‹ Histoire littéraire du Maine. Tome deuxièmeChapitre 26 sur 62 · DOMINIQUE SERGENT · texte numérisé non relu

DOMINIQUE SERGENT

et proposé au chapitre de l'ordre; ce choix fut loin d'être agréé par le général, qui le considéra comme une insulte, et assigna pour lieu d'exil à Dominique Sergent le couvent des Jacobins de Laval. La réputation de Sergent était déjà faite comme théologien et comme prédicateur. On admirait la subtilité de son esprit ; on Jouait les grâces et l'ampleur de son éloquence. La reine Elisabeth d'Autriche le choisit pour son prédicateur ordinaire ; il ne quitta pas cependantlo cloître, et ne hanta la cour que pour remplirles devoirs de sa charge. On dit, mais sans preuves, suivant Echard, qu’il fut le directeur intime de la conscience de Ja reine. Il n'exerça pas seulement au collése de la rue Saint-Jacques les fonctions de régent : il fut appelé deux fois au gouvernement de cette maison, pendant les années 1573 et 1574. En cette année 1574, il assistait au chapitre général avec le titre de vicaire général (1).

Dominique Sergent fut un des plus redoutables adversaires des Luthériens et des Calvinistes. Il combattit leurs doctrines dans un ouvrage mentionné sous ce titre par Du Verdier et par La Croix du Maine : Du Baptesme des hérétiques , monstrant si on le doibt réilérer, pourquoi et comment, avec un indice des lieux esquels certaines questions de P. Viret sont résolues : Avignon, P. Roux, 1566, in-8.

f1) Echardus, Script. Ord. Prædic., 4. M, p 269.

SAMSON BÉDOUYN. 269

BÉDOUYN (samsox.)

Voici dans quels termes il est parlé de lui dans la Bibliothèque Françoise de La Croix du Maine :

« F. Samson Bedouin, religieux en l'abbayé de la Cousture, près le Mans, natif du pays et comté du Maine. Il a escrit un petit liure, qu'il a intitulé les Ordonnances et statuts de M. de l’Aflac et du jeu du Trois , imprimé au Mans, par Hiérosme Olivier , J'an 1565. Il a composé plusieurs chansons , et entreautres la Replique sur les chansons des Nuciens ou Nutois, qui autrement sont appelez ceux de Nuz, au bas pays du Maine, imprimées au Mans par ledit Olivier. Il a escrit plusieurs Tragédies, Comédies et Moralitez, et quelques coqs à l'asne et autres sem— blables satyres , lesquelles il faisoit jouer par les lieux publics de la ville et fauxbourgs du Mans, par aucuns escoliers de la ditte ville. Il a escrit plusieurs Cantiques et Noels imprimés au Mans par Macé Vaucelles et autres. Il a recueilli et compilé le Catalogue des paroisses du Maine, imprimé au Mans. Il mourut en ladite abbaye de la Cousture , l'an 1563, ou environ. »

Nous ne connaissons que le titre des écrits divers, imprimés ou manuscrits, que La Croix du Maine attribue dans cette notice à Samson Bedouyn. S'ils ne sunt pas tous perdus, ils sont devenus fort rares. Bedouyn entrait chez les moines de la Coûture, le 12 du mois de janvier de l’année 1525. C'est ce que nous apprend un registre de cette abbaye (1).

(1} Voici l'acte de profession de Samson Bedouyn , tel que

GEORGEARD (FRANÇOIS ).

FRANÇOIS GEORGEARD , un des élèves de Flacé à l'école de la Coùûture, né vraisemblablement dans le Maine, obtint le grade de bachelier en théolosie, ct fit ensuite profession de la règle de saint Benoit dans le monastère de la Coùture, en l'année 1569, comme nous l'apprenons d'un registre manuscrit de la bibliothèque du Mans {1). Il est auteur d'une épigramme latine publiée en tête de la seconde partie du Catéchisme latin de René Flacé (2).

GARNIER (3ULIEN).

JCLIEN GARNIER, né à Connerré, entra dans la congrégation de saint Benoit en 1689, et fit profession à Saint-Melaine de Rennes, le 30 septembre 1690, à l’âge de 20 ans. Il étudia la théologie chez les Béné-

nous le lisons dans le registre de l’abbaye de la Codture , que possède aujourd hui la Bibliothèque du Mans . MSN. 0° #

« Ego frater Sanson Bedouvn, acolita, pronutto stabilhitatem meam et conversionemn morum meorutw et obedieutiam secundum regulam Sancti Benedicti, coram Deco et omnibus sanetis , in hoe cœuobio Sancti-Petri de Cultura, in presentia fratris Renat Desescotais, prioris claustralis ac vicarn reverendissimi in Christo

atris ac domini, domi Martini, Turoneusis archiepiscopr ac He monastri abbatis, perhenmter conservandam. Teste signo meo manuali, hit apposito . die duodecimo mensis januaru, anna Dom. maillesimo quiugentesimo vigesimo quiuto. S. Bedouyn. Feuillet xxx. verso.

(1) Actus Professionum S. Petri de Cultura, n. 9%. (2) Hist. litt. du Maine ,U1, p. 3.

dictins de Saint-Vincent, au Mans, sous la discipline du célèbre Dom Michel Piette : mais l'étude vers laquelle il se sentit le plus d’inclination et d'aptitude, fut celle de la langue grecque. Il acquit bientôt la réputation d’un helléniste distingué. Mabillon avait entendu louer son savoir et ses mérites : il le fit venir à Paris, en l’année 1699, et l'associa à ses grands travaux. En 1701, Julien Garnier fut chargé par ses supérieurs de donner une nouvelle édition des œuvres de saint Basile. Ce n'était pas une tâche facile. Erasme et George de Trébisonde avaient publié des versions estimées de saint Basile, mais il leur manquait un texte digne de toute confiance. Le premier et le principal soin de Garnier fut de rechercher et de comparer tous les manuscrits grecs des œuvres de saint Basile , qui existaient dans les bibliothèques publiques et dans les bibliothèques privées. 11 fut aidé dans ce travail par Dom François Faverolles, trésorier de l’abbaye de Saint-Denis. Antonio Salvini lui envoya les variantes qu'il rencontra dans un manuscrit de Florence: J. Christ. Wolff, qui avait étudié divers manuscrits d'Angleterre , fit remettre au nouvel éditeur les leçons qu'il avait recueillies; Bernard de Montfaucon lui procura des notes et des copies d'opuscules inédits de saint Basile, qu'il avait reçues d'Italie. Après dix années d'un labeur assidu, Dom Garnier donna au public le premier volume des OEuvres de saint Basile. Ce volume parut en 1721, chez J.-B.Coignard, in-fol. Il contient, outre une savante préface de Garnier, neuf homélies de saint Basile sur l'Hexameron , treize homélies sur les Psaumes, cinq livres contre Eunomius, avec un appendice fort étendu ct

des tables très-bien faites ; ces tables sont de Dom Faverolles. Le texte de cette édition est très-estimé : la traduction latine ne l'est pas moins. Le second volume des OEuvres de saint Basile parut en 1722; il contient un grand nombre d’opuscules. La préfaco de ce volume est considérable. Garnier s'était acquitté consciencieusement de la tâche qui lui avait été imposée par ses supérieurs : non seulement il avait collationné tous les textes, mais encore il avait examiné avec beaucoup de soin si tous les écrits attribués à saint Basile étaient vraiment de lui, et cet examen l'avait conduit à n’en pas admettre un certain nombre dans la collection des œuvres de l’éloquent évèque de Césarée. Il a exposé, dans ses savantes préfaces , les motifs de ses jugements.

Une maladie cruelle enleva Garnier avant qu'il eùt achevé la publication des OEuvres de saint Basile. Ea terminant la préface du second volume, il annonçait au public que l'état de sa santé ne lui permettrait pas de publier le troisième avant la fin de l'année 1723; mais ilne put même remplir cet engagement. Le mal empirant , il fut mis en pension par les supérieurs de son ordre chez les frères de la Charité, à Charenton, où il mourut le 3 juin 1725, à l'Age de cinquante-cinq ans. Le troisième volume des OEuvres de saint Basile ne fut publié qu'en 1730, par les soins de Dom Prudent

Maran (1).

(1) Hist. Lite. de la congr. de Saint-Maur, p. 450.

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