‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 224 sur 290 · JUidsummer, V-l · texte numérisé non relu

JUidsummer, V-l

:i. Daniel, Irrs conservateur, partisan de la rime, et qui n'admirait que les drames scion la formule classique, finit par se convertir cl admettre le vers blanc dans les tragédies, bien qu'il eût rimé sa propre ClvopiHre : « I musl confesse mj adversary bath wroufîbt this mucb upon mee tbat I Ihinke a Tragédie wouldindeed beat com|)ort \vith a blancke verse and dispense withRyme. » Defcnce of Hymr (écrite en 16<.i2); Works, Orosart, t. IV, p. fi4.

C'esi ainsi qu'on trouve 1028 vers rimés de cinq accents, dans Peines d'Amour perdues, et 579 vers blancs seulement. Dans la Tempête, au contraire, on ne compte que deux vers rimés et dans le Conte d'Hiver (chœur, chansons aipageant mis à part), aucun i.

En même temps qu'il se défaisait de la rime, Shakespeare adoptait une autre réforme dont il ne fut pas non plus l'initiateur : le sens ne s'arrête plus à la fin du vers; les rejets ou enjambements sont constants; la cadence de la période n'a plus rien de régulièrement coupé; ce tic-tac d'horloge, si fortement reproché à nos tragédies, est évité ; le sens court d'un vers à l'autre, et la phrase se continue aussi rapide que les actes qu'elle retrace, ou aussi lente % 11 reste toujours une cadence qui vient du nombre des accents, mais c'est une cadence discrète qui ne détourne pas l'attention des pensées qu'elle embellit. A mesure que Shakespeare avança dans sa carrière, il trouva ce balancement trop marqué encore et il multiplia le nombre des vers au cours, mais surtout à la fin desquels il ajoutait une syllabe supplémentaire non accentuée : onze syllabes en tout 3. Quant au nombre des enjambements, il n'y en avait

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