Camden, Aunnles. — « Lectori
2. Iliefirst i>nrt ofthc l.ifr tniil rnignc of Kiny Uvnrie l/ie Ifll, Londres.
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parce qu'il traite des sujets moins anciens. Malgré sa préoccupation de Tite Live, il sait parfois deviner l'état d'âme de ses personnag-es, et le faire comprendre en quelques mots simples et saisissants. Il trace des portraits de gens qu'il a connus, si justes que l'un d'eux, celui d'Elisabeth à son avènement, est presque un chef-d'œuvre K II tombe en disgrâce aux yeux de la reine, inquiète des applications qui pourraient être faites du temps passé au temps présent - ; il est mis à la Tour avec menace de torture. Le devoir du citoyen primait celui de l'artiste aux yeux de l'autorité; elle préférait à tous autres les écrivains qui voyaient les choses en beau, et le Conseil privé avait rendu obligatoire, peu avant, dans toutes les écoles d'Angleterre, « de préférence aux poètes païens nuisibles aux mœurs », l'étude d'un poème historique, en latin, par Ocland, contenant un tableau de l'histoire d'Angleterre, tout en triomphes, et un portrait de la reine tout en éloges 3.
1599, 4"; The Life and raigne of King Edward Ihe Sixl, 1630, 4"; Annales of tlie first four years of Queen Elizabeih, éd. J. Bruce, Caviden Society, 1840, 4"; divers autres écrits politiques ou religieux.
1. Art de la reine « in coupling mildnesse withmajesty asshee did, and in the stately stouping (noter l'énergie pittoresque et la justesse du mot) to the meanest sort. Ail her iacultyes were in motione... lier spiritt seemed to be every-where... Sonrie shee pityed, some shee commended, some shee thanked, atothersshee pleasanlly and wittily jeasted, contemning noe person, neglecting noe office; and dislributing her smiles soe arlificially, that thereupon the people againe redoubled the testimonyes of their joyes ; and afterwardes, raising every Ihing to the highest straine, filled the eares of ail nien with immoderate extolling their Prince ». Annales, p. 6.
2. Ex : inquiétante hypothèse, mise en avant par Henri IV, d'une allégeance liant les sujets « rather to the state of the realme then the person of the prince ». Life of... Henrie II II, p. 73.
3. Anglorum prxlia, 1327-1558, carminé jierstricta. Item... de pacalissimo Angliae statu imperanle Elizabelha narralio, Londres, 1580, 4°, 2° éd., 1582; commence, malgré le titre, à Jules César. « The subject or matter of the said Book », dit le Conseil privé, a is such as is worlhie to be read of ail men, and especially in common schooles, where divers heathen poets are ordinarily read and laught, from the which the youlh of the realme dolh ra-
Ce n'est pas assez de conter, il faut chanter; ni de décrire en prose, il faut célébrer en vers : ne s'agit-il pas de la patrie? Et quelle histoire mieux faite pour fournir des sujets d'épopée et de tragédie; quelles montagnes, quelles grottes pourraient offrir un meilleur asile aux ombres des héros et aux fées? La trompette retentit et les pipeaux murmurent. Nous approchons tout près d'un point où divergeront les littératures de France et d'Angleterre : à Londres c'est, aux yeux des poètes, le premier des titres pour un héros que d'être un compatriote ; en France, on chantera, de moins en moins Francus; de plus en plus :
Ulysse, Agamemnon, Oreste, Idoménée, Hélène, Ménélas, Hector, Piiris, Énée.
Le poète sera taxé « d'ignorant » qui se risquera à prendre pour sujet, dans notre histoire nationale. Pépin d'Héristal ou son fils Childebrand ; « plaisante idée ! » s'écriera Boileau. En Angleterre, maintenant, c'est assez que le personnage, l'événement, le paysage soient anglais : ils sont donc nobles, grands, magnifiques, dignes de toute poésie.
Le moyen âge avait eu un goût singulier pour les complaintes, et ce goût a subsisté jusqu'à nos jours, par tous pays, chez le peuple. La chute des grands personnages, un moment au faite de la gloire, avait été un sujet favori de poèmes et de méditations. Boccace avait publié un recueil fameux de biographies tragiques; Chaucer, le bon sens fait poète, s'était un peu moqué de la monotonie du genre, qui avait toutefois survécu : une des œuvres les plus connues de l'intarissable Lydgate avait été son « adaptation » de la Chute des princes de Boccace; on l'avait imprimée dès l49i; au seizième siècle, on la réimprimait avec per-
ther reçoive inTeclioa in tnanners than aJvancetnent in virlue »(I582). Lelters ofemintnt iUeranj men ; C a inden Society, [>. 67.
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sistance et elle provoquait encore des imitations '-. Un trait toutefois va maintenant distinguer le présent du passé : dans le Miroir des Magistrats^, c'est bien, en un sens, le moyen âge qui se continue (surtout par ses défauts : monotonie, prolixité, platitude, manque de goiit) ; mais, ce qui est nouveau, il n'est plus question maintenant que de trépassés anglais. Lydgate, à la suite de Boccace, s'était intéressé aux gens de tous pays. Dans le Miroir ne figurent plus que des compatriotes. L'idée de ce plat et célèbre ouvrage remontait au règne précédent; sa réalisation était due à William Baldwin, honnête, pieux et médiocre écrivain : un imprimeur de ses amis préparait une nouvelle édition de Lydgate; au lieu de le réimprimer, mieux vaudrait le continuer, lui dit-on; et Baldwin se chargea de la chose, réunissant des lettrés dont chacun devait écrire une ou deux complaintes, toutes sur des sujets anglais : il ne serait traité ici que de « nos compatriotes et ancêtres ».
Un lugubre défilé commence ; chaque ombre évoquée se lève dans le cénacle présidé par Baldwin et, s'adressant à lui, par la bouche du poète chargé de la complainte, dit sa gloire et ses malheurs ^ : malheurs de Mortimer, Richard II,
1. Supra, 1. 1, p. 518; éditions en 1494, 1527, 1554, plusieurs autres éditions du même temps, sans dates.
2. Première édition (supprimée) : A viemorial of siiche Princes, as since Uie tyme of King Richard ihe seconde hâve been iinforlunate in Ihe Reaime of England » [1555] ; deuxième édition : A Myrroure for Magistrales, wherein may be seen... howe frayle and unstable ivordly irrosperitie is founde, Londres, 1559, 4°; édition moderne, par J. Haslewood, Londres, 1815, 3 vols. 4°.
3. Tout ce mécanisme, et comment le livre se rattache à Lydgate et Boccace est expliqué, dans sa préface, par Baldwin. Les collaborateurs, Ferrers, Phaer, Churciiyard, sir Thomas CUaloner, etc., se réunissent d'abord au nombre de sept : « They ail agreed that I sboulde usurpe Bochas rowme, and Ihe wretched princes complayne unto me : and tooke upon theniselves every man for his parte to be sundrye personages, and in theyr behalfes lo bewayle unto me Iheyr grevons chances, hevy destinies and wofull misfortunes ». Ils reprennent ( where Bochas left », mais s'occupant seulement « of our countreymen,
Jack Cade, Henri VI, Jeanne Shoreet bien d'autres, dont les aventures, ainsi rappelées et rendues populaires, allaient approvisionner de sujets tragiques les dramaturges d'Elisabeth, en particulier Shakespeare, ombres, cette fois, véritablement rendues à la vie, mais qui garderont, jusque sur la scène, une tendance à se lamenter longuement. C'est que le succès du Miroir avait établi pour le public le caractère déBnitif des personnages : à les peindre autrement, on ei\t risqué d'émousser l'intérêt pour des héros que les spectateurs n'eussent plus reconnu.
La popularité du livre fut immédiate, et d'autant plus remarquable que sa valeur littéraire était plus faible ^ A une première édition, supprimée on ne sait pourquoi en 1555, succéda une seconde en 1559. A partir de ce moment elles se multiplient; le public se les arrache, les obscurs fournisseurs de légendes versifiées atteignent sur-le-champ la notoriété, ce qui encourage de vrais poètes à prêter leur concours ou à imiter, à part eux, un genre si aimé du public. Sackville, lettré, diplomate, homme d'État, plus tard lord
your aunceslors». L'orobre de Robert Tresilian parle la première, par la bouche de Ferrers :
In Uic rufull register of inisrhier and niishap, Raldwin, \v'e bcscche Uice witli our names lo bcgin.
Apre» rbaque complainte, une conversation en prose. Quelques étrangers furent admis dans les éd. suivantes dont la dernière qui soit originale est de 1610. Entre la date de Lvdgate et celle du Miroir, divers essais poétiques isolés avaient continué le genre dont la popularité persista ainsi, inint<'rrompue, du moyen âge au dix-septième siècle : Complainte d'Kdouard II déplorant ses malheurs en vers plats, insérée dans la chronique de Fabyan —
Tlien Fortune, %vhlrhe sliarpe «as witli stormes net alite, Hath me assautrd wiUi lier fro>varde wyll...
Complainte du cardinal Beaton, par Lyndesay [The Iragicnl dentli nf David Benlo», ir>47) : comme dans le Miroir, l'ombre du mort parle. 1. Dès 1560, Jasper Ileywood écrit, dans la préface en vers de Thyette :
Tlien heare Ihou slialt a great reporte of Daldwyns wortliic namc Wliose Myrrour doth of Magistrales proclaynic cternall famé.
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Buckhurst, Grand trésorier, et comte de Dorset, donne, outre une complainte de Buckingham, un prologue en style moitié Renaissance et moitié moyen âge, qui convenait au poème, et qui est la plus belle partie de tout le recueil. Il se représente errant, par une nuit de l'arrière-automne, sur la terre glacée, parmi les arbres noirs'. Tristesse lui apparaît, le guide à travers des bois inconnus et, comme Virgile pour Dante, le conduit aux enfers. Il y voit Remords, Terreur, Vengeance, « Lourd-Sommeil, cousin de la mort », et tout auprès, Cyrus, Xerxès, César, Marins. Ainsi complété, le Miroir vit grandir encore son succès. A chaque nouvelle édition, de nouvelles histoires étaient ajoutées.
Des imitations du genre, complaintes ou légendes sur des sujets nationaux, sortaient périodiquement des presses, rimées par de vrais poètes, par Daniel, par Drayton, deux de ces esprits féconds dont le souple talent convenait à tous les genres, odes, drames, sonnets, épopées, élégies; très instruits, amoureux de leur art; le premier plus sage, pondéré et rapproché des modèles classiques, côtoyant parfois la prose-; le second plus lyrique, plus vif, ingénieux et spirituel, doué d'un entrain et d'une bonne humeur que les déboires et la misère ne purent jamais complètement
1. The wrathfut winter procliing on a pace, Witli blustring blasts had ail yliarde Ihe treen, And old Saturnus with liis frosty face,
Witli chilling cold liad pearst tlie tender greene : The mantels rent, wherein enwrapped bene The gladsome groaves tliat now lay overthrown, The tapets tome, and every tree down l)lown.
Fol. 103, éd. de 1571,
2. Samuel Daniel, fils et frère de maîtres de musique, né en 1562, élève d'Oxford, voyage en Italie, est précepteur de William Herbert, futur patron de Shakespeare; il laissa deux pièces selon la formule classique et jouit pour ses vers d'une très grande réputation qui baissa sous Jacques. 11 en parle avec une tristesse résignée; il se retira de la cour, puis de la ville et mourut en 1G19. « Agood honest man...but no poet », disait de lui (avec trop de sévérité) Jonson. Complète Works in verse and prose, éd. Grosarl, 1885, 5 vol.
éteindre ^ Daniel conte les malheurs de la belle Hosamonde en son merveilleux labyrinthe de Woodstock - ; Drayton prête la parole à Mathilde Fitzwaters, à Piers Gaveston, au « grand Cromwell», le grand Cromwell du seizième siècle^. Modifiant à peine le genre, il versifie une série de lettres imaginaires, amoureuses ou désolées, sortes d'essais de psychologie introspective, où l'on voit les personnages fameux de l'histoire d'Angleterre exposer leurs sentiments et, comme on a dit depuis, leur état d'âme : Rosamonde déjà nommée et Henri II; Mathilde déjà nommée et le roi Jean, Isabelle et Mortimer, Richard II et sa jeune femme, Jeanne Shore et Edouard IV, tous déjà nommés aussi; Surrey et
1. Michael Drayton, né en Ià63, « nobly bred » à ce qu'il assure, très (ier de son titre d'ext/iiire, très prolifique et remaniant sans cesse ses innombrables poèmes, traversant des périodes d'absolue misère (il reçoit du préteur Henslowe une avance de 40 s. pour une tragédie, ne pouvant attendre les n deux ou trois jours » qui lui étaient nécessaires pour la liniri, mais gardant jusqu'à sa mort, en 1631, son entrain et son talent. l'oems frnm Ihe earliest and rarest edilUms, éd. Collier, Rorburghe Club, 185C; Complète Works, éd. II. Cooper, 187G (inachevé); Sélections par Bullen, 1883; œuvres dans les collections de Poètes d'Andersen et de Chalmers; une édition a été entreprise par la Spenser .Society.
2. The complainl of Bosnmond. 1592; trois éd. la même année : voir lettre de W. G. Prideaux, Athenxum. 25 juillet l'J03. 11 s'agit de Rosamonde Clifford, maîtresse d'Henri 11, qui, selon la légende, aurait été empoisonnée par la reine Éléonore. Limitation du Miroir est i-vidcnli'-. <'i>st l'ombro do la morte qui |iarle :
Out froro tlie horror of ioreniall dccpcs,
Hy poorc aillictcd gliost cornes licrc to plain it. (Work», I, p. 3i.)
Au même genre ap|)artient encore : The rising to ihe crowne of Richard the Third, par Giles Fletcher [infra. pp. 317, 350.) publié avec Licia [1593].
3. Les Legends parurent séparément, à partir de 1593, date de son Peirs Gavcsion... his tife, death and fortune, lequel conte ses malheurs, comme dans le Miroir :
From glooniie sliaddowes of eternall night, Sliut up in darknosse endiesly to dwcil. 0! hère behold me...
La I.egend of the Greal Cromwel, 1607, convenait si bien au Miroir, qu'elle y Tut insérée, dans l'édition de 1610.
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Lady Géraldine, Marie veuve de Louis XII et Charles Brandon, duc de Suffollc (une des moins édifiantes), etc. : légendes nationales si populaires alors, que rien qu'à les traiter on était sur d'être lu, et rien qu'à les annoncer à la porte des théâtres on était certain de remplir son parterre. Pour Drayton, ses Épîtres héroïques eurent quatre éditions en cinq ans, échantillon d'un genre auquel se rattachèrent, dans la suite des temps, des poèmes comme la Fidelia de Wither^, la Lettre dHéloïse de Pope, les examens de conscience des personnages de Browning et même, malgré la prose et la différence du procédé, les hnaginary Conversations de Landor 2.
La trompette retentit. On a trop chanté les héros de Rome ^ ou la prise de Troie ; l'histoire d'Angleterre est une longue épopée; imitons Homère qui célébra sa patrie; la nôtre vaut bien la sienne. « Tantaria, tantara, la trompette retentit et nos cœurs bondissent de joie^ ». Les voix s'élèvent : « Je vais dire les choses du temps passé... celles sur-
1. Longue (t250 vers), mais touchante lamentation ou lettre d'une amante abandonnée; parue en 1615. Sur Wilher, infra IX, i. Même catégorie d'écrits : An Epistle of Hyppolitus (sic) unio Phscdra, par Brathwaite, dans : A Strappado for llie Divell, 1615.
2. Engkmds Heroicall Epistles, Londres, 1597, 8°. Préface où Drayton justifie son titre : « Angleterre », parce que ses personnages sont anglais; « héroïques », parce que, s'il ne s'occupe pas de demi-dieux, du moins il fait parler des gens qui, « par leur grandeur d'àme, se rapprochent des dieux ». C'est le sens que donne à ce mot Ovide, « dont je m'avoue jusqu'à un certain point l'imitateur ». Il avait pris, en effet, pour modèles les Herotdes d'Ovide et ses lettres imaginaires de Briseis à Achille, de Didon à Enée, etc. Du même encore, un récit tragique : Tlie miseries ofQtieerie Mnrgarile (femme d'Henri VI),
3. Dit (entre autres) sir Thomas Chaloner, un des auteurs du Miroir, dans un poème qu'il rédige en latin, sans remarquer la contradiction :
Laudabunt alii fœcundae pignora RomîB...
In laudem Henrici Oclavi. Du même, dans le même volume, De Repnblica Anglorum instauranda (autre poème latin), Londres, 1579, 8".
4. The complète poems and translations inpro.se of Humphrey Gifford, Gentleman, 1580, éd. Grosart, 1875; « For Souldiers ».
tout que vit notre sol... Quand Noé,dans son arche... » Comme Hakluyt, comme Foxe, comme tous les autres, afin de ne rien perdre, Warner commence son poème d'Albion par le commencement, et nous voici au déluge ^ Mais ayant à parcourir un chemin si long, il se perd en route, sarrôte à conter les aventures de Jupin, et il a déjà écrit deux livres que nous ne savons presque rien encore de Brutus, ancêtre des Bretons, et que le fabuleux roi Lud n'a pas encore fondé la ville qui, comme tout le monde sait, porte son nom : « Luds-towne », London. Warner s'aperçoit, un peu tard, quil a perdu beaucoup de temps, songe à son titre, veut le justifier, court la poste, enjambe les siècles et vient tomber tout essoufflé aux pieds du trône d'Elisabeth, à qui il récite, dune voix haletante, un compliment final.
Pourquoi remonter au déluge, pense Daniel, et quel besoin d'un tel recul? Toute l'histoire du pays est héroïque; les événements du siècle dernier fournissent au poète épique une aussi digne matière que ceux du temps de Noé : « Je chante les guerres civiles, les querelles tumultueuses et les factions sanglantes d'une puissante contrée » ; ces troubles sans lesquels « nous eussions possédé tout ce qui s'étend, de nos confins, aux Alpes, aux Pyrénées et au Rhin », la Guerre des deux Roses '. Mais comme il messiérait cependant de trop dédaigner les origines, Daniel, auteur de cette autre épopée, reprend à la venue des Normands de France,
1. Àlhions Englnnd, or historical mnp of Ihr snme island : prn.srcuted from llie lives, actes and labotirs of Saturne, Jupiter, Hercules aiid j£neas: originolles of the Bruton and Englishmen, and occasion of the Brutons their firsl arnjval in Albion, Londres, 1586, 4"; 2* partie. 1589, 6* éd. augmentée, 1602 ; meilleur épisode : l'Iiisloire semi-ct)ainp<^tre d'Argentile et Curan liv. III). Du même (m. 16(>9),un recueil de contes en prose: l'an /lis Syrinx, (1583, et des traductions de plusieurs pièces de Plaute; iiifra, p. 455.
2. Tlie first fowre bookrs of the civile wars helireeti the two liousen of Lancaster and Yorhe, 1595, 4"; « r^rrecled and conlinucd w, 1609 (strophes de huit vers de dix tjlltbes, abababcc.) Works, t. II.
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et enchâsse dans son récit ces mêmes histoires ou légendes que chérissait le public, avec discours, monologues et examens de conscience des personnages ; les Isabelle, les Richard II. Il tâche de se maintenir en équilibre entre la platitude et le mauvais goùt^, parfois réussit, parfois non.
« Je chante, dit un troisième, les factions sanguinaires et l'orgueil rebelle dune vaillante nation ». C'est Drayton qui retrace la « Guerre des Barons » sous Edouard II, ou plutôt, encore ici, les amours coupables de- Mortimer et de la reine Isabelle : cette même légende populaire, bien connue, mais agrandie cette fois jusqu'aux proportions de l'épopée. L'auteur assure qu'il a été séduit par la beauté tragique du sujet : « Car la guerre des Barons... en raison de sa durée, des torrents de sang qu'elle répandit et de la quantité d'horribles malheurs qu'elle causa, convient admirablement pour la trompette épique ou pour la tragédie- ». En réa^ lité, Drayton s'intéresse plus, dans son grand poème, aux amours qu'aux batailles; il voit en beau ceux qui s'aiment; il est indulgent à leurs fautes et même à leurs crimes; pour lui, la reine coupable est avant tout une femme aimante et belle. Son lyrisme s'éveille, moins quand il faut décrire les guerres, que le château merveilleux plein de tableaux et d'objets dart où les amants cachent leur féli-