Ncque, me ut niirctur turba, laboro
Contentus paucis lectoribus.
Épigraphe de son Alchemist, 1612, et de ses Workes, 1616, vers d'Horace modifiés.
fond il n'ait cure d'elle, bien au contraire ; mais il entend qu'elle vienne à lui spontanément ; et si ce n'est pas spontanément, il tâchera que ce soit par'l'ellet des menaces et non par l'attrait des compliments. Plutôt mille fois n'être pas vu, pas lu, que de se gagner un public au moyen de flatteries : « Toi, dit-il à son libraire, qui as le gain pour mobile et appelles sagement un livre bon ou mauvais, d'après la vente, traite le mien comme les autres, j'y consens. Tout ce que je désire est que tu le laisses à ton étalage, accessible à ceux qui pourront le demander, mais non pas exhibé comme s'il suppliait qu'on l'achetAt. Et ne va pas afficher mon titre sur des pieux, sur les murs, au bout de bAtons fendus* »... Mais, s'il a occasion d'exprimer publiquement son propre jugement sur ses propos écrits, il exalte ses mérites de cette même voix retentissante qui lui servait tout à l'heure à ridiculiser ses rivaux : « Pardieu ma pièce est bonne, et s'il vous convient de l'approuver, vous êtes fondés à le faire- ». Pendant qu'il caricature Mai'ston sous les traits de Crispinus, il se représente lui-même sous ceux d'Horace, ou encore ceux de Critès, lamant d'Arèthè '.
Il est exigeant et bourru; il gronde et menace; il est toujours persuadé qu'il a raison et qu'en défendant ses idées il accomplit un devoir et rend hommage à la Raison. Ses contemporains le frappent surtout par leurs défauts, leurs vices, leurs travers, leurs manies; son œil exagère le relief des verrues et la profondeur des rides; il voit l'humanité en laid, et il la montre telle qu'il la voit. C'est sous une lumière l)lafarde, accentuant les ombres, qu'elle parait dans les nombreuses comédies où il étudia, à partir