduction allemande; Francfort, 4640,

KIOOLAS ABCBAHaB. IfiS

46H, 46U, I63f , 4633 [4). Jusque vers la Sd du xvH* siècle, l'Analomie de Paré fut consitlérée comme le répertoire classique de (oute la science chirurgicale. Un hommage solennel vient d'èlre rendu h sa mémoire: la ville de Laval vient de lui élever une statue, recoonaissant que sa principale gloire est le 61s de cet artisan qui fabriquait des coffres dans une sombre échoppe du vieux faubourg.

GESLIN (Bebmard).

BbbnaedGBSLIN, religieux Béuédiclio^iiéâ Châtcm- Gontier en 4674, mort le 22 décembre 4732, ne mérite guères d*ètre compté parmi les écrivains da Vaine, Nous ne saurions, en effet, inscrire au catalogue de wm oeuvres que l'Epilaphe gravée sur le tombeau de Tabbé Ravecbet, syndic de la Sorbonne, dans ï&^iise abbatiale de Saint-Melaine de Rennes. Cette épît^ihe a été souvent reproduite par les Jansénistes. Od peut b lirt dans le Diclicnnaire de Moréri.

ARCHANGE (Xicous).

Nicolas ARCHANGE, religieux capocio de Uv^»!, n'm pas trouvé place dans la Riblio'hèqne des éerivacE» de son ordre, bien qu'il soit auteur de Toposeule ssivaai :

rlntrodZ^^^SuétfarU iblcu8W<atae^rtiiatM»4elMé.

152 iOiiioiSB i»Aii

Ambroise Paré avait joui, durant sa vie, d'une grande renommée : après sa mort, cotte gloire ne rencontra plus que de rares dotrcicteurs, et la grande voix de la reconnaissance publique eul bientôt éioufré les dernières protestations de Tenvie. Ses Œuvres complètes furent imprimées de nouveau: à Paris, par 'la veuve Buon , en 1598 ; par B. Macé , en 1607 ; par N. Buon, en 4GU el en 4628. in-Mio; à Lyon, par la veuve de Cl. Bigaud , en 4 633 ; par CL Prost , en 4644 ; par P. Bigaud, en 4652; par J. Grégoire, en 1664; par P. Vailray , en 1685 , in-folio. La dernière édition des OEuvres de Paré est toute récente; elle a été publiée par les soins (le M. J F. Malgaigne.en 1840, chezJ.-B. Bail- Hère, en trois volumes, grand in-8*. Nous en avons déjà fait connaît re une t nuliiction latine publie^e, en 1 58 2 , sous le nom de J. Gtiillomciiu; cette traduction fui réimpriméeè Francfort, chez J. Pcyrabend, en 4594, in-folio; par Uffenbach. dans son Thesaunts, à Francfort, en 4 64 0, et, dans la mAme ville, chez J. Fischer, en 46 li, puis en 1641 et en 1652, in folio. Nous désignerons enfin la traduction anglaise de Walter Hammond, publiée h Loddres, en 46t7, in-4* ; celle de Th. Johnson, publiée dans la même ville en 4631, in-folio, sous le titre de : The trorkesof theat fafnons chiruryion Ambros Parey ; et en 4 665 et 1678. Lne troisième traduction anglaise mise au jour à Londres, en 4634, in-4*, a pour litre . An explanation ofthe fashion and use oflhree and fifïy instrumrnts of chirurycry Nous mentionnerons quatre éditi<insd*imetra<lurti()n hollandaise : Amsterdam IC4 5; Harlem, 4 627; Amsterdam, 4 636, et 4 649; et cinq édi* tiens d*une traduction allemande; Francfort, 4610,

NICOLAS ABGBAN6B. l&S

46H, 46U, 4631 , 1635 [0 Jusque vers la fin du xvu* siècle, TAnalomie de Paré fui considérée comme le répertoire classique de loule la science chirurgicale. Ud hommage solennel vient d'èlrc rendu h sa mémoire: la ville de Laval vient de lui élever une statue, reconnaissanl que sa principale gloire est le Gis de cet artisan qui fabriquait des coffres dans une sombre échoppe du vieux faubourg.

GESLIN (Bernard).

BbbnardGESLIN, religieux Bénédictin, né à Chflteau- Gontier en 4674, mort le 22 décembre 473i, ne mérite guères d*ècre compté parmi les écrivains du Maine. Nous ne saurions, en effet, inscrire au catalogue de ses œuvres que TEpitaphe gravé^ sur le tombeau de Tabbé Ravechel, syndic de la Sorbonne, dans Téglise abbatiale de Saint-Melaine de Rennes. Cette épitapbe a été souvent reproduite par les Jansénistes. On peut la lire dans le Dictionnaire de Horéri.

ARCHANGE (Nicolas).

Nicolas ARCHANGE» religieux capucin de Laval, n'a pas trouvé place dans la Bibliothèque des écrivains de son ordre, bien qu*il soit auteur de Topuscule suivant :

(i) Nous emprantons touii ces renseignements bibliographiques à V Introduction publiée par M Malgaigne en tète de Tédition de 1840.

154 ÉTIBNNB BliAKD.

Oraison funèbre de la marquise de Tkiangcs, prononcée dafis V église de Vieillevigne^ le 4 septembre 4680; Tours, 4686, in-4*. C*esl un ouvrage qu*oa ne retrouve plus.

GUYOT (Henui).

Hbnm GUYOT, médecin, né a La Flèche, dans les premières années du xvni* siècle, nous osl connu par quelques fragments de sa (bèse pour le docloral. CeUe Ibèse. qui a pour objel la Nalure de TAme, fil , il panitl, quelque bruit, pui8«]u*on en retrouve des passages transcrits à la main dans les recueils du temps. Nous en lisons le préambule dans le n* 2,723 du Supplément français de la Bibliothèque Nationale. Cette tlièse fut soutenue les janvier 1733, sous la présidence d*Aleiandre-Pierre Massol.

BRÊARD (Etienne).

Au temps où les administrateurs suprêmes de nos affaires s'occupaient un peu moins qu'ils ne le font aujourd'hui des besoins bien nommés les besoins matériels, et beaucoup plus des besoins intellectuels du l»ays, uo chancelier de France, l'illustre d'Aguesseau, apprit qu'un ouvrier du Mans venait ile traduire en beaux vers latins le poème de la Ikligion, de Louis Racine. N'était-ce pas un (aux rapport? Curieux de vérifier cette étrange fMQvelie, d'Aguesseau s'empressa d'écrire au lieutenant*

I^TIEmn BRBABD. 155

général du Mans, Samson de Lorchère. Quel é(aU cet humble érudil? comment cet habile homme se rencon- Irail-il parmi des gens dépourvus do toute éducation HUéraire? Le lieutenant-général fut lui-même fort embarrassé de répondre à ces questions. On lui mandait le nom de Touvrier poète : il fit rechercher partout cet Etibnkb BRÉARD dont il n*avail pas encore ouï parler, et l'on découvrit enfin, sur un grabat humide et obscur de la cité, un vieillard paralytique qui, réputé dans le voisinage pour un pauvre égaré , employait à fire les grands poètes et è les imiter tous les instants de relâche que lui laissait la douleur. C'était bien Thorome qu'avait désigné le chancelier, et voici dans quels termes il répondit à l'interrogatoire qu*on lui fit subir sur son origine, sa famille et sa vie passée.

Il était né, en 1680, dans la paroisse de Gourdaine. Son père, fabricant d'étamines, avait été curieux d'élever au-dessus de sa condition un enfant auquel tout le monde reconnaissait une imagination ardente, une intelligence prompte à tout saisir. 11 Tavait envoyé, dans ce dessein, chez les PP. de l'Oratoire. Là, Bréard avait fait de fortes études ; mais, à l'âge où il s'agit de commencer une carrière, il avait tout-à-coup perdu contenance et n'avait su quelle voie suivre, quel engagement contracter avec la vie réelle. C*est alors que, pour se soustraire aux embarras d'un tel choix, il avait été chercher un refuge chez les moines de la Trappe. Ce n'était là qu'un parti désespéré, et, comme il n'était pas fait pour le repos, mais pour l'action, il n'avait pas même achevé son noviciat chez les frères trappistes. Les ayant quittés, il était revenu sous le toit paternel et avait formé le projet d'entrer dans le clergé séculier. Mais, pour ob-

156 iniCNXK BEÉAED.

tenir la plas misérnble cure, il fallait montrer un litre de cinquante livres de rente, ou, du moins, élre investi d'un mod(»:»le bénéfice : or, il était dépourvu de tout patrimoine et de tout protecleur. Dans celle situation, il avait cru devoir demeurer chez son péro, et apprendre de lui sa profession. La nature Tavail Uni poète : la société le condamnait à tisser de Télamine. Mais, comme il n'avait pu complètement se résigner à subir cet arrêt, il avait fait pour Tétude quelque réserve de son temps, consacrant à lire les auteurs anciens ou modernes les heures qu'il ne devait pas au travail de Tatelier. C*est ainsi qu'il avait vécu jusqu'à l'âge de 64 ans. Atteint alors d*une affreuse maladie qui ne lui permeliail pas riisage de ses bras , il avait repris ses livres avec plus d'ardeur, et traduit en vers latins un assez grand nombre de poésies modernes. Voilà ce qu'apprit au chancelier d'Aguesseau lenquète faite par le lieutenant-général du Mans : voilà ce que nous lirans aujourd'hui dans une intéressante notice publiée par Tabbé Renouard. dans VAlmanach du département de la Sarthe (t).

Presque toutes les traductions de Bréard sont perdues. Il avait traduit : Ode sur le retour de Louis W'à Paris, par Charles Roy; Ode sur la convalescence de Louis XV: l'abbé Renouard nous en a conservé les deui premiers vers ; Le Dieu de la Seine ; Idysse à la louange du Dauphin de France ; La bataille de Fontenoy; Ode à la louange de Louis XIV: La Grâce, par l'abbé Assolin; Ode sur la simplicité de la foi; La Relifjion, de Louis Racine; quelques fragments de cette traduction se lisent dans le Mercure de décembre l7iS. et d<ms VAlmanach

(1) Àonéa 181t.

tÉOMlS- FRANÇOIS DALIBABD. lS7

de la Sarthe de 1 84 0; VEpiIre de Jean-Bapf i9te Rousseau h L. Racine ; la moitié de YEpilre de L. Racine à J.-B. Rbudseau. On ne désigne d*E(ienne Bréard qu'un seul poëme original : c*es( une Epttre lallne au chancelier d'Aguesseau.

Il mourut au Mans, le 24 avril 4749 et fut enterré dans le oimetière de Saint-Ouen-des-Fossés Autant qu'il nous est permis d'en juger par les fragments que nous avons sous les yeux, Etienne Bréard était fort habile dans les vers latins.

DAL1BARD (Thomas-François. )

ThomasFrakçois DALIBARD, né à Crannes en 4703, mort à Paris en 4779, s'est fait connaître par des traductions et par des travnux sur l'histoire naturelle. Ami de Buffon, il forma par ses conseils plusieurs entreprises. Il publia d*abord : Histoire des Incas, rois du Pérou, nouvellement traduite de Vespugnol de Garcilasso de la Vega. Paris, Prault, 4744, 2 vol. in-S*. Ansart n'avait pas ces volumes entre les mains lorsqu'il en faisait la critique; s'il les avait recherchés, il aurait appris qu'ils contiennent une traduction et non pas un ouvrage original. Cette traduction diffère beaucoup de celle de Baudoin : elle est moins littérale, mais plus littéraire* Quelques années après, Dalibard publia : Florœ Pari-

siensis Prodromus, ou Catalogue des plantes qui naissent dans les environs de Paris, arrangées suivant la méthode sexuelle de M. Linnœus; Paris, Durand, 4749, in-4 2. Assurément, ce titre ne manque pas de clarté : eh bien I

158 TBOMAS-FEANÇois DijJiÀmD.

voici daDS quels Icrmes le chanoiae Ansarl inlerpréle les roots : Plorm Parisien$i$ Prodr(mu$ : • C*C8l un essai sur Télat des sciences, et sur les diverses com* pagnies sça vantes de la capitale (I) » Il est difficile de tomber en de plus étranges erreurs. Quelques renseignements sur cet ouvrage nous sont fournis par M. Dupetit-Thouars: c Cet ouvrage n*esl autre chose que le Botanican Parisiense de Vaillant, rangé suivant le système de Linné, avec le nom et la phrase caractéristique de chaque plante prise dans le môme auteur, où formée suivant ses principes. Dalibard fut le premier auteur de botanique, en France, qui adopta les principes et la manière de décrire de Linné : aussi le botaniste Suédois, par reconnaissance, a donné le nom de Da/îbarda à une plante du Canada dont il avait fait d'abord UD genre, mais que, d'après un plus mûr examen* il réunit à la ronce sous le nom de rubus Dalibarda (2). s Dalibard a traduit en français : Expériences et observatùmssur l'électricHé failes à PMludelphie par Benjamin Franklin; Paris, Durand, 4752, in 8*. Dalibard ne s est plis contenté de traduire Touvrage anglais; il y a joint un Avertissement et une Histoire abrégée de l'électricité^ qui occupent lu moitié du volume ; cette traduction, avec ses appendices, fut réimpriméo en 1756. Daliliard avait pris soin de renouveler les c&périences de Fran* klin, en élevant une barre de fer sur une cabane qu'il avait fait construire près de liai I y -la- Ville. C'est ce qui nous est rapporté par M. Dupotit-Thouars. On doit encore à Dalibard des Observations sur le réséda à fleur

(1) Btfpi. Utî. du MaiHê, pafT. t7.

\%t Biographie univers, de Michaud.

iBAN BAPTISTB GtJYABD DB LÀ FOSSE. 459

ï)dorante^ ei des Eccpéiiences physiques sur h batiation de la pesanteur des corps plongés dans différents liquides: ces deux opuscules onlélé imprimés dans les Méfnoires de mathémalique et de physique des savants étrangers, 4750, lom. 4 pag. 95 etpag. 24 i.

GUYARD DE LA FOSSE (Jean-Baptiste.)

Les renseignements nous manquent sur la vie de GUYARD DB LA FOSSE. Nousapprenons seulement que, né dans la ville de Mayenne, au xvir siècle (4), il entra dans le clergé séculier, et consacra tous ses loisirs à des recherches sur le lieu de sa naissance. On a de lui : Abrégé historique de la vie des seigneurs de Mayenne, et de ce qui s'est passé de plus considérable en celte ville. Cet ouvrage n'a pas été imprimé. La Bibliothèque du Hans en possède un manuscrit sur papier, in-i", inscrit i son catalogue sous le n^ 348; c*esl un don de Pabbé Pichon. Celle histoire finit à Paul Jules de Mazarin, trenle-bultièmeduc de Mayenne, qui mourut en 4734. C'est sans doute au même écrivain qu*il faut attribuer : Remarques sur les observations de M. Lebcufsur les peuples Diablinles et leur pays, particulièrement par rapport à i histoire de la ville de Mayenne dcms le Bas- Maine; Paris, 4744 iD-48, de 21 pages. Dans son calalogoe des manuscrits de la Bibliothèque du Mans, Pabbé

(1) Ccst par ioadTcrtancc que M. Desportes le fait naître en 1591 et mourir en 1651. Nous n^avons pas même besoin de discuter ces dates.

160 PIBt&B CHAPUAIN.

Renouard inscrit parmi les œuvres de Guyard de là Fosse, une histoire inédite des évèques du Mans, Cette inscription est erronée ; l'ouvrage désigné par Tabbé Renouard n*existe pas. En recti6anl les chiffres de M. Desporles. ne pourrail-on pas supposer que Guyard de la Fosse, né en 1691 , mourut en 4751 ?

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