‹ Histoire littéraire du peuple anglais (volume 2)Chapitre 47 sur 239 · LA FIN PROCHAINE · texte numérisé non relu

LA FIN PROCHAINE

mains d'Angleterre restent, ou peu s'en faut, à l'état de tribus; le hameau est pour eux la patrie. Us savent mal s'unir contre l'étranger. Les subdivisions du pays sont mobiles et infinies ; des multitudes de roitelets ne nous sont connus que par leur nom trouvé au bas d'une charte ; il y a des rois des Angles du sud, des rois de la moitié du pays de Kent, des rois avec un peuple moindre qu'un maire de village d'aujourd'hui. On les tue; et, comme on a vu, la chose est de nulle importance.

Les Danois chassés reviennent ; à un moment, ils possèdent toute l'Angleterre qui se trouve soumise au même roi que la Scandinavie. Les périodes d'unification sont temporaires et dues à la puissance ou au génie d'un prince : Alfred , iEthelstan , Cnut le Danois ; mais le peuple de Grande-Bretagne garde ses tendances à se résoudre en menus royaumes, en « comtés » comme on dit au onzième siècle vers la fin de la période, en tribus dans la réalité comme lorsqu'il habitait la Germanie. Comment, de ce chaos, pourra-t-il sortir une nation? une nation pour enfanter Shakespeare, écraser l'Armada, coloniser l'Amérique? Il y faudrait un miracle. Ce miracle eut lieu : ce fut la bataille de Hastings.

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