Exemples : Liv. i, str. 34 et
2. Mortimeriados. The. lamentable civell warres of Edward the second and Ihe Barrons, Londres, 1596, 4". Les grammairiens, « grammaticasters », dit Drayton avec mauvaise humeur, s'élant moqués de ce litre au génitif, les éditions suivantes furent intitulées : T/ie Barrons wars. La première édition (réimprimée par Collier) était en strophes de sept vers ; les autres furent en strophes de huit : abababcc. « I chose Ariosto's stanza, of ail other the most complète and best proportioned ». Le genre sera continué au siècle suivant, avec plus de bonne volonté que de mérite, par Thomas May, l'historien du long Parlement et traducteur de Lucain. De lui, un Henry II (1633) et un Edouard III {163b) qu'il croyait être des « heroike poems » :
The thirdand greatest Edward's reigne we sing!...
cité; ou encore la reine elle-même, « en vêtement de nuit, ses beaux seins et leurs veines violettes » exposés aux regards.
Mais il pouvait, quand il voulait, chanter aussi les guerres. Il célébra la bataille d'Azincourt et rappela à ses compatriotes, en une ode fameuse, brève et retentissante, et dans un poème historique beaucoup plus long-, beaucoup moins célèbre, « rillustration qu ils gagnèrent le jour de la Saint-Crépin ' ».
Jaloux des historiens, les poètes rivalisent même avec les topographes; la gloire de Leland et de Camden les empêche de dormir. Churchyard décrit en vers et en prose le pays de Galles : châteaux, coutumes, ruines et légendes, « sûr d'enchanter des milliers », si sûr quil juge inutile de se mettre en frais de poésie ^ Drayton, guidé par le « génie de rUe » qu'il prend pour nuise, choisit un sujet plus vaste et dresse en vers la carte géographique et poétique de toute l'Angleterre, comté par comté, rivière par rivière, donnant la parole aux nymphes des eaux et des bois, évoquant les ombres illustres, les Bevis de Hampton, les Guy de Warwick, les fameux capitaines de la guerre de Cent ans, décrivant ici la tombe d'Arthur, là un sacrifice druidique : poème immense et forêt profonde, où ne s'aventurent plus que rarement de timides lecteurs, mais où pénètrent encore, pousses par la certitude des belles proies et des rencontres heureuses, ces intrépides chasseurs, les faiseurs
1. 1" To my fiHeud.s (fie Camher-Brilfnis niul theyr firirp; dans Poèmes lyi-ick and pasforall, 1606 (?), Ode .\II, qui est aussi une ballade, dit Drayton, comme ne dédaignèrent pas d'en écrire n Petrarch and our Chawc«r, and olher of Ihe uper house of Ihe Muscs ». 2° The Bnltaile of Agincourl, 1627, poème de deux à trois mille vers, en strophes de huit vers de dix s3fllabe8 : ababaltcc.
2. The worthines of Wales, Londres, 1587, 4°; quelques renseignements utiles, mais incroyable platitude de ses descriptions en vers.
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d'anthologies^. L'illustre Spenser lui-même, qui se rattache, comme on verra, à ce groupe d'écrivains, écrivit un de ces poèmes topographiques et en fit plus tard un épisode de sa Reine des Fées. Il avait pris à l'écrire, disait-il « beaucoup de peine » : aveu caractéristique, marquant le défaut de toute cette littérature, qui garde, en dépit du talent ou même du génie, quelque chose de contraint; la peine est visible ~.
Les gloires contemporaines inspirent les poètes comme les anciennes. Convaincus qu'ils vivent à une époque héroïque, remplie d'exploits extraordinaires, ils les célèbrent par des odes, des élégies et des drames. Ils applaudissent à ce débordement d'activité qui fait sillonner les mers du globe par les navires anglais; quelques-uns cèdent euxmêmes à lentraînement et sembarquent de leur personne, bien munis de pistolets et aussi de livres; emportant des dagues, de la poudre, de l'encre, du papier. Donne, Lodge, Whetstone naviguent ; ils savent que ce sera pour leur livre une grande recommandation auprès du public londonien, s'ils peuvent dire, comme Lodge, qu'ils l'ont écrit au milieu des tempêtes, et que le manuscrit est encore tout salé des
1. Poly-Olbion, or a chorographicall description of (rncls, rivers, mouniaines, forosls and otiier paris of t/iis renowned isle of Gréai Brilaine, vith intermixliire of (he mosl remarquable stories, antiquities, wonders, rariUjes, pleasures and commodities of l/ie saine, Londres [1612], fol.; 2° partie, 1622; commencé avant 1598; en vers de douze syllabes rimant deux à deux; trente chants en tout, dont les dix-huit premiers sont accompagnés de notes savantes par Selden. Dans sa préface, Drayton accable de son mépris les sots, pleins de « stupidity and dulness » qui préféreraient des « inventions étrangères aux raretés et à l'histoire de leur propre pays, décrites par une vraie muse nationale ». Il avoue, toutefois, plus tard, que la tâche lui a paru à lui-m(^me un peu rude, pour ne pas dire « herculéenne », et qu'il lui est arrivé de l'abandonner deux ans de suite.
2. Spenser à Harvey, Three proper and ivitlie familiar letlers, Londres, 1580. Cet essai poétique fut plus tard inséré au liv. IV, chant XI de la Reine des Fées.
embruns de l'Océan', Ils exaltent les courages par leurs vers et font honte de leur paresse aux gros bourgeois ventrus qui restent chez eux : « Escargots endormis, effrayés des longues routes ». Fi de ceux qui disent : « Oh ! le repos libre de soucis! Quatre deniers en poche, un habit sur le dos, une modeste demeure, un nid; foin de la gloire et de l'argent » ! Heureux sommes-nous de vivre en une époque de vaillance, où la conquête des richesses enflamme les esprits. Grâce à toi, Frobisher (on n'avait pas encore fait l'essai de ses pyrites), nous avons dépassé les ancêtres et « accompli des choses qu'ils avaient laissées à de plus jeunes têtes et aux hommes de la nouvelle génération*». A bord! à bord! crie un autre, « braves esprits héroïques, dignes du nom d'Anglais, que l'honneur guide; partez, triomphez; laissez les fainéants au cœur de biches paresser dans la honte à la maison. Bretons, c'est trop tarder; vite à bord! et que la brise joyeuse enfle vos voiles tendues... A la mer, l'àme radieuse, allez conquérir les perles et l'or^»! Car