Ei'cvy »tan in his humour
Quant aux tableaux de mœurs, ils sont innombrables et non pas seulement dans les grandes comédies comme Volpone, Epicœne ou Y Alchimiste, mais dans les œuvres moindres, même celles du début, même celles des dernières années et de la décadence : scènes dans le monde hétéroclite qui se donnait rendez- vous dans les nefs de Saint- PauH, scènes à la taverne et au spectacle, scènes parmi les bourgeois modestes et parmi les bourgeois vaniteux, parmi les naïfs, affamés de nouvelles surprenantes et qui préparent un public aux journaux alors dans leur enfance ~; scènes parmi les fils de rustres qui courent après les leçons de politesse, veulent passer pour gentilshommes et se figurent que les belles manières peuvent s'apprendre par sérieuse étude et consciencieuse application, comme le latin; scènes parmi les acteurs, les critiques, les poètes, tous décrits d'après nature.
La Fête de Cynthia nous introduit dans les coulisses du monde de la Cour; la pièce pourrait s'appeler \ École du Courtisan. Hédon, l'homme à la mode, étale ses grâces, parle beaucoup de sa personne , si intéressante à ses yeux ; il ne saurait taire « combien de chemises il a mouillées à la paume, l'autre semaine. » Il invente des serments pour salons de précieuses : «J'ai imaginé ce matin, dans mon lit, un ou deux des plus jolis serments que tu aies jamais entendu ». Il fait valoir son invention, puis la révèle : il dira à une femme : « Par la blanche vallée qui sépare les collines alpestres de votre sein, je proteste »... serments élégants qu'il ne faut pas confondre avec les jurons de l'impudent Anaïdès, lequel se donne un autre genre de bel air : (( Ce qu'il vomit