DAVID BROSSARD
La Croix du Maine écrit Francour. Dans un extrait du livre des chroniques de la paroisse de N.-D. de Torcé, publié dans l'Annuaire de 1845, l'épitaphe de la mère de Gervais Lebarbier est ainsi rapportée : « Cy gitt Margurite Lebarbié, feme de Julien Rousseau , et mère de messire Francour et Guilli et Pierre les Rousseaulx, laquelle décéda le 11 de descembre 1565. » De Thou semble autoriser cette orthographe en disant Francurius. Mais le registre du Consistoire porte constamment Lebarbier de Francourt.
BROSSARD ( pavin).
paAvin ou Davy BROSSARD, religieux de l'abbaye de St-Vincent, au Mans, mentionné dans la Bibliothéque Francoise de La Croix du Maine, est auteur d’un ouvrage sur la culture des arbres fruitiers, publié sous ce titre : La manière de semer et faire pépinière d'arbres sauvageons, enter toutes sortes d'arbres, elc., elc., avecques un autre traité de la manière de semer graines en jardins, eltc., etc. Paris, veuve Buffet, 1552. Ainsi que le fait observer M. N. Desportes (1), on connaissait , du temps de Brossard, l’art de greffer le rosier, comme le prouve le passage suivant de son opuscule : « En ceste manière d'enter à cscusson, vous pouvez aussi facilement enter les rosiers blancz dedans les rouges et les rouges dedans les blancz, tellement que vous aurez des roses de plusieurs sortes
(1) Bibliographie du Maine.
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en un même rosier. » Le traité de notre bénédictin, qui paraît avoir été fort recherché au scizième siècle, vient d'être recommandé dans les termes les plus flatteurs à l'estime des savants, par M. Aubert Dupetit- Thouars. Ainsi s'exprime ce naturaliste érudit : « Ce traité, malgré sa brièveté, est très-remarquable ; il se distingue , non-seulement de ceux qui existaient à cette époque, mais encore de tous ceux qui ont paru lonstemps après, parce que l’auteur , au lieu de chercher dans les anciens les principes de la culture, les déduisit de sa propre expérience. Par là il s'éleva fort au-dessus de son siècle, et s'affranchit de beaucoup de préjugés qui ont régné encore après lui. Brossard mérite une place distinguée parmi ceux qui ont perfectionné la culture des arbres en France. Il serait à désirer qu'on fit une nouvelle édition de son ouvrage, avec des notes qui indiqueraient les services réels qu'il a rendus, et surtout les emprunts qu'on lui a faits sans je nommer (1). » Suivant La Croix du Maine, le traité de David Brossard avait été publié plusieurs fois avant l'année 1584 ; mais ce bibliographe ne dit pas en quels lieux. Dans un recueil publié en 1560 par Langelier, sous ce titre : Quatre traictés utiles et délectables de l'agriculture, M. Dupetit-Thouars a retrouvé l'opuscule de D. Brossard. Il a été réimprimé à part, mais d'après cette édition, à Orléans, en 1571, ensemble un pelil traité contenant plusieurs inventions nourcelles. Mais, suivant M. Dupetit-Thouars, « cette addition n'est autre chose qu'un des chapitres les plus absurdes de Gorgole, dans lequel, entre autres, on prescrit
(1) Brographicunirerselle de Michaud.
des oraisons pour chasser les animaux malfaisants. C'estun contraste absolu avec l'ouvrage même de Davy. Enfin il a passé dans le recueil publié, en 1607, par le libraire Robert Fouet, sous le titre de Maison champêtre et Agriculture d'Elie Vinet Xantongeois, el Antoine Mizauld. Il se trouve dans la seconde partie attribuée à Vinet.... avec l'addition de l'édition d'Orléans, ce qui le dénature. »
MORIN (cux pe).
Jean Morin , sieur du Tronchet et de Loudon, terre de la paroisse de Parigné-l'Evêque, porta les armes dès sa jeunesse. Il était sous le commandement de la Trémouille, le 28 juillet 1488, quand fut livrée, entre Rennes et Saint-Aubin-du-Cormier, cette sanglante bataille qui termina les tumultes de la Bretagne. Jean Morin, s'étant distingué dans cette journée, fut nommé chevalier (1). Il prit ensuite part aux guerres d'Italie, où, paraît-il, il se fit un renom de valeur et de prudence. De retour en France, il épousa Marie de Brie de la Motte-Serrant, de noble et ancienne famille, et de ce mariage il eut plusieurs enfants, parmi lesquels on nous désigne Jean, Guy et Jacques. Jean-René Morin, qui était l’aîné de la famille, fut d'abord écuyer du duc d'Alençon. On le compte parmi les seigneurs présents à l'assemblée des Etats du Maine de 1508. Nous le voyons plus tard
(1) Il portait d’or à trois fasces de sinople. (M. Cauvin, Essxi sur l’armorial du diocèse du Mans. |
assister à l'entrevue pacifique de François Ier et de Henri VIIT , au camp du Drap d'Or, au mois de juin de l’année 1520. Jaloux de la gloire des armes, incapablo de supporter le repos, Jean quitta la France aussitôt que les conditions de la paix eurent été réglées entre les deux rois. On se battait alors au pied du Liban.Gazelli, prince d'Apamée, gouverneur de la Syrie pour le sultan d'Egvpte, avait, à la nouvelle de la mort de Selim, proclamé l'indépendance des états confiés à sa garde, et il réclamait partout des secours contre Ferrhat-Bassa, envoyé par Soliman dans les provinces révoltées. Jean Morin fut au nombre des volontaires qui partirent pour cette croisade : il trouva la mort sous les murs de Beyruth.
GUY MORIN, second fils de Jean, avait été vraisemblablement destiné par son père, suivant l'usage, non pas à la vie des camps, mais à celle du cloitre. On lui fit étudier les lettres sacrées et les lettres profanes jusqu'à l'âge de dix-huit ans, et, au témoignage de François Sagon, son biographe, il fit dans ces études de rapides progrès. Mais son frère Jean étant mort, il dut prendre l'épée. Il fit sa première campagne avec Jacques Daillon, baron du Lude, durant les années 1522 et 1523. On le compte au nombre des chevaliers français qui soutinrent pendant plus d'un an le siège de Fontarabie. Quand le maréchal de la Palice les eut délivrés, Guy Morin revint en France, et guerroya pendant quelque temps en Picardie et en Guyenne. En 15938, il partit avec les troupes conduites en Italie, par le comte de St.-Pol, au secours de Lautrec qui commandait, sous les murs de Naples, une armée désolée par la peste et par la famine. Mais St.-Pol, avant empè-
Ché la jonction du duc de Brunswich et des Napolitains, s'efforca vainement de joindre Lautrec. André Doria avait abandonné le parti de la France, et l'embouchure de la rivière de Gènes était gardée par des corsaires. Lautrec mourut au mois d'août de l’année 1528; et le corps d'armée de St.-Pol repassa les Alpes. Guy Morin revint alors habiter sa terre de Loudon, et, durant le silence des armes, il reprit ses études littéraires longtemps interrompues. Il traduisit un traité d'Erasme qui a pour objet les devoirs du chrétien aux approches de la mort, et dédia cette traduction à Jeanne d'Illiers, veuve du baron du Lude. Mais il ne demeura pas longtemps à Loudon, car il prit part à l'expédition de 1535 contre la Savoie, et fut tué dans une escarmouche, près de Turin, en 1536.
Sa traduction du traité d'Erasme parut pour la première fois à Lyon, suivant La Croix du Maine, mais nous ignorons à quelle date. En 1537, François Sagon, son ami, secrétaire de l'abbé de St.-Evroul et grand doyen du Mans , en donna une édition nouvelle, à Paris, chez Galiot Dupré, in-16, sous ce titre : Le Préparatif à la mort, livre très-utile et nécessaire à chascun chrestien. La Croix du Maine ne parle pas de cette édition, mais il en mentionne une autre de Denis Janot, Paris, 1541. Duverdier nous en signale une quatrième; Lyon, Juste, 154%, in-16. Dans la seconde, celle de 1537, se trouve un long poème de François Sagon, en l'honneur de son ami, sous ce titre: Le discours de la vie et mort accidentelle de noble homme Guy Morin, et l'épitaphe suivante, par le même :
Cy git Loudon, qu'on nomma Guy Morin Durant le cours de cette courte vie.
Devant Gruillac, ville près de Turin,
Dessus ung pont fut, par mortelle envie, Entour minuyct, son âme au ciel ravie.
Puys son corps mort cy-dessoubz on a mys
Au grand regret de tous ses vrays amys.
Qui nous confort fut qu’il mourut pour France, Et qu’au tombeau où guerre l'a submys D'honneur sur mort par gloire a jouyssance.
lcy fut mys après qu'il fut occis,
Le tiers jour d'aoust MDxxxvI (l).
Voici maintenant ce que nous apprend La Croix du Maine au sujet de Jacques Morin, son frère puiné. a Jacques Morin de Loudon, sieur dudict lieu et du Tronchet au Maine, conseiller du roy en son parlement de Paris, gentilhomme des plus curieux d'antiquitez et sur tout des généalogies et alliances des maisons nobles de France qu'autre de son temps, comme il a monstré par le livre des Alliances de sa très-illustre et très-ancienne maison, commençant dès l'an de salut 1180 jusques au règne du roy Henry Il, soubs lequel il florissoit. Ce livre n'est encores imprimé. Et diray encores que le sieur de Loudon, le. quel fut tué devant la Rochelle, l'an 1573, soubs le règne de Charles IX, étoit son fils aisné. Et par honneur je nommeray madame de Seronville, en Beaulse, sa fille aisnée , laquelle il a fait tellement instruire aux lettres grecques et latines qu'elle mérite d'estre nombrée entre celles qui honorent la France par leurs divins esprits. »
(1} Moréri, dernière édition.