ARCHAMBAULT
Nous trouvons dans la Bibliothèque d'Ansart une courte notice sur la demoiselle ARCHAMBAULT do Laval , auleur d*un écrit qui porte ce litre : Dissertalion : iequel de i homme ou de la femme est le plus capable de constance, ou la cause des dames soutenue contre MM. L. L.R. ; Paris, Pissot, 4750. in-l 2 Suivant M. Desportes, celle Dissertation avait élé publiée d*al)ord duns le Mercure de France. Nous ne la recherclierons pas : il suffit de signaler loxistonce do ces déclamai ions fades, où l'on ne peut rien remarquer que les écaris du man • vais goût.
CHAPELAIN (Pierrk).
On lit dans la Bibliothèque Françoise de La Croik du lliiinc : • PiKRRB CHAPELAIN , maître chirurgien eu la ville du Mans, de laquelle il csi natif, bommo lri*s expert en son art , etc. , etc II a écrit et conqiosi'* un Discours touchant le Préservatif de la Peste, imprimé au M<in<, en 4554 , par Denis Gaignot. Il a bien augmenté le livre
ftlcbtÀs tB CLÉkc. ai
de plusieurs réceples contre ladite maladie, mais il n'e^ encore réimprimé. Je ne sais si ledit Cbapelaio est encore vivant. Il florissoil au Mans I an 1582. m On n'a pas d'autres renseignements sur cet écrivain : son Discourt ibaprimé et son livre inédit ont eu la ménie fortune : od ne les retrouve pas plus Tnn que l'antre»
LEJEUNE (Charles).
Chailbs LBJBUNE fut un des élèves de Placé au collège de la CoAlure. On n'a de lui qu'une épigramme latine, qui a été imprimée avant la seconde partie du Cbféchisme latin de Placé.
LE CLERC (Nicolas).
Voici sur cet écrivain la notice de La Croix do Maine : « Nicolas LE CLERC, dit de Juigné, gentilhomme du Maine, issu de la noble maison de Juigné, au Maine, et parent de MM. de Goulaines, surnommez Le Clerc. Il a traduit du grec en frangois la Description des Misères et C^Iamitez des derniers temps, de la Consommation do Monde, du Royaume de l'Antéchrist et du second Ad vénement de N. S. Jésus-Christ ; le tout escrit première* ment en grec par St. Hippolyte, évesque et martyr : tmprimé à Paris chez Nicolas Chesoeau l'an 4 tM6, et depuis chez Colombel , l'an 4 579. Il florissoît aoubs Charles IZ« l'an 4 566. 9 Nous ajouterons quelques mois i eelte no* lice. Les deux éditions désignées par U Croix do Maine IV- 44
itÊ Dnii te u àoctti.
aoQi l'ttae et Faulre du même format, ia-8* , et elles ne porleDl que les initiales du traducteur, N. L. C. Il ne paraît pas, d'ailleurs, que Tauieur de l'ouvrage grec soit l'illustre martyr, disciple] de saint Clément d'Aleiandrie : on pense que cet ouvrage est d'une moins haute antiquité.
GIRARD (Robeet).
RostBT GIRARD, confesseur des Ursulines du Mans, inscrit par La Crocbardière et par D. de Gennes au nom* bre des écrivains nés dans le Maine, est auteur d'un volume ascétique qui a pour titre : Le livre des prédestinez, ou les signes infaillibles pour connoislre ceux qui sont véritablement éleus, etc. , etc; Le Mans, 4657, in*8*. C'est un livre qui est devenu très rare, mais qui ne mérite pas d'être recherché par les curieux.
LA ROCHE (Demis de).
Duc» M LA ROCHE, bermile de la Flotte , commone de Lavenay, est auteur d'un livre du même genre et de la même valeur , qui a pour (ilre : Les pieux et samts entretiens (fArétés avec sa chère Séraphique, Le Mans, 4 631 et 1 635« in-4*. Nous voudrions avoir quelques renseignements sur cet bermite, que l'on compte parmi les écrivaios du Maine, et nous n'en renoontroos nulle part. Le château de la FioUe ayant été donné, eo 1646, êoz GamaMules, on perdit bientôt le souvenir des solitaires qui l'avaient autrefois habité.
BINET (Frahçois).
t)n ne sait rieo sur Fran$ois BINBT , ù ce Q*est qu'étant prAtre babilué de Téglise du Haos , il composa les Hymnes en Thooneur de sainte Scolaslique qui se trouvent dans le Bréviaire du diocèse. Ces Hymnes, au dire d'Ansart, ont été traduites en vers français par un sieur Fournier, avocat. François Bioel vivait au xvn* siècle. On ignore même le lieu de sa naissance.
BODRËAU (René),
Nous ne connaissons cet écrivain que par la notice suivante de la Bibliothèqtie littéraire du Maine : « Rbmé BODRÉAU, fils (le Jacques Bodréau et de Catherine Billy n'éloit que parent éloigné du jurisconsulte (4). Ses ou' vrages, qui sont en assez grand nombre, n'ont pas été imprimés, et éfoient à la fin du xvu* siècle entre les mains de H. Bivault, son beau-frère. Voici la note des principaux : Theoremata medica singtdis morbis dicata, iuo ordine disposita^ eum sdeetis quibusdam r&nediis; ce sont des extraits de divers traités de médecine : Remédia sekcla et paratu facilia; ce recueil est particulièrement destiné aux personnes de la campagne : De mulierum et puerorum morbis ; l'auteur pense que les maladies qui affligent Tun et Tautre individu ont leur soarce dans la même cause, c'est-à-dire dans la disposition des bu-
(I) Julien Bodréau. Voir Hist. Utt. du Mainêy tom. ii, v^, iW.
J64 MltBBL PÉiff.
meure qai circuleol dans le corps de la mère : 06serûa* tiones medicœ; ces remarques ont été faites sur les maladies qui désolèrent la France enl 664 et 4 662 : Oputctda niedica; la brièveté ajoute au mérite de ces petits traités qui contiennent une infinité de recettes , avec des réflexions sur les divers tempéraments : Remarques sur la chirurgie en général: ces observations sont précédées d'un discours sur la connaissance du corps humain. La province du Maine perdit cet excellent médecin le i octobre 4 673 (4). » Ansart, qui parait n'avoir pas eu sous les yeux les ouvrages de René Bodréau, nous laisse ignorer qui lui avait fourni ces renseignements.
PÉAN (Michel).
MiCHiL PÉAN, né è Saint-Pierre-la-Cour, près Silléle-Guillaume , en l'année 4650 , entra dans la congrégation de l'Oratoire. Il professa la philosophie et la théologie au collège du Mans, puis au collège de Nantes. Il revint ensuite au Mans vers l'année 474 3, et moui*ut le Si septembre 4 734 d'une attaque d apoplexie. L.eP. Péan avait travaillé pendant longtemps à une Théologie, et il mourait n'ayant achevé qu'un Traité de I Eglise qui devait faire partie de ce grand ouvrage. Tous ses papiers furent envoyés au P. de La Tour, général de TOratoire. On croit qu'ils sont perdus aujourd'hui.
(1) AoMrt, Bibl, Litt^ pif. fis.
TMIUJ VÊêAJOWWWm. MB
LEGAUFFRE (Thomas).
Thomas LEGAUFFRE , neveu d'Ambroiae et finère de Hubert- François LegaufTre (I), est mis par M. Desporfes au nombre des écrivains du Maine. Né en I60i, il était auditeur à la chambre des comptes en 1628, et conseiller-mattre en cette chambre en 1636. On ignore de quelle manière il remplit cette charge : il ne s'est (ait connaître que comme disciple et successeur du Pamrrt Prêtre. Un jeune dissipateur, signalé dans le monde par ses mœurs dissolues, s'était jeté toutr-à-coup dans la dévotion la plus ardente et s'était imposé comme pénitence de passer le reste de ses jours dans les hépitaox et les prisons. Thomas LegaufTre l'ayant rencontré par hasard, au mois de septembre de l'année 1 638, fut sédoil par les discours de cet original , et ne voulut plus le quitter. H le prit d'abord pour un saint homme , pois pour un prophète , et quand celui-ci le désigna comme devant continuer son œuvre, il accepta sans aucune résistance cette mission pleine d'angoisses et de dégoûts, croyant entendre la voix de Dieu qui lui commandait. Le Pauvre Prêtre mourut en 4641 , Thomas Legauffre en 4646. Il a écrit la vie de son patron -. LavUdeC. Bernard, dit le Pauvre- Prestre , Paris, 4642, et Paris, R. de La Caille, 4 680, in-8*. C'est un livre inspiré par les meilleurs sentiments; mais il suffit d'en lire quelques pages, pour comprendre que Thomas LegaufTre avait llntelligence peu saine. Comme toutes les autres vertus, la cba^
(t) Bût Utt, du Maine^ tom. m, pag. 346-847,
i66 wMàMçm ttAiiout.
rilé doit reooDDêllre des régies : quand elle ne se oonlente pas de soulager rioforluDe el la souffranee, mais se oomphll è dévorer la sanie des ulcères , c'esl uue folie qui révolle par ses excès.
MARÉCHAL (Faançois).
On n'esl pas oertaio que Fbancois MARÉCHAL soit Dedans le Maine, et Ton ignore la date de sa naissance. Ce qu'on sait de lui, c'est qu*il élait curé de Domfronten-Charopagne, el qu'il mourut en 4697. Il est auteur d*une lettre au Journal des Savants , insérée dans ce journal, à la date du 9 avril 4696. Elle a pour objet de btre connatire un Sacramenlaire manuscrit de saint Grégoire, récemment découvert dans le trésor de Téglise de Saint-Julien, du Mans. L*abbé Maréchal fait remarquer en quoi ce manuscrit diffère des textes imprimés par Pamelius et par Ménard. D. Maur Audren de Kerdrei, abbé de Saint- Vincent, fut chargé par Tévèquedu Mans de rectifier quelques passages de cette lettre : cette rectiHcation se trouve dsns le Journal des SaixaUs^ du 4 4 mai 4 696. Il paratt que Tabbé Maréchal (4) ne lisait pas iacilement les anciens manuscrits, et qu'il avait com* mis plus d'une erreur. M. Desportes compte encore, parmi ses oeuvres, un Abrégé du Catéchisme historique de Pleury, et un Abrégé de fHistoirê'Sainte du P. Gau. trucbe. Ces compilations ont-elles été imprimées? On De le dit pas. Il ne manque pas, a&surémeni, d'abrégés
(i) Voir> Bibliotk. ^TAmstU VH- •«
FRANÇOIS CUnUV Dl L4 GHAMBMK. lOT
du Caiédtisme historique ; mais nous n'ea oonnaissons pas OD seul qui porte le nom de l'abbé Maréchal. Les abrégés de THistoire-Sainie sont plus rares : nous n'en rencontrons pas d'autre que l'édition originale de cette Histoire, publiée en 1 668, en un volume io-4S; elle fut ensuite considérablement augmentée par le P. Gaotruche, pour former quatre volumes dans les éditions de 4 679 et de 4704. On regarde l'abbé Bfaréchal comme un des auteurs de la Carte de l'évèché du Mans , publiée par Jaillot(l).
GUREAU DE LA CHAMBRE (FaiiNÇOis).
Nous avons parlé de Marin Cureau de la Chambre. Son fils atné« Fbançois CUREAU, médecin comme lui, n'obtint pas un moindre renom et n*eut pas une moins brillante clientèle. Médecin de la reine » du chancelier Seguier, de sa nombreuse famille et de plusieurs autres grands personnages. François Cureau fut un praticien renommé, mais il ne fit pas d*ouvrages. Il n'a laissé que trois thèses. La première, soutenue le 26 novembre 4 666, a pour litre : Est-fie cerebrum corde nobilius? Réponse affirmative. La date de la seconde est l'année 4665, et elle a pour argument : An cames jrisdbus scUubriores ? La conclusion n'est pas en faveur des poissons. Enfin la troisième, soutenue le 47 janvier 4666, est purement médicale ; en voici le titre : An asthmiUi ihemnarum fotus? et la conclusion est : « Ergo asthmati Ihermanim potus. » Ces thèses ont été publiées in-folio. François
(i) M Deaportes, Bibliographie du Maine,
Cureeu de la Chambre étail du Mans : touCes sas tbdaea déaigoent son pays nalal. Nous ignorons la date de sa mort. On a conservé quelques-unes de ses lettres, adressées au chancelier Seguier et à madame de Sablé : elles se trouvent à la Bibliothèque Nationale, dans divers recueils, mais elles n'ont pas d'intérêt.
HAHON DE LA TOUCHE (Jeam).
Jban HAMON, sieur de la Touche , né à Brûlon dans le xvn* siècle, n'est connu que par une Ihése latine dont voici l'argument : An^ mensibus suppressis^ saphenœ têctio? in-S*, sans indication d année ou de lieu« Avons* neus besoin de dire qu'il ne faut pas le confondre avec un autre médecin du même siècle, qui, par une singulière coïncidence, réunit au même nom le même prénom? Notre Jean Hamon vécut et mourut obscur, tandis que l'autre, né à Cherbourg, est compté parmi les plus illustres solitaires de Port- Royal.
PELETIER (Jacques).
Pierre Le Peletier, ou plutôt Peletier, syndic de la ville du Mans, puis bailli de Touvoie, eut, de son mariage avec Jeanne Le Roycr, sept entiinls qu'il sut lous bien pourvoir : ses filles furent recherchées par les plus riches, et, si l'on peut ainsi parler, les mieux nés des bourgeois de la ville ; trois de ses fils, sur six, exer-
lACQUBS nURlB. m
oàreDt des emplois importants et devinrent des personnages. Nous ne parlerons pas de l'atné, YicteurPeletier, puisqu'il se contenta, comme il paratt, de dépenser con* venablement les revenus paternels et de perpétuer sa race par une abondante reproduction ; c'est le devoir d'un chef de famille, mais, pour avoir bien rempli ce devoir, on n*a pas acquis un titre suffisant à la célébrité (4). Jean, qui n'avait pas les mêmes obligations^ se fit homme d*Bglise. C'était un parti que prenaient, dans le Maine, non seulement les cadets, mais quelquefois encore les atnés des meilleures familles. Pierre Trouillart, parlant de la ville du Mans, l'appelie « 1^ véritable Terre-Sainte, et la tribu des Lévites; tant, dit-il, il y a d'ecclésiastiques, de religieux et de religieuses, et tant ils possèdent de grands biens et de grandes seigneuries (2). » Cette perspective d'honneurs et de richesses décidait bien des vocations. Jean Peletier n'eut pas à se repentir d'avoir préféré l'Eglise au monde : après avoir obtenu de grands succès comme théologien et comme philosophe , il fut doyen de la faculté de théologie de Paris, grand- mattre du collège de Navarre, curé de Saint-Jacques-la-Boucherie, et l'Eglise de Paris le char-
Ci) Il y ent, parmi les membres da conseil des Seize, un cnré de Saint-Jacqaes-la-Boacherie, nommé tantôt Julien et tantdt /acoiie# Peletier. De Lannoy, et, après lui. M. Peignot {Diet. iri>/.),conroDdent ce célèbre lifrueur avec un des frères puinés de Victeur Peletier. 6. Ménage {Hist. de Sabié^ tom ii, pag. 154) est tout près de compter ce Jacques Peletier , curé de Saint-Jacques-la-Boucberie, au nombre des enfants de Victeur Peletier. Quoi quMI en soit, noqs devons retrancher ce Jacques Peletier de la liste des écrivains du Maine dressée par M. Desportes. L'ouvrage qu*il lui attribue : Dissertation sur Varche de iVoe , est d*un Jean Le Peletier, né A Rouen en 1633, mort en 171t. Celui-ci n*était pas un ligueur, mais un des rédacteurs du Journal de Trévoux.
(i) Mémoires des comtes du Maine, |»ag. IS.
110 JACQUES puirm.
gea d'èlre ud de ses représenlanU au colloqaede Poissy , au concile de Trente, aux Etals de Blois. Le troisième des fils de Pierre Peletier, Julien, fui avocat au parlement de Paris. Nous nous arrêterons au quatrième, JâCQUBs PBLBTIBR, le plus renommé des grammairiens, des médecins, des mathématiciens de son temps, et l'un des poètes les plus exercés et les plus diserts de 1* Académie fondée par la reine de Navarre.
Né au Mans, le 25 juillet 4 64 7, Jacques Pelelier ne sejooma pas longtemps dans la maison paternelle. Comme il ne pouvait faire ses études sous un meilleur mattre qoeson frère Jean, il fut envoyé près de lui lorsqu'il avait è peine atteint sa cinquième année. Ce fut bientôt un des plus brillants écoliers du collège de Navarre: on remarquait à la fois la vivacité de son esprit et la gravité de son jugement. Ses éludes achevées, il entra cbes un procureur. Cela ne voulait pas dire qu*il eût un goAt prononcé pour la chicane; mais tel était l'usage: quand on avait fait de fortes études, on devait aspirer après lune ou Tautre robe, et fréquenter la Sorbonne ou le parlement. Jacques Peletier témoigna d abord qu'il était peu jaloux d'employer les dernières années de sa jeunessei interpréter les Sentences du Lombard; après une assez longue pratique do la chicane, il reconnut qu'il avait encore moins d'inclination pour les InsUlules de Justinien (4 ). Ayant quitté son procureur, il revint près de
(1) Il écrifail i ton fr^iy. en 1BS0, en Ini onvot ant let D/mofUtra(ion$ det KUments d'SHclidf ; « Scit me. Vutorio iropulsore, loUin penè ^uinqae nnium in lefrum studio con«urop«iMe. Quod in»tituCum oiihi noviutû tludio aliqiunJiu non dUplicuit; certe cum rtai ad raaluriUlem tpc^ctare co!pi»«el, meiaue jurts ac mancipit c«eni, Tafra Ula renim foreofiiiin iractalione delerriliu, ad ohilosore«iu... •
son frère, au collège de Navarre, étudier avec une nouvelle ardeur les philosophes, les érudits, les mathématiciens et les poètes. Il avait un insatiable désir d'apprendre, et d'apprendre toutes choses : « Esprit divers et changeant y comme nous le représente Scévole de Sainte- Marthe, qui ne voulait se laisser enfermer dans aucun espace, afin de se promener librement d'une science à l'autre (I). » Bientôt la variété des objets d*étude n'offrit plus des distractions suffisantes à cette imagination capricieuse. On menait au collège de Navarre une existence bien tranquille, mais bien triste. Incapable de rester longtemps en repos, avide d'émotions et de jouissances toujours nouvelles, Jacques Pelelier se sentait naturellement attiré vers les lieux qui différaient le plus de cet asile silencieux et sombre, où la main fraterne'lle avait tenu son enfance asservie i une rigoureuse discipline. Or, il comptait parmi ses amis Nicolas Denisot, le plus élégant et le plus recherché des poètes de la cour, et l'un des plus intimes familiers de Marguerite de Valois. Il était facile à Denisot d'introduire au Louvre un des siens, en le recommandant comme un lauréat du collège de Navarre, qui connaissait à fond toutes les sciences, qui faisait des vers, et qui avait l'humeur vive et enjouée: admis auprès de Marguerite, Peletier reçut d'elle le plus gracieux accueil, et devint en peu de temps un des oracles intimes de sa compagnie. Il y représentait l'érudition et lettres savantes, et le Docte était son nom. C'était une assemblée de beaux esprits, qui avaient tous le même penchant pour Tindépendance, et qui, près des hommes au grave sourcil, près des tuteurs
(i) Eiogia Scavotœ Sammartham^ pag. 188.
officield de looles les traditions, passaient pour des libertÎDS. Ils se firent longtemps une gloire de cette mauvaise renommée, et travaillèrent si bien a la justifier qu'ils appelèrent Torage sur leurs tètes. On les dispersa. Marguerite ayant été contrainte d'interdire le seuil du Louvre à ces professeurs de liberté, qui osaient tourner en dérision les choses réputées les plus saintes, à ces agitateurs, devenus redoutables, qui prétendaient tout réformer, et la langue, et les mœurs, et la religion, et TEtat, Peletier courba sa tète sous le vent de la persécution et s*esila de Paris, pour retourner dans le Maine. Cest alors que René du Bellay lappela prés de lui dans sa résidence de Touvoie et s* attacha comme secrétaire cet aimable étourdi. Emploi facile» et qui laissait beaucoup de loisir.
Peletier employa ce loisir à revoir ses essais poétitiques. Ils avaient été bien accueillis par les plus délicats des arbitres; mais comment devaient-ils être reçus par le juge suprême, le public ? Avant de leur faire subir cette redoutable épreuve, Peletier les remit sur l'enclume et livra bienlèt à la presse une traduction de tArt poétique d*EoTace. M. Patio suppose que cette traduction vil le jour dès Tannée 1540 (t). Il est vrai que l'édition publiée par Vascosan en l'année 4 545 porte ce titre: V Art poétique d* Horace, traduit envers françois, par Jacques Peletier, du Maine , recognu par l'auteur depuis la première impression : mais cela signifie simplement que l'édition de 4545 vint après une autre ; or, La Croix du Maine nous fait connaître la date de cette première édition, devenue si rare qu'on ne la retrouve
(1) Journal ée$ Savants^ Jant ier 18 4S, pag. 4S.
1A00UI8 Fumoi* 173
plos, et il rioscrit à Tanoée I5ii. La IradociioDderilrf poétique eai on grand Succès. Aqioard'hui même oo recoDiiah qa elle esl facile el naïve, ferme sans raideur, ooDcise sans obscurité (l). Pour se rendre compte du grand mérite de cette traduction, il but savoir quelles étaient, du temps de Peletier, les licences prises par les traducteurs: ils imitaient en paraphrasant, et, ne sachant se maintenir dans aucun ton, ils s'élevaient tour i tour jusqu'aux limites de Temphase et descendaient jusqu'à celles de la trivialité, sans avoir d'autre r^e que leur fantaisie, sans rediercher d'autre ntérife que celui d'une libre interprétation. Peletier a connu les devoirs qui sont imposés à un traducteur, et il les aurai! toujours observés, s'il s'était exprimé dans une langue moins imparfaite. Il y a deux autres éditions de Tilrf foéiique^ traduit par J. Peletier; l'une de Lyon, 4555? l'autre de Paris, 1 583, dans un recueil desOEurres d'Horace traduites en français, recueil publié par Luc de la Porte.
En 1544, Peletier avait quitté leHaos pour revenir i Paris : en 1547, nous le voyons au collé^ge de Bayeux, occupant dans cette maison la charge de principal. Il n'avait que trente ans ; on avait donc mis un lourd fardeau sur de jeunes épaules : ajoutons que le naturel fantasque de Pelelier et ses habitudes frivoles ne le désignaient peut-être pas pour une fonction aussi grave que celle de principal : mais, & cette époque, il y avait beaucoup de légèreté dans les mœurs, et, dans les esprits, beaucoup de dédain pour les choses traditionnelles, et quand le don d*une abbaye ou d'un siège aux conseils du
(f ) Jùumai de$ SaoanU, iàontr i84i, ptg. a.
prince était la réoompeDse ordinaire d*un sonnet galam* ment tourné, il n'y avait pas d*einpIoi qui parût mieux convenir au traducteur d'Horace que le gouvernement d'un collège. C'est sans doute pour justifier cet heureux choix que Peletier fit paraître, en 4547, chez Vasoosan, in-8*, le recueil de ses OEuvres poétiques. On y rencontre, il est vrai, quelques vers lestes; mais puisqu'ils notrensèrenl pas sans doute les oreilles austères des pré« lats qui avaientèleur charge la haute tutelle du collège de Bayeux, nous ne pousserons pas la pruderie jusqu'à méconoatire la facilité pleine de charmes de ces rimes :
En contemplant ceste jeune femelle,
Sa grâce, sa ronde mammelle,
Elle me semble estre marrie
Si bicQtosI on ne la marie
A un ami auui gentil comme elle.
Et en cela, si mon esprit ne Iknt, Je sa; bien quel il le luy faut; Et puis elle est si bien apprise Qu'impossible est qu'elle ne prise Vm tel présent, y eust-il du défaot.
Je ^wis qa*au plut de dix ans illa puie; SUtvre si btnle, al basse, etc., etc.
Ces verset ceux qui les suivent sont inconlestal>lemenl d'une bonne facture , et , on le voit , ils appartiennent plutôt è l'école de Marot qu'à celle de Ronsard. Le recueil de 1647 renferme d'autres morceaux remarquables. Nous ne pouvons louer sans réserve ses traductions d'Homère (i ) et de Virgile ; le vers de dix syllabes dont
(i) Il y a Irob éditions aéparrrs des deux chants de TOdyss^ tra< dmtt par Pi '
par PeUtier; Pari», U70, 1574 et t57S, in-8*.
lAGOVIS PBLtTIlK. if &
Peletier fait usage esl loin d'avoir la majesté de l'a* lexaodrin, et, s'il offre quelques facilités, il fait perdre le caractère, la tenue du poëme épique. Les traduclions lyriques de Peletier sont d'une qualité bien supérieure. G*est une question de savoir s*il fit, le premier, des odes françaises. Joacbim du Bellay lui atlribue ce mérite, qui lui est contesté par Guillaume des Autels (l) ; quoiqu'il en soit, le recueil de 1547 contient des odes, et let presses de Vasoosan n'avaient encore fait connaître au public aucun essai dans ce genre. Ajoutons que les odes de Peletier supportent quelquefois la comparaison avec celles de Ronsard. Ce n'est pas TopinioD de Fabbé Goujet ; mais il nous semble que Tauteur de la Bibliothèque fran" çoise est beaucoup trop sévère à l'égard de Peletier. Un grave critique du xvu* siècle, A. Arnauld , a dit dans une de ses lettres : a Ça été un déshonneur pour la France d'avoir fait tant d*eslime des pitoyables poésies de Ronsard (2). » C'est une censure exprimée avec toute l'aigreur que peut inspirer Tesprit de réaction, et, dans cet esprity Arnauld ne devait pas avoir moins de mépris pour Peletier que pour Ronsard : mais nous ne com« prenons pas qu'après avoir fait tant d*estime des plus méchants poètes du xvi* siècle , l'abbé Goujet se soit montré si dur envers un de leurs maîtres.
Si grand qu'ait été le succès obtenu par les OEtwreê de Peletier , on parla plus encore d'une oraison funèbre qu'il prononça dans le cours de la même année. Henri VIll venait de mourir et François I*' oubliait un
(1) M. Max de GUnchamp, notice sur Peletier, dans le Bulletin du Bibliophile de juiUct 1847.
(a) Lettre & M. Pemalt, aa soget de la dixième satire de Boileaa.
i76 lAGOUBS nLITtIB.
instant les griefs de FEglise et ceux de la France contré ce forbené, pour faire célébrer à Noire-Dame un service Éolennel en Tbonneur du premier gentilhomme d'Angleterre. Pdr déférence podr la volonté du roi, le clergé de Paris récita des prières ; mais on n*osa pas le condamner è faire l'éloge d*Uenri VIII. Un laïc, Jacques Pelelier , fut employé dans cette affaire délicate et occupa la chaire métropolitaine. Dans lexcellente notice que M. Max deClinchamp a publiée sur Peletier, nous lisons que ce discours c n'est point parvenu jusqu'à nous. > C'est uneerreur. Nous possédons ce curieux document ; nous en possédons le texte original chargé de ratureset de corrections : il occupe cinq pages in-folio dans un recueil de la Bibliothèque Nationale, inscrit sous le D* 4,843 parmi les manuscrits du Roi. On y peut voir comment avec des mots on travestit les choses ; oom* ment un affreux bourreau peut devenir un homme de vertueuse mémoire, dès qu*un habile écrivain s'est chargé de son panégyrique.
J. Peletier avait l'humeur vagabonde. Il trouva bien* tAl que l'emploi de principal en l'Université de Paris exigeait un maintien trop {»évère, que le collège de Bayeux était une triste résidence, et que la méthode de bien vivre est de ne dépendre de personne, de n'èlrc responsable que de soi-même, de parler, d'agir et surtout de courir librement à travers le monde. Il abdiqua donc son grave ministère et se retira du collège de Bayeux, annonçant à ses amis qu'il parlait pour l'Italie. Mais il n'alla pas si loin, car il ne franchit pas les portes de la ville. Ayant fait la rencontre d'un certain Jean Martin, autrefois secrétaire dans plusieurs ambassades, homme de goftt et homme d'intrigue, qui aimait les vers et re-
iAOQtBS PBLkTtBR. 1^
ëberchaît les poêles, il ne larda pas h se laisser gagiier par sed manières faoîles et ne le quitta plus. Jean Mar* lin habitait la maison de Timprimeur Michel Vascosan : Pbletier y alla demeurer avec lut. Gomme c'étaient d aimables compagnons, leur logis fut bientôt rréc|ueoté par toute la jeunesse lettrée. On y voyait souvent accourir le sieur d*Auron, un des familliersde l'évèque de llont* pellier, et Théodore de Beee, qui venait à Theure du dîner, pour s'entretenir jusqu'à la nuit de réformes littéraires, après avoir passé la première partie du jour à méditer sur les réformes politiques et religieuses. Le plus assidu de tous ces visiteurs était Denis Sauvage, sieur du Parc, traducteur estimable de Paul Jove et de Rabbi Juda, qui devait se faire connattre plus longtemps par scséditionade Froissard etdeMonstreiet. lIsdissertaieBi eosemble sur les sciences et sur les arts, et, comme o*est 1 ordinaire, ils se trouvaient rarement d'accord (4 ). Très jaloux de signaler son nom par uneéclalante nouveauté, Pelelier voulait réformer Torthographe française : ms amis s'efforçaient de lui faire entendre que lutter contre l'usage c'est mettre tout le monde contre soi, et qu'ime telle entreprise est le comble de l'audace ; mais celiri-oi, loin de céder à ses contradicteurs, devenait chaque jour plus obstiné dans son opinion. Enfin, il mit le pubKe dans la confidence de son projet.
C'est la matière de Touvrage qu'il publia sousoe titre : Dialogue de l'orlografe et prononciation francœie, deparH an ikus livres, par Jacques Petetier, du Mans; Paliers, Marnef, 4650, in-8*. Quand Peletier acheva cetouvrage, il n'était déjà plus à Paris : si vive que fût son amitié
(i) Dialogue de VOrtografe^ pag. 46 et suif.
178 JàOQOBS FBLSTlBft;
pour Jeao Manio, il Tavaii quitté pour aller faire un voyage à Bordeaux , dans la coropaguie d'uo seigneur espagnol nommé Jean Gelida (4 ), et, de Bordeaux, il était venu s'établir à Poitiers. Son plan de réforme n*eut pas un grand succès. 11 prétendait supprimer, dans lortbographe, toutes les voyelles muettes, substituer dans quelques cas des consonnes rudes è des consonnes douces et réciproquement, enfin régler en tout point la nsanière d'écrire sur la manière de prononcer. C'est ce qu'avaient déjà proposé Jacques Dubois, Geoffroy Tory et Louis Maigret (2), et leur exemple a trouvé, même de nos jours, plus d'un imitateur. Lorthograpbe subil des transformations presque quotidiennes ; mais c'est Tusage qui les opère, et l'usage est en cela Tunique arbitre de ce qu'il convient de conserver ou de modifier : les efforts individuels n'y peuvent rien. Le Dialogue de Peletier est, toutefois, un livre très curieux, puisqu'on y voit quelle était la prononciation vulgaire au XVI* siècle : à ce titre, il mérite d'être consulté.
L'année suivante, Peletier publia : L'Arithmétique départie en quatre livres; Poitiers, Marnef, 4551, in-S<». Ce livre eut un grand succès. Il est attesté, suivant M. Max de Clinchamp, par trois éditions postérieures. Nous eo connaissons quatre : Poitiers, Marnef, 4561, in-4*; Lyon, de Tournes, 455i, in-S«; Paris, N. du Chemin I 4 670| in-8*, et 4 584 9 in*4 i. Nous ne saurions rien dire de plus sur ce livre. Vers la fin de Tannée 4551, Peletier fit ses adieux à la ville de Poitiers, et se rendit,
(1) Diaioçut de rOrtografe, pag. 45.
(S) V<MrlaB<6/ioM. françoise de l*abbé Goi^el, ton. i, pèg. 76 •InÎT.
pour la seconde fois, à Bordeaux, où il exerça la profession de médecin. Il y fui recherché par toutes les per*. sonnes considérables de celte grande cité, et s'y concilia pour amis Pierre de Brach , Florimond de Rémond , Martial Honnier, le poète de Limoges; Salluste du Bartas et Michel de Montaigne (4). L'adteur des Essais nous fait connaître qu*il eut pour hôte, pendant quelque temps; cet aimable voyageur (t). Cependant, Petetiei' ètit à Bordeaux plus d'une fâcheuse aventure : s'il y rencontra des amis, il s*attira, d autre part, de puissantes inimitiés. Ayant été chargé de gouverner le collège de Bordeaux, il fut bientôt dépossédé de cette fonction par les consuls de la ville. On Tavait choisi sur la garantie de ses amis et sur la renommée de ses livres; mais bientôt on reconnut qu'un homme de son caractère n*était pas fait pour conduire la jeunesse, et on lui suscita divers embarras pour Tobliger à quitter la place. Il s*obstina, forma des cabales, et prétendit braver la mauvaise volonté des consuls. Ceux-ci prirent alors le parti de le congédier, après sept mois d'expérience, et ce congé lui fut donné d'une manière assez brutale. L'affaire alla jusqu'au parlement de Bordeaux. Peletier produisit contre ses adversaire un mémoire latin que la Bibliothè' que Nationale conserve dans le n* 84 du fonds Bouhier. En voici le litre : Jacobi Peletarii contra sex-viros Burdegalenses defensio in Senatu. C'est un morceau d'éloquence dont les périodes sonores durent être goûtées par lesérudits de Bordeaux; mais il paraît que les conseillers au parlement se montrèrent insensibles aux
(1) Notiee sur J. Peletier, par M. Max de Gliuchamp. (S) BêSttis^ Uv. I» ch. SO.
iM MCQVB8 FBLITiEA.
diarmes de ce beau langage , car Peletier perdit son procès. De Bordeaux, Peletier se rendit à Bezîers, puis i Lyon. Lyon était le terme qu*il avait assigné depuis longtemps à son voyage. C'était Tautre capitale de France, la digne rivale de toutes les gloires parisiennes : il voulait y faire un long séjour. Le maréchal de Brissac fut un des premiers personnages qu'il rencontra dans celte ville. Celui-ci, qui le connaissait pour ravoir vu chez René du Bellay, le pria de diriger l'éducation de son fils , le jeune Charles Timoléon de Cossé. Peletier y consentit» et c'est à cette occasion qu'il publia : Enseignements de vertu au petit seigneur Timoléon de Cossé; Lyon, de Tournes, 4554, in-f6. Mais Pelelier n*élait pas venu chercher à Lyon un emploi qu'avait dédaigné sa jeunesse. Le maréchal de Brissac étant bienlAl parti pour Parts, il s*applaudit d'avoir re* couvre sa liberté, et ne fréquenta plus que les compagnies galantes. La plus recherchée par les beaux esprits était celle que présidait l'illustre fille du cordier Pierre Charly, Louise Labé. Cette assemblée se tenait rue Con* fort, dans un hAtel plein de magnificence. La se rendait chaque jour une société choisie de savants, de poètes, de musiciens renommés, de femmes brillantes et de vaillants capitaines : on y lisait des vers, on y chantait, on y causait, on y faisait, suivant Du Verdier, des collations d'exquises confitures; mais roccupation principale du plus grand nombre des cou vies était d'admirer la reine de cette cour , la belle cordière. Peletier eut le malheur de trop se complaire dans cette admiration, et cette faiblesse lui fit verser bien des larmes. Mariée a l'un des plus riches marchands de la ville, Ennemond Perrin, Louise Labé n'avait pas fort à coeur le respect
des obligBtKNis conjugales; mab, pour céder a ramoar de Pelelier, elle aimait trop le plos gabnl et le plos beao des poètes, OlÎTÎer de Magny (i). Prietier ne songea bientôt plus qu'à se consoler de ses mépris. C*est one consoblion qu'il ne trouva pas ailleurs que dans l'étude de ralgèbre. En 4554, il donna : L' Algèbre , 'départi en deus livres; Lyon, de Tournes, in- 8* (2), et, l'anaée suivante : LÀrt poétique, également en deux livres, cliei Jean de Tournes et Guîll. Gazeau, in-8*. Dans la préface de oe dernier ouvrage, il dit a Zaocharie Gaudart, receveur-général à Lyon : c En ma retrète, je ne trouve James consolation plus grande, ni qui mieus me Cm» oublier mes pansemens fluclueus, que mes matématîqoes. • Il ajoute : t Mais après i avouer travailhé d*une ardeur exlraordinere,... j*é pensé de me devoér recréer sus quelque autre ganre d'étude plus £icîle et de moindre spéculacion...; quele recréacion n*è su mieus cboesir que sus la poésie. » Pelelier n'a pas sans doute cru devoir confesser au public les sérieux motib de sa tristesse et de sa retraite, mais il a, du moins, déclaré dans quelle situation d'esprit il composait ses traités de V Algèbre et de YArt poétique. Il paratt donc qu'il trouvait en cet état d'beureuses inspirations, puisque le public ne goûta pas moins VAri poétique que Y Algèbre ' ces deux traités eurent, Tun et Tautre, un grand succès. Leur principal mérite fut de veuir à propos, car ils ne contiennent rien d'original et n'attestent^ chez l'auteur, que de fortes éludes et un bon jugeaient. A la fin de ÏArt poétique» on voit quelques opuscules en vers. Jus-
(t) Notice fur J. Peletier, par H. Max de diocluiiip.
{%) Autre éditioo , cfcei le même libnire , 1609, iii-S*. exemplaires portent : Cologne, J. de Toamet, 1649.
181 JAGQois raumoi.
qu*aIors Peletier n*avail pas reconnu qu'il convient, en français, d'alterner les rimes longues ei les rimes brèves : celte règle se trouve presque toujours observée dans les poèmes qui suivent VAri poétique. M. Max de Clînchamp a reproduit un de ces poèmes, l'ode à Louise Labé; nous citerons ici quelques vers plus légers, et qui nous paraissent d'une plus heureuse facture :
Alors que la Termcille aurore (i) Le bord de notre ciel colore, L*alouette en ce même point Da ta gf ntiUe voii honore La faible lumière qui point.
Tant plus ce blanc matin éclaire, Plus d'elle la voii se fait claire; Et semble bien qu*en s^eflbrçant D*ua bruit vif elle veuille plaire Au soleil qui se vient haussant
Elle, piindée de Zéphyre, Sublime en Tair ^ire et revire.
Et y décli^ne un joli cri.
Qui rit, guérit et tire l'ire Dei esprits, mieui que Je n*écri.
Soit que Junon son air essuie.
Ou bien quVl* le charité de pluie, En haut pourtant elle ft lient.
Et de grignoter ne s*ennuic Fort quand le neigeux hiver vient.
Même n*a potnt.la gorge close Pour avoir sa nichée éclose.
Et en ses chants si fort se plait.
(1) Nous ne croyons pas devoir reproduire ici Torthographe bttarre de Peletier. Elle ne fatigue pas seulement rœil, mais encore resprit.
^ JAOQUU WMLÊXm. ISS
Que TOUS diriei qne d*antre cboM Ses aUooettaux elle ne pût.
Eo plein midi, parmi le vide.
Fait defaiUir TobU qni la guide ; Puis tantôt, comme un peloton.
Subit en terre se dévide ; Et pour un temps plus ne Toit-on.
Nous ne voulons pas dire que ces vers soient irréprochables. Nous reconnaissons très volontiers qu'il ne faut pas pousser la recherche de Pharmonie imitalive aussi loin que Pelelier l*a fait dans la troisième strophe de celle ode, et nous n'excusons pas certaines aspérités de langage qui ne devraient pas se rencontrer ici ; mais on nous accordera que tout ce morceau se distingue par un tour facile et une grande richesse de rimes.
Ces qualités, et de plus louables, recommandent un autre recueil de vers qui fut publié par Pelelier vers la même époque : L Amour des Amours, vers lirtques ; Lyon, de Tournes, 4555, in-8*. H. Sainte-Beuve refuse de compter Peletier parmi les poètes (4). C'est un jugement bien sévère Pour trouver la matière de quatrevingt douze sonnets sur l'amonr, il ne faut pas assurément être dépourvu d'imagination , et, parmi les vers du XVI' siècle que M. Sainte-Beuve a cités comme les plus dignes d'estime, nous en trouvons qui ne valent pas quelques uns de ces sonnets. Le vers Peletier manque le plus souvent d'harmonie ; il a rarement cette souple cadence qui recommande les Bergeries deBelleau : mais il a d'autres mérites ; il est vif, alerte et facile.
(1) Tableau historique et critique de la poésie firançaiiCf pag. t9 de redit, de 1848. ^
1S4 JAiovu numnu
Il éfail dans les habitudes de Peleiier de conduire k la fois plusieurs entreprises, et les plus diverses. Puèle et géomètre, il traduisait un sonnet de Pétrarque aussitôt après avoir démontré quelque problème d'Euclide : C*est ainsi que, par principe et par goût, il partageait son temps.
Quelquefois, pour le détUrher Dct clKMes trop spécukitivet, Cett le meilleur que de lâcher L^etprit aux plue récréatif es.
Rien, fora les chauj^einenU divers Ne maintieDt beau cet unifers.
En mon laborieux repos,
Ores d*un vol bas je Mulelle
De fleur en fleur; or, plus dispos.
Je fends Pair d*une plus haute atle :
Ores j'écris joyeusement.
Et ores sérieusement (1)...
Après les Amours des Amours, il publiait chez Jean do Tournes: InEuclidisElefnenta geometrica demcnslraiio* num librisex; Lugduni, 1557, in-foIio: autres éditioiui; Lyon, de Tournes, 4 610, in-folio, et Genève. 1644, in-i*(2) Ces Démonstratiom ne forment pas seulement un livre d'une noble apparence et d*une respectable gravité : on assure que Peletier ne sest pas coiitentô d'interpréter Euclide. mais l'a corrigé très heureusement, et que son travail est , pour le temps, digne des plus grands
(I] Opuscuiesk U suite de 1*^4/7 poeltquf^ pug. 107.
(i II existe une tradui lion franoaiM^ de cih nêmoiiiil rations : I^*s sii premiers livre« de» Klementi (tt^omctrique* d'Kiirlide, a\cr les Démonstrations de J. Peletier du Maii« ; L>on, do Tournei», 1611, in«4*. Ce volame est porté s«r le calalofruê de la bibliothèque de M. II... (Techeuer, t850.)
lAC^OBi PMÊJKtmÊU 188
éloges. Il 7 complaît bien : 8*H espérai! simpleiDeiit arriver k une longue célébrité par ses oeuvres poétiques, il était certain que ses déoouverles en géométrie seraient éternelles comme la vérité (4).
Vers la fin de Tannée 4557, Pelelier revint à Paris H ne tarda pas à faire connaître son retour, en publiant : ExhortcAio pacificaioria ad ckrMûmos prmtip u Caro^ lum V et Hemicttm //, Gafh'œ regem; Parisiis, 4558, in-8«. Ce n'était pas une oeuvre lout-è-Grit nouvelle, puisqu'il en parle dans une lettre a son frère Jean, imprimée en 4 557 A la suite des i}émanstratùms [i). Elle parut bientôt en français , sous le titre de : Exhortation de ta Paix etc., etc. ; l^ris, A. Wechel, 4558, in-8*. Dans le même temps, il s'occupa de mettre en ordre et de publier les Nouvetles Récréations de son illustre et malbeureux ami , Bonaventure des Periers. Nous avons déjà donné quelques explications k cet égard (3). Nous allons encore une fois résoudre en peu de mots toutes les difficultés qu'on semble avoir pris soin d'aceorauler autour de cette question. Quel est l'auteur véritable do livre élégant, ingénieux, plein de finesse et de bon sens, qui porte le nom de Bonaventure des Periers ? Tabourol« dans ses Bigarrures^ l'attribue comme de plein droit k Jacques Peletier (4) : Le Ducbat l'inscrit parmi les ara-
(1) Cette présomptnetiie confidence te troore dans vue kttra latine, imprimée à la flo des Dénwrutraiioru : c Quae in poetîco génère scripsimos ad temponim memoriam trantitiira speramos... Qwe ?ero in matbematicis acribuntur, ex rata et finaa feritalia professione, suum babent genium immortalitatis? »
(2) « Oratîo nostro Pacificaioria nos remm non ignarof este tettatur. »
(S) HitL un. du Maine, tom. m, pag. 200.
(4) Bigarrures du sieur des Accords , pag. 18, Teno, et pag. 74, Terso.
IM iàCQVËS Fiumia.
vretda Denisot. Il n'est ni de Tud ni de Tautre; mais, ooœnie Ta faîl remarquer M. Charles Nodier, il y a, dans ce reoaeil, des passages que des Periers ne peut avoir écrits, puisqu'on y parle d'événements accomplis après sa mort, et rien ne s oppose à ce qu'on regarde Denisot et Peleller comme les auteurs de ces additions.
Quand Peleiier avait quitté Paris pour la première fois, c'était avec le dessein d'aller jusqu'à Rome, et, eomme tous les chemins y conduisent, il avait été d'abord rendre visite à ses amis de Bordeaux. Rtant è Lyon, il avait irrévocablement formé la résolution de quitter la France, qu'il appelait une inf^rute patrie, et d'aller chercher une condition plus heureuse et plus honorable dans la capitale des Etals-Romains. Il écrivit alors à Pontus de Thyard : « Nunc ad Romaoos tran- € 80o! (I) » Or, quand il fit ses adieux aux murs de Lyon, ce fut pour tourner le dos h la route des Alpes et venir à Paris. Cependant il devait enfin réaliser le plus ardent de ses vœux. H était k Paris depuis quelques moist lorsqu'un emploi considérable lui fut promis a Rome. Sur cette promesse, il ne tarda pas à partir. Mais que de déceptions lui étaient réservées I D'une part, il ne fut pas jugé digne de l'emploi qu'il était venu cher* cher; d'autre part, Rome lui parut la plus triste, la plus inhospitalière de toutes les villes où le démonde la fantaisie avait jusqu'alors dirigé ses pas. 11 s empressa de revenir è Paris.
Qa'avait-il gagné dans ce voyage ? Une expérience qui le mit pour quelque temps en garde contre les entraînements de son naturel folâtre. De retour à Paris, il
(t) Cette Lettre est 4 It suite des Démonstration f.
JAGQCE8 FBUBTiBft. 487
86 confina dans la relraile ei se consacra fout entier au travail* C*est alors qu*îl publia : In ChrislaphorumClar vium de Coniactu linearum Apologia ; De conciliatore locorum Galenisectionesduœ; de Peste, etc.; Parisiis, Guil. Gavellal, 4559, in-4*. G est un recueil de petits traités, doni les uns se rapportent è la géométrie, les autres à rarilbmétique, à Tastronoroie, è la médecine. Dans le même temps, il Taisait imprimer chez JérAme Mamef: Demonslratùmes très, prima de AngiUi rectilinei et cur» vilmei jEqualUate, etc. etc.; Parisiîs, 4559, in-i*. Cesont encore des Démonsirations mathématbiques. Ces opuscules eurent assez de succès pour être bientôt réimprimés isolément ou dans d*autres recueils. Ainsi le traité sur la Peste fut publié de nouveau, à Bftie, cbez Oporinus, in-8', sans dale. Le traité De Conciliatore locorum Galeni fut publié de nouveau par Wecbel, en 4560, in-i*; la Censure du P. Clavier reparut à Bflle,cbez Jean Oporinus, en 4563, in-folio, avec d autres opuscules, sous )e titre suivant : Commentarii tres^ primus de Dimensione circuit, secundus de Contactu Ltmor mm, etc. etc. ; on retrouve encore la même censure dans un recueil qui contient, en outre, les trois Démmstrt^ Uons sur les angles; cette édition est de Paris, Marnef, 4579, in-i* : enfin, elle a eu Thonneur d'être imprimée par les Aides, sous ce titre : Jacobi Peletarii, Medici et Mathematici, de Contactu Linearum Commentarius , Lutetiœ, J. Metlayer, 4584, in-S*, et d'offrir elle-même h son tour la matière d*une dissertation au docte et cé« lèbre Henri Monantheuil, professeur royal de mathématiques : H. Monantolii De Angulo Contactus ad Jae. Peletarium Admonitio; Lutetiœ, Mettayer, 4584, in- 4*. Montucla nous fait connaître, dans son Histoire des Uor
188 MAtQVËS FILinil.
ikémaiiques (4 ), quelle était la matière de ce grand débat entre Clavier et Monantheuil, d*ane ftart, et d'aulre part, noire Jacqaes Peielier. Il s'agissdit de déterminer la nature deTaugle de contingence. L'opinion de Pelé* lier, qui fut plus tard soutenue par Grégoire de Saint- Vincent et WalKs, était qu'une ligne droite rencontrant une courbe ne forme pas un angle véritable, et que, par conséquent, il n'y a pas d'angle de contingence. Que d'autres tranchent cette question ! C*est déjà beaucoup pour nous d'en comprendre les termes.
A la même série de travaux appartiennent encore plusieurs volumes, que nous ne trouvons mentionnés dans aucune des notices publiées jusqu'à ce jour sur Jacques Peielier. Ses premiers ouvrages sur les mathématiques étant en français, on affectait de les considérer comme indignes d*occuper rattenllon des hommes graves, on l'accusait de rechercher des succès faciles eu écrivant pour le vulgaire, et d'ignorer les langues classiques. Il voulut, pour répondre à ses détracteurs, don* ner en latin une Algèbre et une Arithmétique. L'Algèbre parut sous ce titre: Jacobi Peletarii. Cenomani, de OecuHa parte numerorump quam Algebram vocani, lihri duo; Pansiis, Cavellat, 4560, in-4*. Qu'on ne prenne pas ce livre pour une simple traduction de Y Algèbre départie en deux livres. Dans Tun et dans l'autre ouvrage, Peielier a suivi le même plan ; cependant ils diffèrent souvent Tun de Tautre, et ces différences en font deux traités parfaitement distincts. L*Anthmétique en latin fut publiée quelques années après : Arithmeticœ fracticœ Methodus; Pansiis, Cavellat, 4 503, in-S*. Ce
(1) Toa. I, ptf . 578.
n'est pas non plus Y Arithmétique en quatre livret de Tannée 4 654 . Si donc Du Verdier, Niceron et M . Max de Clinchamp n*ont pas désigné ces ouvrages, c'est qu'ils en ont ignoré Texislence. Us n'ont pas connu davantage : Jac. Pelelarîi Disquisitiones geometricœ ; Lug* duni, Tomesius, 4667, in-8*. C'est cependant un traité de quelque étendue. Les Démonstrations de Peietier sur Buclide avaient été vivement allaquées par un docte chanoine de Tordre de Saint-Antoine, Jean Borrel, de Romans, qui se Taisail appeler en latin Joannes Buiero, Peietier lui avait (ait une réponse peu civile, dans une lettrée Séraphin Aajsa//tt», qu'on lit à la suite du traité : Be Occulta parte numerorum. Aussitôt Borrel avait répliqué par : AdverstAS BpistolamJac. Peletariidepravatori$ Blementorum Euclidis. Ainsi, la querelle s'était cchaufîée^ et les assertions contradictoires de Tun et de Tautre interlocuteur partageaient les savants. Peietier voulut avoir le dernier mot. C'est dans ce dessein qu'il publia les Disquisitùmet Geometricœ. Terminons enfin cette Bomenclatare des œuvres malbémathiques de Peietier, en parlant de son traité sur TUsage de la Géométrie. Rédigé d'abord en français, il parut pour la première fois en latin, vers le mois de novembre de Tannée 4 672 : Jac. Peletarii de Usu Geometriœ liber unus ; Parisiis, Gourbin, 4572, in-i*. Une autre édition, du même format, porte la date de Tannée 4673. Le même éditeur, Gilles Gourbin, publia l'ouvrage français: De l'Usage de Géométrie; Paris, 4673, in-4^ avec une dédicace au comte de Retz.
Peietier aimait peu le bruit des armes, et, pour n*étre pas contraint d'adopter un des partis qui, durant ces tristes années, ensanglantaient lous les coins de la
190 JAOQUBâ nUTttft.
FraQce, il avail traversé les Alpes e( s'élaii retiré dan^ la petite ville d^Aooecy, eo Savoie. Depuis long-temps, il D*avail pas été visité par le démon des vers ; mais qo*a*t-on mieux à faire aux champs que de rêver? et quelle est la langue des rêves , si ce n*est la poésie ? Pèlelier employa ses loisirs à composer un poëme en trois chants sur la Savoie. Nous lavons sous ce litre : La Savoye; Annecy, J. Bertrand, 457i, in-S*. Il n*y a pas, dans ce poëme, la moindre invention. Dans le premier chant, Peleller compte les fleuve^ qui traversent la France, et cela le conduit à parler des lacs sa voisiens . la description des lacs achevée, il commence celle des montagnes, qui, suivie de la description des villes, des salines, etc., etc., se prolonge jusqu*à la fin du second chant : dans le troisième, il dresse le catalogue des plantes, et spécialement des plantes médicales, qui naissent sur le sol de la Savoie. Ces vers n*ont qu'un mérite : s'ils sont communs, ils sont faciles. Il paraît qu'ils furent très goâlés par le grand duc de Savoie et par ses courtisans. Pelelier aurait voulu jouir de ce succès, et finir ses jours dans la fraîche vallée qu'arrose le lac d'Annecy : mais è peine eut-il passé deux ans dans cette retraite, qu'il fut rappelé par ses frèrrs, et qu*il revint à Paris, pour être nommé principal du collège du Mans.
On a peu de renseignements sur celte époque de sa vie. Il n'élait plus jeune, et préférait déjà te repos aux agitations du monde : il se renferma dans son collège, et y donna rendez- vous aux amis de sa jeunesse. Ronsard, Belleau, Baïf. Desportes, Jamyn, Scali.ser et d'autres encore répondirent a cette invilation , et vinrent former , sous la présidence de Pelelier , une nouvelle
Académie (4). Pour la plupart, ils s'étaienl connus autrefois dans les assemblées du Louvre ; mais , hélas I qu'étaient devenus ces galants compagnons, dont les glorieuses amours excitaient Tenvie des plus brillants seigneurs? Courbés et blanchis par le temps, ils étaient condamnés désormais à n'avoir plus d*autre souci, d'autre sujet d'entretien, que la science et les lettres. Chà* que nouvelle année en voyait dîsparattre quelques-uns de la scène, et les amis survivante menaient en gt*andé pompe le deuil de l'ami qui s'en allait. Ainsi devaient Successivement s'éteindre tous les flambeaux de l'éclatante pléiade.
Malgré toutes les précautions qu'il avait prises podr vivre tranquille, Pelelier ne put, toutefois, se garantir contre les attaques d'un de ses anciens adversaires, Maurice Brés, ou Bressius, professeur de mathématiques dans la chaire de Ramus. Quelque ami de Peletier prit d'abord sa défense dans Técrit suivant ; Admonitio Phù lomusiingraiiamNic. Bergeroniiad M. Bressium; mais Tassant avait été si vif, que Peletier se crut obligé de rompre le silence et de justifier sa vie entière, calomniée par l'agresseur. C'est l'objet de cet opuscule : Jac. Peletarii in Mauricium Bressium Apologia; Parisiis, J. Ricberius, 4580, in-8*. Il contient plus de mots que de fails. L'année suivante, Pelelier publia le dernier de ses ouvrages qui aient vu le jour, un recueil de poésies, composées, pour la plupart, au collège du Mans : Euvres poétiques inlUtUez Louanges; Paris , Coulombel, 4584, in-4*. Guillaume Colletel préfère les Louanges au recueil de l'année 4547. M. Max de Clincbamp s'inscrit contre
(i) Notice sur Peletier, par M. Max de Qincbamp*
Itt UGQUIS rBLBTlii.
cette préférence. Il faut recoonsiUre, avec M. Max de Clfaicharop, que les vers des Louanges sont encore plus ràides, plus âpres, plus dépourvus de mollesse et d*abaodoD que ceux des précédenis recueils; mais nous accorderons, d autre p;irl« à Collelet, qu*en exagérant les vices de sa manière, Pelelier les a, si Ion peut ainsi parler, perfeclionnés : ainsi les vers des sonnets et des odes étaient moins senlenlieux, moins solennels, moins correcis que ceax des poëmes didactiques qui composent le dernier recueil de Pelelier. Les Louanges n*apparliennenl pas à l'école du xvr siècle, mais à celle du XVII* : elles sont classiques, dans la bonne et dans la mauvaise acception de ce mot, comme les pommes de Chapelain.
Ajoutons enfin au catalogue des œuvres de Peletier une lettre à Jacobus Billaeus, publiée par De L.aunoy dans le tome t" de son Collège de Navarre, page 363, et une Dissertation sur les ouvrages de Cicéron : Ik Cicero - 9iiana Leclione, qui nous a été conservée dans les manuscrits du président Bouhier (!) Ce sont des notes, qiieU quefois très étendues, sur les textes de Cicéron publiés par Lambin et par Robert Bstienne : on peut placer cet ouvrage à un rang honorable parmi les monuments d*é* rudiiion littéraire que nous a laissés le xvi* siècle. Du Verdier donne encore à Peletier un poëme en trois chants, intitulé : Le Génie, mais ce poëme parait perdu.
Jacques Pelelier mourut au mois de juillet de Tannée 4582, dans les bras de Guillaume Plançon son compatriote et son élève \i).
(1) MSS. de U Bibliotli. N«l., fonds Bouliier, u« t»4. (1) HiiL liti. du ifciw, lofli. lU VH' M.
FRANÇOIS SliATAJr. 1^5
SILATAN (François).
Ed Tannée 4665, Jean Ambroise, imprimeur h Laval, publiait : Vlnterprète de la Nature on la Science Physique Urée iFAristote, de Saint-Thomas et de Veœpérience, par François SilaUm; in - i*. « On croit, dit M. Desportea, que cet ouvrage est d*un auteur de Laval : il porte Fapprobation de deux docteurs en théologie de cette ville, et répttre dédicatoire est adressée à un seigneur des environs. Le nom de SILATAN est probablement supposé, car on peut 'remarquer que c'est Te nom de Natalis retourné (4). » Nous admettons volontiers cette suppo.<illion de M. Desportes : elle est ingénieuse et doit être bien fondée. Mais quel est ce François Noël ? C'est ce que nous ne découvrons pas. L'ouvrage qui porte son nom déguisé n'est même, il Tavoue, que la traduction d*un traité latin qui a pour titre : Interpres Naturœ, Ce traité de physique, rédigé suivant les principes d'Aristote et de Saint-Thomas contient, on le soupçonne, beaucoup d'erreurs; il est, du moins, purgé des subtilités de la physique scotiste, toutes les conclusions de l'auteur protestant contre la réalité des universaux,'pour les réduire à de purs intelligibles. La traduction de Silatan se rencontre encore sous cet autre titre : La Physique Morale d^Aristoteet de Saint-Thomas, ou la Science de la Nature et connaissance des plus belles choses du monde; Paris ; Loyson, 4657, in -4*. C'est la même édition que celle de l'année 4655, mais avec on frontispice difK^ rent.
(1) Bibliographie du Maine.
IH tÀOUmU DE LAVAKih».
LAYARDIN (Jacqites de).
GeJACQun m LÂVÂRDIN, sieur du Plessis-Auroucr èl du Plessîs-Bourrol, en Touraine, était frère de Jeao de LavardÎD, abbé de l*Eloile (i). En parlaol du plus illustre de leurs aocèlres, Hildeber( de Lavardio, nous avons parlé de leur maison (2).
Comme son frère, Jacques de Lavardio 6l des traductions; mais il choisit, pour les traduire, d*autres auteurs que les Père.<rde TEglise : tandis que Tabbé de TCtoile n'avait entre les mains que des livres pieux, le sieur du Plessis-Bourrot étudiait, admirait, et tournait en français quelques licencieux opuscules de la muse espagnole. Le nouveau traducteur de La Célestine, M. Germond Dclavigne, a signalé les mérites et les défauts de La Célestine fidèlement répurgée par J. de Lavardin; Paris, G. Robinet. 4 578, in-8<>. J. de Lavardin considérait ce livre obscène comme un miroiter de vertueuse doctrine. Ou no Tavait pas encore soupçonné Fort goûtée par les Espagnols, La Célestine avait été tant de fois reproduite par la presse, qu'elle devait avoir rencontré, dans ce pays très catholique, au moins autant de lecteurs que les livres s;iio(s : mais à quel titre? comme habile mélange de facéties et de gaillardises. Le premier, J. de Lavardin y a découvert des stimulants pour la vertu. Aussi n*a-t-il pas souvent tempéré la vigueur du texte original. Ses corrections les plus impor-
(1) nitt, Utt. du Main^t tom. ii, pag. 161.
(i) Ibid., tom. I, pag. 195.
iiOdVWS DE LÀVAftDiU. ^9^
tantes, comme l*a fait observer M. Magoin (t), sont des substitutions de personnages. Â des moines, à des chanoines dont les paroles ou les mœurs lui semblent trop libres, il substitue des officiers ou des commandeurs, et la moralité de l'œuvre n*esl pas compromise par cdtte déférence aux scrupules de l'Eglise. La traduction de J. de Lavardin eut quelque succès, et fut réimprimée : à Paris, cbezBonfons, sans date, in -4 6; à Rouen, chez Cl. Levillain, en 469S, in-42, avec la Courtisanne de Joachim du Bellay.
Le plus considérable des ouvrages de Jacques de Lavardin est VHistoire de Georges Castriot , surnommé Scanderberg, roy d'Albanie; Paris, Chaudière, 4576, in-i*. Il a été réimprimé plusieurs fois : Paris, Chaudière, 4597, in-8*; Genève, Arnaud, 460i, in-8*; Paris, Toussaint du Bray, 4624, in-i% avec une Chronologie de Thistoire des Turcs, par un auteur inconnu. Le titre de cet ouvrage Tatlribué de plein droit à Jacques de Lavardin, et, sur la foi de ce titre, Florent Chrestien et Amadis Jamyn ont placé le sieur du Plessis-Bourrol au nombre des plus patients, des plus laborieux annalistes; mais, suivant Du Verdier, VHistoire de Sccmderberg n*esl qu'une traduction de l'ouvrage latin de Marino Barlezio, de Scutari, publié en 4 506 et en 4 537, à Rome et è Strasbourg , sous le titre de : De vita et laudibus Scanderbergii, Ce qui a été confirmé par le P. Du Poncet, jésuite, dans la préface de son Histoire de Scanderberg , publiée en 4709.
Parmi les ouvrages de Jacques de Lavardin, qui n'avaient pas encore vu le jour en 4584, La Croix du
(i) Journal dei Savants, aTiil 1843t
496 ifflAELM Dl «UILLAtD.
ifaioe compte une Hisloire des Turcs qui nous esl inconnue, elunTrailé de Tbounèle Amour, que nous croyons reconnaître dans I ouvrage suivant : Traillé de l amour humain , traduit par J. de Lavurdin , escuyer, de Citaliendu seigneur Plaminio de Nobili; Paris, Brcyel»
45SS, in-S*.
Jacques de Liivardin vivait encore en novembre 4587, comme Tattesle le privilège qu'il obtint pour la publication de ce Traitté.
GUILLARD (Charles de).
Jean Guillard , notaire et secrétaire du roi, nommé, en 4 463 , conseiller du comte du Maine et trésoriergénéral de ses ânances, fut anobli Tannée suivante. Originaire du Poitou, il était venu séiablir dans le Mpine, et, ayant acheté le domaine des Bpichelières, à Soulignésous- Vallon, il y avait fait bâtir un châleau qui subsiste encore. C'est là, suivant Blondeau , que prit naissance Chablis db GUILLARD, son fils, qui a trouvé place dans la Bibliothèque Françoise de La Croix du Maine, comme auteur d'une Oraison , ou Remontrance , prononcée devant François 1*' à son retour d'Espagne. Cette pièce n*a pas été imprimée. La Croix du Maine en avait, dit-il, une copie manuscrite.
Charles de Guillard avait été reçu conseiller au parlement de Paris le 30 décembre 4 482, et mallre des requêtes ordinaires le 27 août 4 496. On le compte parmi les personnages de haute condition qui se rendirent, avec le cardinal d*Âmboise, dans les murs de Milan, lorsque les habitants de cette ville firent leur soumis*
SUHABMH DB ftAlHT-^BAlIÇOIB. 197
sion aa roi de France. En 4 508, il élait nommé qoalrlème président du parlement de Paris, et partait pour l'Allé* magne en 4545, avec M. deGenlis, afin de négocier une paix durable entre la France et l'Empire Enfin, en 4534, chargé d*années, il se retirait dans sa terre des Bpicheliéres, pour y mourir le 43 novembre 4537. Il fut enterré dans la chapelle de Notre-Dame-des-Anges, à Souligné-sous- Vallon (4). Son nom fut longtemps en honneur au parlement de Paris. Les vétérans de cette illustre compagnie se rappelaient qu'il avait fait de grands et vains efforts pour empêcher la vente des charges, et qu'il avait résigné la sienne en protestant contre loutrage fait à Tantique majesté da sénat : les dernier- venus, qui ne loi devaient aucune gratitude, ne pouvaient se défendre de reconnattre en lui Vhomme de bien défini par les moralistes (2).
Les armes des Guillard étaient de gueules à deox bourdons d'or posés en chevron , accompagnés de trois montagnes ou mont joies d'argent; ils faisaient remonter jusqu'à saint Hubert l'ongine de leur maison, et bien des gens étaient persuadés qu'à ce litre ils guérissaient de la rage.
SAINT-FRANÇOIS (Bebnardin de).
La Croix du Maine nous donne sur cet écrivain lee renseignements qui suivent : « Bbenabdin de SAINT-
(1) Blanchard. Généalogie des Maîtres des Bequétes^ pag. 9SS- S34.
(2) Dans l'acte de récefitioD du président de Montbelon. (Voir Wancbard.)
IM BIIMABDIN W SAUfT-FlAlVÇOIS.
FRANÇOIS, geoUI- homme du Maine, premiàremeal conseiller d*Eglise è Paris, depuis maître des requesles de l'hostel du roy , abbé de Fontaine-Daniel au Maine, prieur de Grandmont et enfin évesque de Baïeux en Normandie. Il estoil fort docie en grec, en latin et en françois. Il a escril plusieurs poësies françoises, non encores imprimées. Il fut député par les Estais de Normandie pour Eslats tenus à Blois sous Henri 111. Il peut avoir escrit plusieurs autres choses non encores imprimées. Il mourut au Maine Tan 4 58â, en juillet, âgé de 53 ans, ou environ. Il se voit quelques sonnets de luy avec les Amours de Francine, escrils par J. Antoine de BaYf. •
Nous ne savons rien de plus sur les œuvres poétiques de Bernardin de Saint François (4), mais nous pouvons ajouter quelques détaiU à sa biographie. Les sieurs de Saint-François possédaient et habitaient la terre du Ronceray, dans la paroisse de Marigné. Ils portaient d*azur au sautoir d'argent, à la bordure de gueules (2). Bernardin était à Rome lorsqu'il fut appelé par Char« les IX à venir occuper le siège de Bayeux, laissé vacant par Charle» d'Humières, et, après avoir été confirmé par Grégoire Xllly il prit possession par procureur, le 25 septembre 4573 (3). Le Gallia Christiana présente un résumé des actes de son épiscopal. Il ofTre peu d'intérêt. Bernardin de Saint-François mourut en
(1) Tahureau le nomm^ dans ion Epitrf aui Musos :
Voyei le comte (!\<lsinoi5i
Tninrlia) , Clément, de Saint-François
Au lM»rtl de ce pnM'hain hva^fi*
Vous bionvienner d'un humble hommaçe.
(i) Le Girtatsier, Bittoirt des Ev. du Mant. pa;:. 850.
(I, (ioUin Christiana^ tum., il, paK. S99.
son prieuré de GrandmoDt, près la forêt de Bersay, le 41 juillet 4582. Il revenait d'une assemblée qu'avait présidée dans la ville de Rouen le cardinal Charles de Bourbon, lorsqu'il fut atteint par la maladie qui remporta, ce Quelques-uns, suivant Le Corvaisier, tiennent qu'il fut empoisonné (4). » L'allégalion est fort grave, mais elle n'est jusli6ée par aucune preuve. Bernardin de Saint-François fut enseveli dans l'église de Marigné.
AUBERT (Noël).
Esprit original, mais léger, plein d'emportement et incapable de repos, Noël AUBBRT, sieur de Versé, prit une part très active aux controverses religieuses du xvH' siècle, et ses brusques changements d'opinion ne causèrent pas moins de scandale que la violence de ses discours. 11 était du Mans, et fit ses premières études, dans cette ville, chez les pères de l'Oratoire. Ayant ensuite fréquenté l'université de Paris, il y fut reçu docteur en la faculté de médecine. Mais il ne devait pas exercer longtemps l'art d'Esculape. Né dans la religion catholique, Noël Aubert en observa les pratiques jusqu'à l'âge où il crut entendre cette voix intérieure qui propose des doutes à la conscience et l'invite à délibérer. Conduit alors à l'examen du principal mystère de la théologie chrétienne, la consubstantialiti^ des trois personnes divines, il ne tarda pas, ditil, à conclure que trois personnes sont nécessairement trois
(i) Hisf, des Bv.^ pag. 8S0.
sabslanrc^ : oonclusion déjà fonnulé6 par SabelHus el reproduite par Socio. Ce fat là, comme il nous l*apprefid luimAme (4). ce qui le détourna de la voie fréquentée par les docteurs orlhodoses: logicien exercé, et, d autre part» libre penseur, il trouva trop d'arguments contre la thèse tradilioooelle et n*bésita pas à la rejeter.
En ce Cemps-lè, c*élait une afTaire 1res grave que de se trouver en désaccord avec TEglise sur quelque point dtt dogme, et I on se croyait obligé de déclarer tout haut ces sentiments particuliers que, de nos jours, on garde pour soi-même, sans éprouver le besoin de les soumettre à Tépreuve du jugement public. Il fallait èlre d'une religion quelconque, et contracter un engagement solennel avec telle ou telle des sectes belligérantes. Or, il n*était plus possible à Noël Auberl de demeurer parmi les catholiques, dès qu1l se sentait complice des opi* nions do Socin sur le mystère de la Irinilé: il abjura donc le catholicisme, et comme un acte de cette nature pouvait avoir pour lui de fâcheuses conséquences {i\ il passa la frontière et choisit pour retraite la ville d'Amsterdam. Il y demeura longtemps chez les Elzevirs, avec Christophe Sand, le fils, alors correcteur d'imprimerie, qui l'engagea plus avant dans le parti de Socin.
Auberi publia d'abord une traduction latine de rJ7i5« toirecritique de V Ancien-Testament ; elle parut à Amsterdam, en 4681, in-4*. Il voulut ensuite tirer quelque chose de son propre fonds et se faire compter au nombre des docteurs. Dans ce dessein, il lança le manifeste
(t) LAnli-S*»rimen, pag. 11
(t) On voulut, dit-ti, attenter à m liberté et même i sa %ie. Aver« tÎManeot en léte de L'Avocat des PrvtestanU,
HOBb AimuT. sot
raivanl : Réponse au tmité de M. Boisud Umchant la emmwmn ious les deux espèces ; Cologne, P. Marteau, 4683 , in -18. C'est un livre écrit avec peu de mesure , mais qui se recommande par certaines qualités littéraires : la phrase d'Aubert n'est pas moins correcte qu'animée ; elle exprime focilement, avec énergie et précision, tout ce qu'elle doit exprimer. La Réponse au traité de M. Bossuet fut bien accueillie dans quelques églises réformées, et l'auteur dut sans doute au succès de son ouvrage l'honneur d'être admis au nombre des ministres de la nouvelle religion. Cependant les gens de goût , modérés et politiques , étaient loin d'approuver le ton de celle controverse. Dans sa réponse h Jurieu sur la question des espèces, Bossuet s'était montré « fort délicat, fort adroit , et , en même temps , fort honnête (4) » : pourquoi donc un homme sans litres et sans autorité , un prosélyte de la veille , venait-il, sans y être convié, prendre part à de si graves débats, et les troubler par Tinconvenance de ses discours? Le con* seil suprême de la secte avait chargé Daniel de Larroque de répliquer à l'évèque de Meaux, et cette réplique venait de paraître : la présomptueuse ardeur du Socinien d'Amsterdam allait tout compromettre. Telle était l'opinion de Jurieu et celle deBayle, alors ami de Jurieu, et ils s'exprimèrent librement sur le compte d'Anberi. Bayle alla jusqu'à le dénoncer à ses correspondants de Genève comme un auteur famélique, n'ayant « aucune religion , » écrivant « aussi bien le pour que le cou» tre (8).» C'est une accusation qui plus tard sera justifiée;
(1) Bayle, Lettres à sa familie; Lettre 89.
(2) Bayle, Lettres à sa famille; Lettre 96.
iM «ou AcmuT.
mais nous n'approoons pas qu'à la date du 9 janvier 4684 Aubert eût encore offert aucun prétexte à des imputations de cette nature. C'était un homme indocile, turbulent, maïs de t>onne foi.
Nous venons de le voir : aussiiAt qu* Aubert ne s était plus trouvé d'accord avec des théologiens catholiques , il n'avait pu se défen'ire de manifester son hétérodoxie : il ne tarda pas 4 témoigner, au sein même de l'Eglise calviniste, que son esprit naturellement rebelle ne pouvait accepter aucune régie , aucune contrainte. A la fin du xvu' siècle, il y avait, chez les protestants, une grande tolérance; ils répudiaient, d*un commun accord, les maximes et les pratiques terroristes de leurs premiers docteurs, et laissaient un libre cours aux opinions individuelles Cependant quelques hommes supérieurs par leur savoir et leur talent, n'aimaient pas la contra* diction, parce qu'elleportait toujours quelqueatteinte à leur autorité. De ce nombre était le dictateur de l'BgliM de Rotterdam, le fier et véhément Jurieu . Il avait écrit coQjre les écarts de la liberté quelques pages, où les hérétiques n'étaient guéres mieux traités que dans les libelles des inquisiteurs romains. C'était Gracchus déclamant contre la sédition I Aubert ne fut pas tellement effrayé par les menaces de Jurieu qu'il n'entreprit de le réfuter Cette réfutation a pour titre : LeprotesUml focifique. ou traité de la paix de V Eglise^ contre M Jurieu, par Léon de la Guitoniére ; Amsterdam , G. Taxer, 1684 , in-4i Quelle est, suivant Aubert de Versé , la première condition de la paix ? C'est la tolérance absolue. Entre toutes lesopinions nées et à naître, le choix appartient aux consciences, et aucun pouvoir, ecclésiastique ou civil , n'a le droit d'imposer aux consciences ce qu'elles ne veulent
HOIL ADIBBT. S05
pa9 accepter. Voici comment Tadversaire de Jarieu montreque le gouvernement civil doit èlre indifférent en matière de religion :
f Je ne ferai pas de longs discours poor prouver qu*on doit to« lérer dans la société civile toutes sortes d^hérétiqucs. Gela est trop clair par la raison et par la foy. Par la raison, car cbacnn est libre et maître de ses propres sentiments. Il n*y a que Dieu seul qui puisse régner sur les esprits. Comme je n*ay aucun droit de forcer les autres à avoir mes sentiments, personne n*a aussi le droit de me forcer à prendre les siens. La religion est une obéissance volontaire et un sacrifice du cœur : les bommes n*y peuvent rien prétendre; autrement la société ne deviendra qu*une multitude d*ennemis armes, toi^ours aux mains et aux couteaux les uns contre les autres. A la vérité, les princes et les magistrats sont les protecteurs des sociétés ; Dieu leur a donné Tépée pour les défendre : mais toute leur autorité ne va que jusques à faire observer les loix qui les soutiennent et punir les crimes qui les violent. »
Ce sont là de bonnes sentences. Elles ont pour commentaire un volume écrit avec beaucoup de verve, qui dut causer à Jurieu d assez grands déplaisirs. Or, un homme de son tempérament (le plus emporté de tous les hommes!] [t], qui n*avail pu supporter les objections graves et mesurées de Nicole, n*était pas fait pour endurer patiemment les réprimandes acerbes et parfois arroganlesd*un libelliste de son parti. Avant, toutefois, de descendre jusqu'à lui, Jurieu se contenta d*exercer une plus facile vengeance. Comme il avait la haute influence dans tous les consistoires calvinistes de la Hollande, et tenait asservis i sa ferme volonté les Nouveaux, les Anciens et les Diacres de toutes les compagnies,
Du tyran soupçonneux p&les adulateurs (S)
(1} Bayle, Lettres à sa famille. Lettre 127.
(S) Bayle, Lettres à sa famille. Lettre 114.
M^ lOU AUBUT.
il 81 déposer une plainte au consistoire d'Amsterdam coBire le mioiitre Socinien, et celui ci futsospeodu de ses fonctions.
Jusqu'alors Auberi vivait assez misérablement du produit de sou ministère: dès qu*il en fut dépouillé, il se fit reoevoir bourgeois d'Amsterdam et obiint un diplAme d'agrégation au collège de médecine de cette ville. En même temps, Il fut employé par rédileur des Nouceltes tolides et choisies, et concourut à la réilaclion de celle feuille. Mais ces occupations paisibles et modestes ne pouvaient satisbire un esprit ardent et tumultueux comme le sien. Après avoir eu la gloire d'offenser Bossuel et Jurieu, il entreprit de renverser une autre idole, René Descartes. On avait dit avant lui, mais sans justi* fier ce propos, que Spinosa ne pouvait être distingué des autres cartésiens, et qu'ils devaient tous être considéré^ comme solidaires des mêmes erreurs. Auhcrt y trouva la matière de deux réquisitoires, et les publia dans un même volume, a Amsterdam, chez Jean Crelle, en 4684 (t), in-8% sous ces titres: L* impie œnvaincu, ou dissertation contre Spinosa^ ei Authoris Epislola ad amicum N. de Spinosianœ impietaiiz origine. C'est un recueil d'apostrophes injurieuses à l'adresse des nouveaux philosophes. La thèse de Spinosa est, on le sait, que la définition de la substance équivaut à celle de l'étendue, et que, l'étendue sans limites étant la substance infinie, cette substance est l'universel par excellence qui seul doit recevoir le nom de Dieu. On peut lui r<^pondre, avec les théologiens, qu'il n'est pas permis do confondre en nature l'étemel créateur avec les êtres créés dans le
(I) Quclquet exeiapltiret portent U date de 16SS.
temps, produits de rieo, et nés poar mourir : avec les philosophes, que Is substance est le nom commun, sans être Tessence commune de toutes les choses subsIsCaii* tes, et que, pour être régies par une même loi, ces choses n'en sont pas moins dos existences individuellement déterminées. Eh bien! ni Tune ni Tautre de ces réponses n'est celle d'Auberl. 11 admet, d'une part, une matière étemelle, deTaulre, un Dieu matériel, et suppose ensuite que ces deux substances se parlagent l'étendue. Telle est sa doctrine, et il la développe, sans épargner les gros mots à ses adversaires, avec ane assurance que rien ne semble pouvoir troubler. Bayle, qui a critiqné ce livre d'Auberl, l'a fort maltraité. Assurément, il en avait le droit : mais il n'a pas fait remarquer que la doctrine de ce livre est un manichéisme grossier.
Aubert ne dut pas en recueillir d'abondants profits. C'est pour cela sans doute qu'il prît le parti de faire des traductions. 11 traduisit en français les Acta Eruditorum, publiés à Leipsick en 1 683. Cette version française parut à la Haye, en 4685, en 2 vol. iQ-l2.Dans le même temps, il traduisit en latin, avec un collaborateur dont le nom nous est inconnu, V Histoire du Papisme de J. Heîddeger, professeur à Zurich : Histoire du Papisme, ou abrégé de rhistoire de VÉglise romaine depuis sa naissance jusqu'à Innocent XI; Amsterdam, Westein, 4685, 8 vol. io-43. liais Noël Aubert ne pouvait m consacrer tout entier è ces travaux modestes, et il eut bientôt repris son essor. L'humeur despotique de Jurieu et ses doctrines peu libérales avaient offensé beaucoup de ses co-religionnaires ; Bayle lui-même, qui dès l'abord s*élait déclaré de sesamis, avait enfin secoué le joug de cet homme superbe et était devenu l'objet de ses persécutions. Les
fl06 NOBL ADBBRT.
cirootistaiioes élaienl donc favorables poor une nouvelle âgressioD. Auberl eut bftie d*en profiter el il publia : le Nouveau Visionnaire de Boterdam, ou examen des pat*aUèles mystiques de M. Jurieu^ sous le pseudonyme de Theognosle de Bérée; Cologne, 4686, io-42. On sait qu'Auberl était incapable d^observer ce quon appelle les convenances Ittléraires: on suppose donc qu'il ne traita pas Jurieu, dans ce nouvel écrit, avec beaucoup de ménagements. Cela fait, il se retourna vers les catholiques et publia contre Nicole: V Avocat des Protestants, ou traité du schisme par le sieur A. D. V. ; Amsterdam, P. Mortier, 4686, in-48 ; pamptilel un peu moins véhément, dans lequel Auberl rendait un hommage tardif au savoir et au talent de Jurieu. Les choses en étaient là, quand parut un Pactum anonyme où Noël Aul)erl, sieur de Versé, élail dénoncé i tous les rois, à tous les peuples de TKurope, comme un abominable fauteur de discordes civiles, un professeur de scandaleuses impiétés, un homme qui, par ses livres et ses mœurs, avait mérité d*ètremisauK mains du bourreau, ou, pour le moins, chassé de toutes les terres habitées. Quel était lauleur de cette déclamation? On l'apprit bientôt: c était Jurieu lui*méme. Aubert ne pouvait manquer de lui répondre. Cette réponse ne se fil pas attendre. KIlea pour litre: Manifeste contre Vauteur anonyme d'un libelle intitulé : Faclum pour demander justice aux Puissances contre Noël Aubert, dit de Versé ; 4687, in*i*. Il faut bien le dire, Jurieu ne retira pas grand honneur de celle affaire : signalé comme un monstre de perversion. Aulierl se justifia devant le public, ou à peu prés, el, d'autre part, il traita son dénonciateur de manière à le faire repentir de son entreprise. Bayle, qui avait si mal accueilli les pre-
ttïieri éclats de sa verve, n'hésifa pas è proclamer que, dans celle conlroverse. il avait remporlé l'avantage (0. A la m6me date, il publia : Le Tombeau du Socimanùme, ou nouvelle méthode d'expliquer le mystère de la Irmié ; Francfort, <687, In-I2; une réimpression du Nouveau vôtomiaire est jointe à cet ouvrage. La même année vit encore paraître: Traité de la liberté de consdehce, où de l'autorité des souverains sur la religion des peuples^ par L. D, L, G. (Léon de la Gaitonniére, c'est-à-dire Noël Aubert de Versé); Cologne, P. Marteau, < 687, in-< 2. Aubert triomphait, et abusait même de son triomphe. Tandis que Jurieu rassemblait les gens de sa cabale el cherchait à se consoler dans leur compagnie de l'échec que venait de subir son orgueil, Aubert quittait Amsterdam, arrivait, la léte haute, dans les quartiers de son adversaire, se faisait admettre dans les meilleures compagnies de la ville et déBait insolemment la persécution.
(1) Voici le passage de Bavle : « On le fera souvenir aussi du factum qu*il (Jurieu) a publié contre Aubert de Versé, si plein de saletés qu*à peine y a-t-îi de prostituée qui put les lire sans rougir. Tout le monde a été scandalisé ^u^un ministre, en cela moins scrupuleux qu*ttn orateur payen, ait touIu fouiller dans de telles ordures, les faire Tenir de France à grands frais, les copier, les mettre en ordre, les corriger sur Tépreuve de riroprimeur et les distribuer partout. On en éloit d*autant plus scandalisé qu^on savoit bien qu*il n^étoit poussé à cela que par un ressentiment personnel, à cause que cet bomme médisoit de lui, mais principalement à cause quMl avoit été le premier qui avoit relevé dans un écrit public Tabsunlité et pitoyable contradiction où M. J. étoît tombé, en se mêlant d^écrire sur les persécutions de religion, et que tout fraicbement il atoit publié un livre sous le titre de Nouveau Visionnaire de Ro» terdamj où il Tavoit désolé Cette connoissance du vrai motif et rborreur publique contre ce factum furent cause qu'on n^eut point de pitié de le voir échouer misérablement dans cette entreprise. De Versé le foudroya par un autre factum où il mit son nom, se montrant plus assuré que son délateur, qui avoit caché le sien. 11 est ensuite venu le braver jusques sur son fumier à Roterdam, X passant et repassant, y séjournant et se produisant partout. » — Bayle, La Cabale chimérique, cb. it.
HOBL ADMIT.
Il 60 élail là, quand loui-è^ooop oo le vil changer de langme et de lenue. Quel évéoemeDl était veon Talleiodre au milieu de son triomphe et porter le trouble daos aes résolutions t oo Tignore. Nous soupçonnons qu'après 8*è(re engagé fort loin, il redouta les ressentiments qu*il avait provoqués et crut devoir prendre la retraite, tandis que les voies étaient encore libres. Il o*y avait pas, en effet, beaucoup de sûreté dans les villes de la Holiaodo pour un ennemi déclaré de Juriett. Celui ci ne manquait pas de partisans fanatiques et l'un d eux pouvait le venger. Cependant la malveilIaDce ne manqua pas d'attribuer à d'autrei causes le changement qu elle remarqua bientAt dans la conduite d*Aubert. M. Weiss(i) ei après lui M. Desportes (2), attribuent à Noël Aubert Les Trophées de Pori-Royal renversés ; Amsterdam, 4 68 s, in-l t . Cette attribution est erronée. Lauteur des Trophées s'exprime ainsi dans la préface de ce livre: c 11 y a quatre ou cinq ans, que lauteuranonimequi répondit en Hollande au traité de M. Bossuet... touchant la Communion sous une seule espèce, promit dans sa préface de nous faire part bieuldt d*un ouvrage de sa façon, contenant la réfutation des preuves que MM. Amauld et Ni* €ole ont apportées, pour justifier que l'Eglise des sit premier s siècles a cru la pnVnce réelle et la transubalantiation .. Cependant le public ne voit pas encore l'exécution d'une si belle promesse, quelque impatience qu'il ait de la voir. C'est là ce qui me fait croire qu'il y a quelques raisons fortes qui arrêtent cet auteur au milien deaa courseï et c'est ce qui m'oblige aussi à haxar-
(I) Biographie univeneUe, (S) Sihiiofraphte dm
JtOBL AUBÉÏT. 209
(Jér l'édition des remarques que j'ai Tailes il y a prés de douze 309.... » C'est bien Noël Aubert qui répondait eu <6S3 au Traité de Bossuet ; c'est bien lui qui, dans lé préface de cette réponse, prenait l'eDgagemeni de renverser bientdl les trophées imaginaires de Port-Royal ; nuis, en l'année 1688, il avait d'aulressoins: il négociait son retour en France, et préparait sa conversion. L'oCcaâion était favorable. Le mînislre Cbaieauneuf et le P. de La Cliaise lui-même firent bon accueil aux ouverlures d' Aubert, et il obtint bienldt une lettre de cachet qui lui permit de rentrer dans sa pairie. Il n'en profila pas surle-champ. Il fit d'abord un voyafje en An^elerre, au moisdejuillet de l'année 4 6SS, pour aller terminer quelques démêlés avec une réfugiée prolpslanle, Mademoiselle Cabaret, mère de sa femme. Cette affaîre, qu'il ne lermina pas heureusement, le retint un an encore sur la terre infidèle (l). C'est là qu'il composa en 1689, étant à Kinsioglon, chez le chevalier Bridger, La defde l'A^maUypae, ou Histoire de l'étal de l'église chrétienne sous la qutUr^me monarchie; ouvrage dédié au pape, qui fut publié à Paris, en 1703, chez Daniel Hofthemels, en S vol. in ■ 8*. On veut que cet ouvrage, plein de violences contre Jurieu, plein de témoignages de déféreoca envers l'Eglise romaine, ne soit que le développement d'un opuscule publié par Aubert en 1 690, sous le litre de la Véritable clef de l'Apocalypse (3). Nous ne connaissons pas cet abrégé. Quoi qu'il en soit, vers le milieu de l'année 4689, Aubert vint à Paris, et n'eut rien de plus presité que de solliciter son admission au sein de l'Eglise catholique.
(1) L'Ành'-Soeimen, vag. 3îi et lUiT.
(«) M. WcL'i, ISioQraphiQ umutrttUt.
SiO NOBL AUBSftT.
Comme il sôlailsignalû chez les proleslanls pari imteœpéraDce de ses dêclainaUons, et qu'il avait été, dans oe parti, Yun des chers de la plus turbulente milice, oo mit quelques difBcultés h recevoir sa rétractation pour lui donner plus d*éclat. Labbé d*Aquin, agent-général du clergé de France, Tarchevêque de Paris, et l*évèque d'Agen, Mascaron, qui avait autrefois compté Noël Aubert parmi ses élèves, lorsqu'il professait la rhétorique au collège du Mans, s'employèrent en sa faveur et firent d actives démarches pour obtenir sa réintégration. Elle lui fut accordée avant la 6n de Tannée 4 689 f 4 ), avec une pension modeste ; mais il lui fut imposé, comme pénitence, d*écrire et de publier un ouvrage qui devait con* tenir le désaveu de ses anciennes erreurs. C*est pour obéir à cet ordre qu*il mit au jour: LAnti-Socinien^ ou NotwtlU apologie de la foi catholique contre les Sociniens ei les Calvinistes , Paris, HazucI, 4692, in-48. Ce livre est, en effet, un acte de pénitence fait a deux genoux : de Tancien homme il ne reste qu'une chose, cette vio> lence de langiige que n'avaient pas toujours approuvée les calvinistes les plus résolus.
Noël Aubert, sieur de Verso, mourut i Paris en 47i4, sur la paroisse de Saini-fienott. Il menait encore la ▼ie la plus agitée, et, comme il s'exprimait sur toutes diosesavec beaucoup trop de liberté, bien des gens re* AisaieDi de croire è la sincérité de son retour parmi les catholiques.
M. Weiss a mentionné, dans la Biographie imtuerleUe, las titres de quelques ouvrages qui sont impro-
(1) E. Dttpin, Ta6iedeiâu4eurteccUiia^ttû^êdui1S.i$m^tit HS. SV71.
pretnent aUribués à Noël Auhërl dé Versé : à cette liste Dous ajotiteroDs : Histoire abrégée de la naissance et des progrès du Kouàkerisme. ; Cologne, 1692, m*l2.
SARRÂZIN (Jean).
Jean SARRAZIN, né dans le Haine, mais on ne sait en quel lieu, est auteur d'une horograpbie dont il suf^ fit de (aire connaître le titre : Horographum calliolicum, seuuniversale, quàùmnia cujuscumque generis horolologiascioiherica... describuntur, magno Condceo dtcaî inventor Joannes Sarrazinus, Cœnomanus; Parisiîs, Cramoisy, 1630, în-i*. Nous navons pas d'autres renseignements sar cet auteur : au commencement du siècle dernier, son livre occupait encore une place honorable dans les bibliothèques spéciales. On ne Touvre plus aujourd'hui.
GUYARD (Iean).
On ne cooiiaU ce Jban GUYARD qae par la notice dé La Croix du Maine : « Jean Gnyard, sieur de la Bruoa^ lière. Il a escrit plusieurs poèmes françois, non encores imprimez; ensemble plusieurs oraisons, épistres eC harangues assez bien dictées. Il mourut aa Mans (lieo de sa nativité ] le 3* jour de may I568«*
iii riUX BSMAUD.
GUITTON (Michel).
MicBBL GUITTON, GuiTON, ou Goillon, né à Saint- Hartio-de-Dangeul, pril Thabît monastique dans labbaye de Ctleaux. Il fut ensuite prieur de Tabbaye de Perseigne, et le célèbre Armand de Rancé fit son noviciat sous sa discipline. Quelques années après, il gouverna le monastère de Saint-BenoU, au diocèse de Metz, et vint mourir à labbaye de TEtoile. On a de lut : Jésus conversant avec les hommes ; Paris, 4680, 6 vol. in-4 2. Cet ouvrage est devenu rare : nous n'en connaisaonsquele titre(4).
ESNAUD (Feux.)
Félix BSNAUD, né au Mans vers Tannée 4 657, fut reçu docteur en théologie en 4 690. En 4708, il accompagna le maréchal de Tessé dans son voyage d*llalie. Au retour, en 4742, il fut nommé curé de Saint-Jeanen-Grève, et occupa cette curejusqu'au 4" janvier 4742, date de sa mort. On lui doit : Offices pour l'église de Saint' Jean-en-^rèvet selon le bréviaire de Mgr de VintimUle, arch. de Paris; Paris 1742.
(1) Bibiiographie du Maine ptr M. Dosportet. — Notes mtna»-^ critcs ôt Uom Uron.
408Bra LBBALLBUB, Sl5
LAIR, LEGHARTIER, DESLÂNDES-GIR ARD, FAISSOT, 60UAULT. R. TROTTÉ, Ant.
DESAULNAIS, J. LEBALLEUR.
Lair, officiai du Mans, Lecharlier, sieur de la Hahot- Uére» conseiller au présidial du Mans, Desiandes-Girard, Paissoi le jeune, Gouaull, R. Trolté, Anlh. Desaulnai^, J. Leballeur, avocals, onl fait les uns et les autres quelques petits vers latins ou français en Thonneur de Mathurin Louis, sieur des MalicoKes. Ces vers se trouvent, avec d'autres, en télé des Remarques et noies sommaires sur la coutume du Mahie Nous avons lieu de supposer que le Maine avait vu nattre ces divers personnages, mais nous ne les connaissons pas autrement.
LEBALLEUR.
JosBPH LEBALLEUR, religieux cordelier, professeur de théologie, provincial de la province de Tou raine Pictavienne, est né, dit-on, dans la ville de Sablé (I). On a de ce docteur : La religion révélée défendue contre les ennemis qui Vont attaquée; Paris, Lambert, 4757, i vol. in-12. C'est, comme on le voit, un ouvrage considérable : ajoutons que c'est un ouvragé grave, de haute polémique, bien distribué, pas trop subtil, et bien écrit.
(1) M. Desportes, BihliograpMe du Maine-
L'école rranciscaîoe a produit, dans le ivui* siècle, pea des livres aussi recoromaDdablcs.