‹ Histoire littéraire du Maine. Tome deuxièmeChapitre 35 sur 62 · GUILLAUME BOURDIN · texte numérisé non relu

GUILLAUME BOURDIN

Ï1 a d’un Dieu la façon À voir son tant doux visage ; Chanton nau, etc., etc.

Îl a d’un Dieu la façon

À voir son tant doux visage ; Aussi dedans sa maison

Les anges servent de page ; Chanton nau, etc., etc.

Aussi dedans sa maison

Les anges servent de page; Les Juifs sans rémission

Lui feront fort grand outrage ; Chanton nau, etc., etc...

Allons , filles de Sion, Courons voir son doux visage ; Portons luy un gras mouton Le plus gras du paturage ; Chanton nau , etc., etc.

Portons luy un gras mouton Le plus gras du paturage, Luy mettant à l'abandon

Tous les aigneaux de l’herbage ;

Chanton nau, etc., etc.

Luy mettant à l’abandon

Tous les aigneaux de l’herbage,

Et lors qu’à nous le verron, Prions le de bon courage; Chanton nau, etc., etc.

Et lors qu'à nous le verron, Prions le de bon courage Qu'il nous fasse à tous pardon,

392 JULIEN HOUDAYER.

Nous redonnant l'héritage.

Chanton nau, nau chanton Chanton nau en ce village.

Cette chansonnette gaillarde est l'œuvre d'un prêtre. Or, quand un prêtre s'exprime en ces termes, hors du sanctuaire, au sujet des choses saintes, ne compromet-il pas et son caractère et ses croyances ? Maître Guillaume Bourdin s’est, à notre jugement, rendu coupable de ce délit; délit d'outrage à l'égard d'un mystère, avec diverses circonstances aggravantes : versification lourde et gauche, incorrections grammaticales, jeux de mots pauvres d'esprit.

HOUDAYER (ruLIEx ).

JULIEN HOUDAYER , né à Noyen, fit ses études à Paris, fut reçu docteur en Sorbonne, puis élu recteur le 40 octobre 1595. Il fut dans la suite chanoine de la cathédrale du Mans et curé deSt.-Nicolas. Mais comme il avait la réputation d'être un des théologiens les plus habiles du diocèse, on le déchargea de l'office pastoral pour lui confier le gouvernement du séminaire : il mourut supérieur de cet établissement, le 28 novembre 1619, âgé de cinquante-sept ans. C'est ce que nous apprend son épitaphe, insérée dans la dernière édition du Dictionnaire de Moréri.

L'auteur de cette épitaphe nous donne à entendre par ces mots «post eradicatum hærcticæ pravitatis aconitum , » que J. Ioudayer eut quelques démélés avec

les docteurs calvinistes ; il ajoute qu’il s'occupa de recueillir de nombreux documents pour écrire l'histoire du Maine, mais que la mort l'interrompit dans ce travail : « antiqua patriæ monumenta improbo labore eruentem, et cineres huc et illuc dispersos immensis sumptibus colligentem, inauspicata fati manus ipso in opere obruit. » Les continuateurs de Moréri ont ignoré qu'étant curé de St. Nicolas, Julien Houdayer avait fait imprimer un opuscule dont voici le titre : Du debooir des curez ; Le Mans, Olivier, 1612, in-12.

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