‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 150 sur 290 · The Ffiirn. imprimé en lt'A · texte numérisé non relu

The Ffiirn. imprimé en lt'A

2. « Let there be a lirazen head sot iii the niiddle of tlie place behind the stage (c'est-à-dire, en arrière de la scène, dans la fente de l'arras du fond), oui of tbe which casl (lames of lire. Drums rumble witbin ». Alphonsus de Greene, 1~ éd., IS'JO, acte IV.

3. Inreiilnry of the goods of my Lonl Athnrrnllrs mm tnckrn the tO of Marche in the yeare /.<.W, d^m Henslom-'x Dinry, Appendice, p. 271.

comptés à part. Ainsi pour les Spencet's, de Porter, la dépense en « divers thinges », vêtements non compris, est de vingt livres, 1599. La pièce Carnowll Wollsey, car c'est ainsi qu'Henslowe écrit le mot cardinal, coûte, en costumes et en « divers thinges », la somme énorme de 39 livres, 7 shillings et 9 pence.

Parfois, d'ailleurs, le charpentier-machiniste figure dans les comptes; il reçoit treize shillings pour un échafaud dans la pièce de Berowne, et quatorze pence « pour des poulies et la main-d'œuvre servant à la pendaison d'Absalon ». Le rôle du peintre, donnant aux bâtis de charpente l'apparence convenable, n'est pas non plus une simple supposition vraisemblable, c'est une certitude : « Payé au peintre des accessoires iproperties), pour la pièce des Deux Frères, 20 shillings », 1602.

La foule, cette môme foule qui s'était, pendant des siècles, passionnée pour les Mystères, était peu exigeante, mais réclamait toutefois deux choses d'une manière absolue : comprendre, et voir un spectacle agréable ou saisissant. Elle ne demandait aux décors et aux meubles que d'être des emblèmes intelligibles; son imagination et le vers du poète faisaient le reste; l'arbre aux pommes d'or que possédait la troupe du lord Amiral, était tout ce qu'il fallait aux spectateurs du seizième siècle pour se figurer le jardin des Hespérides; le rocher de carton leur suffisait pour se représenter une falaise au bord de la mer, et ils voyaient en esprit l'immensité des flots, immobiles dans le calme du soir, ou battus des vents et engloutissant des navires; une fois qu'ils avaient compris, ils étaient satisfaits. Les poètes le savaient bien; Shakespeare était certain d'être entendu quand il disait à son public, dans le prologue à'Henri V : « Nous faisons appel à votre imagination... Multipliez par mille chaque homme que nous vous montrerons; quand

nous parlerons de chevaux, figurez-vous en voir... que vos pensées nous aident à réaliser, en une heure, les événements de plusieurs années' ».

Pour les questions de lieu, si importantes, on allait au plus pressé et au plus clair; sur le bâti figurant une tour ou une porte de ville, on peignait, en grosses lettres, le nom de la ville; ceux qui savaient lire interprétaient l'inscription à leurs voisins. Le procédé ne choquait personne , car il était d'usage courant et ancien; c'était celui des auteurs de Mystères, des tisseurs de tapisseries, des peintres de fresques, même des plus habiles, même des maîtres italiens. Benozzo (îozzoli à Pise, représente une Babylone de fantaisie et inscrit en grosses lettres sur la porte le mot « Babilonia ». Comment eùt-on protesté contre un usage si pratique, si efficace et si universellement admis? Des raffinés, comme Sidney, pouvaient bien blâmer, dans d'élégants traités, la simplicité d'un thcAtre où l'on voyait le mot « Thèbes écrit sur une vieille porte », quand, plus naïvement encore, l'acteur n'était pas réduit à déclarer, en entrant, -s'il se trouvait en Asie, en Afrique, ou dans quelque « sous -royaume » imaginaire-. Les lettrés de profession riaient à ces plaisanteries; le populaire les ignorait : or c'est lui qui remplissait le théâtre et à qui le dramaturge devait plaire.

1. Thomas Heywood, bien plus tard, faisait, de même, dire au Chœur de sa Faire Maid of tlie M'es/, 1631, jouée vers 1621 :

Our stage se lainely can express a sca, That wc arc Torced by Chorus to iliscourse >Vhat sliould havc been in action lActe IV).

2. « ... Thel>es wrilten in great lelters upon an oldedoore... You shal haTe Asia of tbe one side, and Aiïriciv on the olher, and so inany other underkingdoms, tlial the player, wUvn he rommeth in, must ever begin with telling wherc he is; orels, the taie wil net bc conceived ». Apologir /"'<>■ pm-irir éd. Shuckburgh, pp. 39 52.

Il fallait à la foule que le spectacle fût brillant : ce que le décor ne lui donnait pas lui était fourni par le costume des acteurs. Ces costumes étaient splendides, et c'est là encore une différence marquée avec le continent'. Splendide n'est pas trop dire : les dépenses les plus excessives en vraie dentelle, en vrai drap d'or, faites de nos jours, étaient égalées par celles des acteurs du temps d'Elisabeth. Dans les inventaires des compagnies et dans les comptes d'Henslowe, les riches costumes foisonnent, « ces vêtements coûteux, disait Spenser, qui conviennent à la scène tragique- ». Henslovve achète des yards et des yards de velours, de satin, de vrai drap d'or, de dentelle de soie et d'or, de drap d'argent ouvré de soie rouge. Son beau-fils, Facteur Ali eyn, acquiert « un manteau de velours noir, avec manches brodées d'or et d'argent et doublure de satin noir rayé d'or », pour vingt livres dix shillings et six pence : à cette époque un poulet coûtait trois pence. Lui-même achète des vêtements tout faits, les vend, les prête, reçoit des manteaux en gage, bref ajoute à tous ses autres métiers celui de fripier et brocanteur. Un galant qui avait gaspillé son bien vendait ses beaux habits aux acteurs 3, toujours prêts à acheter une riche défroque. Si pauvre que pût être un comédien, de brillants costumes lui étaient indispensables; Facteur Gabriel Spencer (que Jonson devait tuer en duel) emprunte dix shillings pour s'acheter un panache; l'acteur Borne, pris de court, engage à Henslowe son manteau, pour se faire broder

1. Chez nous, jusqu'au temps de Bellerose et de Mondory, « les costumes n'étaient guère remarquables que par leur pauvreté ». Riga!, Théâlre avant la période, classique, 1901, p. 230. Dans la brillante Venise, Coryat juge les costumes misérables en comparaison de Londres : « Neyther can tjieir aciers compare with us for appareil ». Cnidities, 1" éd., 1611.

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