‹ Histoire littéraire du peuple anglaisChapitre 82 sur 290 · Ex. deux églogues traduites par Webbe · texte numérisé non relu

Ex. deux églogues traduites par Webbe

Tityrus, | liappilie ilhou lyste | tumbling | under a I beech tree... (à la suite de son Discourse, 1586, éd. .\rber, p. 73); quatre chants de l'Enéide, par Stanyhurst, 1582, éd. Arber, 1895 (plus loin, p. 332); imitations par Sabie : Pans pipe... in English hexameter, 1595, etc. On connaît les essais du même genre tentés en France (voir e. g. Baïf, Elrenes de poésie fransoêze, 1574), et en Italie, où les plus anciens remontent au milieu du XV" siècle. Sur ces efforts, tentés dans tous les pays lettrés pour restaurer les

sortir la peine qu'il avait eue à se bien rappeler, au cours de son œuvre, que telle ou telle syllabe anglaise avait été comptée par lui comme longue ou comme brùve, afin de n'en pas démordre et de n'en pas faire par distraction plus tard une brève ou une longue'. Harvey, que le moderne inventeur du mot sur-homme eût sans doute baptisé le sitrpédanty ne connaît pas le doute, sait tout, peut tout, et tranche de haut. D'après lui, il n'y a pas tant de difficultés qu'on croit; il suffit de prendre, une bonne fois, son parti — je te baptise longue — les gens d'ensuite seront bien obligés de suivre, « comme firent les Grecs pour Homère », lequel apparemment, selon les idées de notre savant, s'assit quelque jour sur une pierre et décréta la quantité des mots grecs '. Harvey appelle « vers artificiel » celui qu'il veut faire prévaloir. 11 a bien raison; mais c'est aussi la condamnation du système.

On ne s'en aperçut pas dans le bruit de la bataille, et l'ardeur était telle que, sans respect pour les Muses penchées sur la fontaine de Castalio, les combattants s'adressaient des insultes et des gros mots retentissants : barbarie! grossièreté porcine! « Aller rimer avec les Goths plutôt

mètres antiques, voir Spingarn, Histonj of Lilerary crilicism in the RrnaiS' sance, New-York, 1899, pp. 221 et s.

1. « The incaner clarcks wyl suppose niy trarail in lliecse lieroical verses too carrye no ^real difflcultie, in thaï il lay in iny choisp too make what Word I would short or long... » Ce n'est cependant pas si facile; s'il a fait par ex. season long à un endroit, il aura peul-élre grand besoin et envie de le faire bref à un autre, mais il est obligé de se rappeler le précédent : « I am now tyed too use yl as long ». Stanyhurst, Tranxlntion of... the jBneix, 1582; éd. Arber, 1895, p. 8.

2. « To say Irolh, \ve bcginners hâve the start and advanlage of our followers, who are to fraine and conforme both Iheir esainpies and precepts, according to that presideul whirh Ihey hâve of us : as no doubl Homer or somc olher in Oreeke, and Ennius or I know not who eUe in Latine, did préjudice and overrule those Ihat followed thein, as well for the quanlilies of syllables as number of feele and Ihe like «. 'J'firer proper... leUers, 1580; Hasiewood, Ancieul critical Essays, 1811, II, p. 205.

que de faire de vrais vers avec les Grecs, ce serait manger des glands avec les porcs plutôt que du pain avec les hom-

mes

La rime eut heureusement pour elle d'éloquents défenseurs dans Gascoigne-, Puttenham, Daniel, Chapman, non moins énergiques en leurs revendications : « Douce Poésie ne se veut pas vêtir, en sa gloire, de ces costumes étrangers : l'hexamètre romain; elle est anglaise et veut s'habiller à l'anglaise; il lui faut le vers héroïque anglais, habilement drapé, et non ces guirlandes classiques qui la déguisent au lieu de l'orner ^ ». La rime est défendue aussi par l'argument théologique du consentement universel, et le témoignage des explorateurs qui pullulent maintenant sur le pavé de Londres est invoqué pour prouver que les Péruviens et les cannibales riment leurs vers : donc on a rimé partout et de tout temps, et la rime est plus ancienne que « le vers artificiel des Grecs et des Latins ^ ». C'est aussi l'opinion de Daniel, auteur du plus sage et du mieux écrit de

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