JEAN DE LAVARDIN
dière, 1579, in-8. — Le retour d'un gentilhomme à l'Eglise Catholique; Paris, R. Le Fizelior, 1582. C’est La Croix du Maine qui nous fait connaître le titre de cet ouvrage , et il ajoute à cette indication : « Je ne dy point pour qui a esté fait ce liare, ne sçachant si celuy qui en est le subiect le trouveroit bon. » — Epistres de saint Hiérosme; Paris, Chaudière , 1584, in-4; et Paris, Salis, 1596, in-12. La Croix du Maine et Du Verdier ne parlent ni l’un ni l’autre de cette traduction des Lettres de saint Jérôme par Jean de Lavardin; elle est mentionnée par les auteurs de la Gallia Christiana. Les deux éditions dont nous venons de faire connaître les dates, se trouvaient à la bibliothèque de Saint-Vincent, du Mans.— Dialogues touchant le saint Sacrifice de la Messe , imprimez à Paris. Nous trouvons cette indication incomplète dans La Croix du Maine.
La Croix du Maine attribue, en outre, à Jean de Lavardin, d'autres traductions qui n’ont pas été imprimées. En voici les titres, suivant ce bibliographe : Les dix liures de l'Eucharistie , traduits en françois sur le latin de Claude de £'aintes, euesque d'Eureux ; — Traicté du Jugement et Préuoyance de Dieu, escrit par S. Saluian , éuesque de Marseille. — Les Liures du cardinal Hosius contre Brence : — Les Liures de la Majesté de Dieu, traduits en françois sur le latin de Marc-Antoine Natta ; — Les Liures et Leçons touchant les Sacremens, dictées par M. Maldonat.
Nous avons sous les yeux un autre ouvrage de J. de Lavardin, qui n’a été désigné ni par Du Verdier ni par La Croix du Maine. Il a pour titre : Recueil de la vie et Conversation de la Vierge Marie mére de Dieu,
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par Jean de Lavardin , abbé de l'Estoile; Paris, G. Chaudière, 1585, in-8. Ce Recueil, dédié à Madame Aliénor de Bourbon, abbesse de Fontevrault, est une paraphrase plus poétique que dogmatique de quelques versets de l'Ecriture. Il a été réimprimé en 1605, sous cet autre titre : Le sacré Miroir de Virginité, par J. D. L., abbé de l'Estoile; Paris, W. Buon, in-8.
. BIGEON (cesnvats).
Nous devons compter au nombre des écrivains du Maine, un docteur en théologie nommé GERvais BIGEON (1), qui nous a laissé deux traités recommandables , l'un sur l'objet de la théologie, l'autre sur la nature de la grâce. Né à Sainte-Marie-du-Bois en 1620, il mourut à Séez, vers l’année 1700. Appartenait-il au clergé séculier ou au clergé régulier ? C’est ce qu'il ne nous apprend pas lui-même, et il n'est fait mention de lui dans aucune histoire des auteurs ecclésiastiques.
Les traités de Gervais Bigeon, dont nous avons à dire quelques mots, ont été insérés, en 1689, dans J'édition de la Somme de Martin Bécan, publiée par André Pralard, in-fol. C'est à la requête de ce libraire, que Bigeon entreprit de compléter, par l'addition de
(1) Bigeon et non pas Bion, comme l'ont supposé presque tous les bibliographes qui ont parlé de hui. En latin , dl écrit Buonnius, et, dans l'approbation des docteurs ,'en téte de ses traites, vous trouvons sou nom véritable Gerrais Higeon.
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deux opuscules, la Somme du célèbre Jésuite: « tanquam membra , dit-il dans une courte préface , suo corpori adhibui. » Cola signifie vraisemblablement que Bigeon adhérait à toutes les conclusions de Bécan, et qu'il était de son parti. Or, parmi les livres de la Société de Jésus, que le Parlement de Paris fit lacérer et brûler sur la place de Grève par les mains de l'exécuteur de la haute justice, nous trouvons cette Summa Theologiæ, amplifiée par notre G. Bigeon. L'opinion de Bellarmin sur la dépendance des rois à l’égard de la cour de Rome , avait été partagée par M. Bécan ; c’est là ce qui a motivé la sentence prononcée contre son ouvrage, qui jouissait, dans l'école, d'une grande autorité. Mais, à vrai dire , c'est par hypothèse que nous imputons à Gervais Bigeon la solidarité de cette opinion séditieuse, tandis qu'il a donné, sur d'autres points, des gages formels de son assentiment aux doctrines de la Société de Jésus.
Le premier de ses traités a pour titre : de Natura Theologiæ ; il se divise en dix questions, subdivisées elles-mêmes en une foule d'articles. Ce que nous avons à faire remarquer dans ce traité, où abondent les distinctions oïiseuses , c'est l’exacto définition que G. Bigeon donne de la théologie; il ne la distingue pas de la métaphysique, et lui assigne pour l’objet l'étude de Dieu dans sa nature et dans toutes ses œuvres. Le second traité de Gervais Bigeon est une longue dissertation sur le Secours de Grâce , de Auxilio Gratiæ. En quoi consiste ce secours? quelle en est l'efficacité ? en quel sens peut-on dire que la grâce est nécessaire, et que la coopération de la grâce dans les actes de la volonté humaine est vraiment déterminante ? Telles
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sont les questions que s'adresse G. Bigcon, et qu'il résout en d'autres termes que saint Augustin. C'est un Mo!iniste plus subtil que profond. En lisant cet opuscule, on apprécie les motifs qui ont engagé notro théologien à disserter amplement sur l'affaire de Ja grâce, dans un ouvrage qui était alors entre les mains de tous les professeurs de la Société de Jésus. Martin Becan était mort à Vienne, en 162%, et la première édition de l'Augustinus du célèbre évêque d'Ypres est de l'année 1640. Or, on sait quel tumulte avait provoqué dans tontes les villes, dans l'ég'ise entière , la confession de foi de Jansénius. Si vivement controversée, dans le cinquième siècle , entre saint Augustin, le pélagien Faustus et les moines de Marseille ; dans le neuvième , entre Gotschalc, Jean Scot Eriène et Hincmar; dans le seizième , entre les deux grandes sections de l’école protestante , la question de la grâce ne pouvait être considérée comme sans importance dans les premières années du dix-septième siècle, mais elle n'était pas alors l'unique thèse de toute la théologie, comme elle le fut en quelque sorte après la publication de l'Augustinus. En 1689, la querelle étant fort animée entre les adhérents de l'un et de l'autre parti, on ne trouvait pas, dans la Somme de M. Bécan, la solution des problèmes nombreux qui inquictaient, qui agitaient alors tous les esprits. Gervais Biscon entreprit de combler cette lacune. S'est-il bien acquitté de cette tàche diflicile? Nous pourrions signaler, dans son écrit, de nombreux paralogismes : s'il admet la grâce prévenante, il lui accorde trop peu d'autorité sur la conscience humaine pour n'être pas suspect de tendances sémi-pélagiennes.