RUE DE BUSSY
Imprimeurse-Libraires an Mans.
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LETHALD.
Possevin , Mabillon, Liron et les auteurs de l’Histoire Littéraire de la France s'accordent à désigner le Maine comme le pays natal de LÉTIHAD, mais cette désignation est hypothétique. Suivant les auteurs de l'Histoire Littéraire (1), dans l'exemplaire du Lignum Vitæ, d'Arnout Wion, possédé par notre abbaye de la Coûture, il se trouvait, à la fin du premier volume , une note manuscrite qui supposait quelque lien de parenté entre Léthald et Garin de Tanie ou Teunie, au Maine : l’auteur de cette note alléguait l'autorité de la Gallia Christiana de Claude Robert, L'exemplaire du Lignum Vitæ qui appar-
(1) His. Litéraire de la France , 1, vi, pe 528. 11 |
Pau 4 Jruss éd (Y Ar )
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tenait à l'abbaye de la Coùture, est un des nombreux volumes qui ont été disiraits de notre dépôt municipal, et nous avons cherché Yainement, après les auteurs de l'Histoire Littéraire , le passage de la Gallia Christiana indiqué par la note manuscrite ; à l'endroit où Claude Robert rappelle que Léthald a écrit la vie de saint Julien , il ne parle ni de sa famille, ni du lieu de sa naissance. Nous devons admettre lhypothèse accréditée par le plus grand nombre des aumalistes ecclésiastiques , mais nous ne saurions, à notre regret, Ja justitier par des preuves suflisantes.
Dés son enfance, Léthald fut placé dans le monastère de Mici ou de Saint-Mesmin, près Orléans, sous fa discipline de l'abbé Annou, qui avait été appelé, vers l'année 943 , à gouverner ce monastère. 1 y a lieu de croire que les études littéraires étaient fort en bouneur chez les moines de Mici, car Léthald devint bientôt dans leur compagnie un des écrivains les plus recommandables de son siècle. I a été apprécié comme tel, méme par ses contemporains, Abbun de Fleury loue en ces termes le savoir éminent de Lé- Uald : - Cujus singularem scicutiam mea parvitas amplectitur et summis faudibus extollere nititur (1). » [faut observer qu'\bbon, abbé de Fleury, était luiméme un des moines les plus lettres du X° siccle, Les moines de Noaillé et Avessaud, évêque du Mans, comme on le verra dans la suite de cctte notice , ne lui lémoisnerent pis une moindre estime. Les critiques modernes se sont acordés à faire le plus graud cloge
U Abbonis Eprtole, apud Pituvchum, ad calcem Cod. Cunonum Vet. Eccl. Roin., p. 445.
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de ses mérites littéraires. Aprés Dom hivet, Dom Ceillier a rendu de lui ce témoignage : « On ue connaît guères d'auteurs, dans le X° siècle, qui aient écrit avec plus de politesse, d'exactitude et de solidité que Léthald (1). » Celte opinion est partagée par le P. Lelong (2).
Pendant son séjour au monastère de Mici, Léthald écrivit une relation des miracles de saint Maximin, premier abbé de cette maison. Elle à été publiée par Mabillon, dans le premier siècle des Æcta Sanct. Ord. sancti Benedicti (3), sous ce titre : Liber miraculorum sancti Maximini. Cette légende est d'un style plus correct, plus élégant, que la plupart des écrits qui nous restent de la même époque. Dans un prologue qui précède la narration des miracles de saint Maximin , Léthald expose les pieux motifs qui l'ont engagé à recueillir les témoignagés relatifs à ces miracles: personne avant lui (rem hac- Lenus intaciam) ne l'avait entrepris, et l’on ne possédait d'autres documents sur saint Maximin que deux biographies, l'une anonyme, l’autre rédigée par un moine de Mici, du nom de Berthold. Il y a même lieu de croire que le second de ces opuscules n'était pas entre les mains de Léthaïd, car il n’ose pas affirmer que Berthold en soit l’auteur (dicitur edidisse), et pourtant, dans l'édition que Mabillon nous en a donnée (4), le nom de Berthold se trouve à la fin de l'épitre dédicatoire : « Hoc humilis Beriholdus opus
(1) Hist. Générale des auteurs sacrés, t, XIX, p. 717. (2) Bibliot. des Hist. de France,
(4) Ibid. , p. 591.