SÉVERIN BERTRAND
au Mans, Ch. Monnoyer, 1774, 2 vol. in-12. C'est un ouvrage médiocre, inspiré par une foi très-ardente, que l'auteur ne sait pas faire partager. Cependant, comme il est anonyme, on en a fait honneur à plusieurs écrivains du même temps. Ainsi Maton de La Varenne l'a revendiqué pour un de ses oncles, curé dans le diocèse de Sens ; mais la fausseté de cette attribution a été prouvée par M. Barbier.
BERTRAND (SÉvERIN ).
Séverin BERTRAND, docteur en droit canon, curé de La Ferté-Bernard, se fit un nom, au témoignage d’Ansart (1), parmi les orateurs du dix-septième siècle. I] le faut croire. Cependant, pour ne rien céler, nous goûtons peu l'éloquence de Séverin Bertrand, et, si nous lui reconnaissons quelques titres à la célébrité, c'est à la célébrité du ridicule. Ses sermons, dont parle Ansart, ne sont pas, il est vrai, parvenus jusqu’à nous, mais nous connaissons quelques-unes de ses oraisons funèbres.
C'est d’abord l’Oraison funèbre sur le trèpas de
(1) Bibl. lit. du Maine, au mot Bertrand.
très-haute, très-illustre et très-vertueuse princesse Anne d’Est, duchesse de Chartres, de Guise, etc., etc. : Paris, G. Marette, 1607, in-8°. Les obsèques de cette princesse, morte à Paris le 17 mai, ayant été célébrées à La Ferté le 40 juillet 4607, Séverin Bertrand, curé du lieu, crut devoir, en cette circonstance solen- nelle, adresser à ses paroissiens un fort long discours. Mais ce discours est-il une facétie? L’exorde, qui a pour objet l'histoire des cérémonies funèbres chez les anciens, n'occupe pas moins de dix-huit pages : vient ensuite la généalogie d'Anne d'Est, avec d'amples détails sur les armes de France, sur la blancheur, les vertus et les significations allégoriques du lis; . enfin une seule page est consacrée à célébrer les vertus de la défunte, morte à l’âge de soixante-seize ans, après avoir reçu le saint sacrement des mains de M. Loppé, docteur en théologie, grand maitre de Navarre, son propre curé (1).
Nous connaissons, en outre, de Séverin Bertrand : Oraison funèbre du haut et puissant prince Charles de Lorraine, duc de Mayenne, pair de France, etc., : faite et prononcée à ses obsèques, le 46 octobre (1611); Paris, Fouet, 1616, in-8. Il s’agit ici de Charles de
(1) A la suite de l’Oraison de Bertrand se trouvent six hexamètres en l’honneur d'Anne d'Est, composés par Denys Gaudin, ancien officier civil, gquondam præfecti, à La Ferté-Bernard. Nous ne saurions ici que rappeler son nom. Le P. Hilarion de Coste a placé l'éloge de la princesse Anne d’Estdans ses Eloges des Dames, t. 1, p. 69.