CLAUDE DUGUE
Plus d’un concile a été tenu dans la ville de Cologne : outre celui de l’année 346 , dont les actes sont fabuleux et supposés, même au jugement des annalistes les plus crédules, on en compte environ treize autres. Nous ne savons ni dans lequel de ces conciles ont été rédigés les statuts commentés, ni quel est l'auteur de ce commentaire traduit par CI. Dugué. Si l’on nous permet d'émettre une hypothèse, nous dirons qu’il s'agit sans doute du concile assemblé par Herman de Meurs, en 1536, concile célèbre dont les canons ont été souvent imprimés à Cologne, à Paris et à Lyon. — Dévotes et chrestiennes institutions pour l'usage de la confrairie de la très heureuse Vierge Marie; Paris, G. Chaudière, 1579, in-16. La Croix du Maine ne dit pas si cet ouvrage est original ou traduit. Du Verdier le donne pour une traduction : mais de quel auteur? nous l’ignorons. Suivant La Croix du Maine, CI. Dugué avait achevé, en 1584, mais n'avait pas encore fait imprimer les traductions suivantes : — Brefve reigle du novice spirituel, du latin de Louis de Blois, ou Blosius; — L'Histoire tragique des hérétiques, du latin de Guill. Lindanus, qui occupait alors le siége épiscopal de Ruremonde, et dont les écrits avaient acquis déjà beaucoup de célébrité. La Croix du Maine attribue encore à CI. Dugué : Recueil de prophéties de plusieurs autheurs sur le gouvernement de l'Eglise ; — La Défense de l'ordre et honneur sacerdotal contre les hay-prestres et hay-messes. Il ne paraît pas que ces deux ouvrages, perdus aujourd'hui l'un et l'autre, aient été de simples traductions. CI. Dugué vivait encore en l'année 1584 ; il habitait Paris. Colomiès lui a donné place, sur le témoignage de La Croix du Maine,
410 GERVAIS GHARDON.
dans sa Gallia orientalis. M. Cauvin le compte parmi les bienfaiteurs de l'école d'Auvers-le-Hamon (1).
CHARDON (Gervais).
Fils d’un maréchal-ferrant de Froid-Fond, près de Château-Gontier, GERVAIS CHARDON fit ses premières études nous ne savons en quel lieu, mais vraisembla blement dans une de ces petites écoles ouvertes à la jeunesse plébéienne sur tous les points de chaque diocèse, par les clercs séculiers ou réguliers. Quand il voulut achever son éducation littéraire, c'est-à-dire suivre les cours d'un grand collége, il se vit contraint, pour subvenir à ses besoins et solder Îles frais d'étude, de remplir l'office de précepteur auprès de quelques jeunes gens de qualité. Un parla de son mérite à l'évêque d'Angers, Henri Arnaud : celui-ci l'appela dans son diocèse et le chargea d'enscigner la philosophie à Saint-Nicolas. Chardon se consacra tout catier, pendant quatre années, à cet enseignement. Ayant ensuite brigué la chaire de thévolosie, il l'obtint et l'occupa pendant dix-huit ans. C'est alors qu'il s'engagea dans les contestations qui eurent lieu au sujet de l'Augustinus de l'évêque d'Ypres, et que, dénoncé comme partisan des opinions nouvelles, comme fauteur de l'hérèsie jansénienne, il fut exilé à Riom, le 9 juillet 1676, malgré la protection de l'évèque d'An-
(1) Recherches sur les établissements de charité et d'instruction
publque, p. 131.
CHARLES BOUVARD. Ai
gcrs, qui était dans les mêmes sentiments que lui à l'égard de la bulle et du formulaire. I] vécut dans cet exil dix ans et quelques mois, et mourut le 21 décembre 1686, âgé de soixante-six ans. Les chanoines de Saint-Amable l’enterrèrent dans le caveau destiné à leur sépulture, avec les cérémonies qu'ils observent à l’inhumation de leur doyen.
Ï1 laissait un cours de Théologie écrit de sa main, en quatre volumes (1).