Shall a pecvisli sound
A customary form, froin man to man
Of brolher and sisler, bc a bar
'Twixt my perpétuai happiness and me? (M.)
avaient de quoi se distraire, et ne pouvaient regretter d'être entrés ce soir là au Phénix et non aux cii*que.s de Bankside.
Môme chez ceux qui ne font pas du sombre leur spécialité, les drames lugubres abondent. Massinger déclare que son chef-d'œuvre, « l'enfant le plus parfait de sa Minerve », est son Acteur Boînain. La « hauteur et la gravité du sujet » ne pouvaient, dit-il, que déplaire à un public « ami seulement des spectacles bouffons ou licencieux ». Telle est l'influence des idées ambiantes : Massinger était sincère sans doute; mais le haut et grave sujet qu'il traite consiste dans les férocités et paillardises d'un chef d'Klat appelé par lui l'empereur Domitien, mais qui aurait pu aussi bien être un duc de Mantoue ou d'ailleurs, et aurait di\ intéresser les amateurs de « spectacles licencieux ». La maîtresse de l'empereur, non moins dévergondée que lui, ciierche îi imposer son amour à un acteur qui n'en peut mais, tout comme la duchesse d'Amalfi, à Antonio; la scène est d'une extrême indécence. Deux sénateurs sont mis à la torture sur le théâtre, et achevés «lans la coulisse. Les moyens favoris de Shakespeare sont réemployés sans scrupule. Massinger, qui écrivait pour la « troupe du Roi », l'ancienne troupe du grand poète, connaissait bien le contenu des coflFres à manuscrits du Globe et il le montre souvent..! l tâche .seulement de renforcer les procédés du maître et y réussit, h ce qu'il croit, par ce système, à la portée de tous : la multi-
1. The Homan .Ir^or, joué en 1626. Aucune bonne édition-, norA'.t, éd. Gifford, 4 vol., ISO-j-JS, ou Gifford et Cunningham, 1867; choix, dans la Mermaid Séries. Philippe Massinger, né en 1583, élt>ve d'Oxford, écrivit pour le théâtre après 1606, d'abord en collaboration avec Field, Daborne et surtout Fletcher. Il travailla principalement pour les a King's mon », l'ancienne compagnie de Shakespeare; n'étant qu'auteur, il vécut dans la misère. 11 mourut subitement en 1640. On s'attendrit parfois sur la mention : a a stranger », inscrite au registre de Saint-Sauveur de Southwark, à propos de son enterrement : elle signifie qu'il n'était pas de la paroiue.
plication. En écrivant V Acteur Romain, il se rappelait Hanilet, mais au lieu d'un spectre, il en met plusieurs; au lieu d'une pièce révélatrice représentée devant les coupables, il en l'ait jouer trois; c'est beaucoup.
Dans le Duc de Milan du même, nous retrouverons la scène entre les serviteurs préparant la scène entre les maîtres, des meurtres, déguisements et empoisonnements sans nombre, un Othello et une Desdéraone par trop bornés, un lago par trop gauche ^ De tels ressouvenirs ne sont pas rares à cette période : un nouveau frère Laurence, un nouveau Roméo, une nouvelle Juliette, avec soporifique donnant l'apparence de la mort, sont dansDekker; un autre frère Laurence est dans Ford ^ ; un autre Malvolio , dans Glapthorne ; le duc de Mesure pour Mesure reparait chez Marmion; les constables ridicules ne sauraient se compter.
Beaucoup de ces auteurs hésitent entre les deux écoles; ils se croient très audacieux à surenchérir sur leurs prédécesseurs et se figurent qu'une triple donnée leur vaudra plus de spectateurs qu'une double, et trois pièces intercalées dans la pièce, qu'une seule. Au lieu d'un fou ou deux, ou même de trois ou quatre, nombre que Shakespeare ne dépasse pas, et c'est déjà un joli nombre, ils en lâchent sur la scène des bandes entières, de pleines maisonnées : danses de fous chez Webster, scènes dans une maison de fous chez Middleton, chez Dekker, chez Fletcher''. Ils ne se doutent pas qu'ils eussent été bien plus audacieux encore et se fus-
1. Marcclia ne peut s'empêcher de reconnaître, à la fin, qu'elle a été vraiment plus maladroite que de raison : « Oh! I hâve fooled niyself — Into my grave ». Fooled n'est pas trop fort. The Duke of Milan, imprimé en 1623.
2. The honest Whore, de Dekker, impr. 1604; 'Tis piUj shee's a Wliore, de Ford. Un autre lago (très atténué) est dans : A cure for a Cuckold de Webster et Rowley.
3. Duchess of Malfy, de Webster; The Changeling, de Middleton et Rowley; Th''. honest Whore, de Dekker; The Pilgrim, de Fletcher.
sent assuré un renom plus durable s'ils avaient osé regarder moins loin, observer lour voisin et parler de ce (ju'ils connaissaient. Car, d'ordinaire, ils l'auraient pu s'ils avaient voulu; ni le talent, ni le don d'observation ne leur manquent : l'usage qu'ils en font gâte tout; ils passent constamment à côté de la comédie de mœurs et de la comédie de caractères, et noient des scènes excellentes qui les rattacheraient à l'école de l'observation dans un océan d'aventures prodigieuses.
Dans la Dame de la Cité, Un nouveau moyen de payer de vieilles dettes, r Amoureux transi de Massint;er, l'incident étoude l'étude des caractères, des dons remarquables sont gaspillés * ; il reste toutefois de vifs dialogues, quelques croquis d'après nature, et comme, avec toutes ses indécences grossières, nccossaires pensait-il pour sa réussite, Massinger était capable de comique élégant et raffiné, il a des scènes de marivaudage que n'eût pas désavouées Marivaux même. Longtemps avant notre comique, il met en scène, dans son Grand Duc de Florence, les « jeux de l'Amour et du Hasard 2». Mais, fâcheux man(|ue d'audace, il croit indispensa-
1. The City Madam, joué en 1632 (caractère de Luke d'une rérocité et d'une crédulité également hors nature; rôles usuels de Rawd, Courtesan, etc. Kn fait de surprises, voir, à la (in de la même pièce, la scène des faux Indiens, des portraits qui s'animent et des prétendues ap|)aritions}. — A new (oay to pay old Dehts, ]oué vers 1G25. remarqtiable caractère de sir Gile» Overreach, bien naïf toutefois d'envoyer sa lille, la nuit, en com|uignie d'Allworlli qu'elle aime, à un lord qu'il voudrait lui faire é|)ou8er; il a muni la demoiselle d'un billet, ainsi conçu, adressé au curé : a Marry her to this gentleman ». A la vue de celte espèce de chèque au porteur, le curé, qui n'en sait pas davantage, la marie à Ailworth. — T/ie bnsliful /.o rrr, joué en 1636; jolies scènes entre l'amoureux transi et la dame que sa timidité amuse.
2. The Créai Didr of Florence, repr<*S4«nlé en 16".!7 : Petronella, jouant le rôle de Lidia sa maîtresse, acte IV. Voir aussi, acte II, la jolie scène entre Fiorinda et Giovanni que le duc voudrait marier ensemble, et qui, tous deux, aiment ailleurs, et sans en risquer l'aveu, très gênés, mais fort bien élevés, échangent des propos polis à travers lesifuels chacun finit par suspecter le secret de l'autre.
ble de mêler à ces jolies choses l'éternelle aventure, les guerres entre Mantoue et Florence, avec bataille sur la scène, les incidents au fond des bois, où l'héroïne est sur le point d'être mise à mal (ô ciel!) par un méchant ambassadeur '^ Il craint son public; il ne se croit en sûreté qu'au pays du roman; dans les rues de Londres, il a peur. Après avoir tracé le remarquable portrait d'un sir Giles Ovérreach, non pas l'avare, mais l'avide, l'ambitieux d'argent, de terres, de rang dans le monde, qui donne pour servante à sa fille une lady ruinée et lui dit : « foule-la aux pieds », il revient avec empressement au style romantique, aux déguisements, quiproquos , viols , assassinats , surprises et , à tout le moins, à des croquis si appuyés que ce n'est plus une femme méchante ou orgueilleuse qui occupe la scène, c'est Orgueil ou Iniquité-. Encore un habile qui retourne en arrière et qui, avec tout son savoir faire, nous ramène aux antiques moralités.
Dekker, qui connaissait si bien la capitale, et dont les essais en prose contiennent tant de scènes de la plus parfaite vérité, dont la langue est déliée, qui a le don poétique, .s'arrange pour écrire, sur un sujet Londonien, une comédie qui serait moins invraisemblable, étant mieux à sa place, transportée au pays des fées et au temps où les rois épousaient des bergères'^. Day s'assigne, un jour, expressé-