XIV NOTICE
Le commentateur ajoute : En divisant verbo, vous avez VER vex, brebis, mouton, et BOs, bœuf.
On trouve dans la vingtième macaronnée un épisode qui témoigne d'un esprit assez peu révérencieux à l'égard de la religion. Le poëte, après avoir conduit ses personnages dans l'enfer, les soumet à faire une confession ridicule à Merlin, qui se désigne lui-même ainsi :
Nomine Merlinus dicor, de sanguine Mantus, Est mihi cognomen Coccajus maccaronensis.
Et il leur donne tour à tour l'absolution, non sans rire.
Dans la vingt et unième macaronnée, Baldus rencontre Pasquin et l'interroge. Pasquin répond que, dans l'espoir de faire fortune, fl avait établi à l'entrée du paradis une hôtellerie destinée à recevoir les pieuses personnes qui y seraient appelées. « Dr, vous saurez, dit la vieille traduction française, que nous avons tenu nostre hostèlerie par l'espace de quarante ans devant la porte du paradis, avec fort peu degaing, car les portes estoient toujours cadenacées et tourillées et toutes moisies, pour n'estre souvent remuées ; les aragnés y avoient tendu leurs toiles. Si toutes fjis aucun y venoit, c'estoit quelque boiteux, quelque bossu, quelque borgne ou bicle. J'y ai vu fort rarement des papes, des roys, des ducs, aussi peu de seigneurs, de marquis^ de barons, de ceux qui portent chappeaux houppez, des mitres et des chappes cardinalesques. Si d'adventure j'y voyois arriver quelque procureur, quelque juge, quelque avocat ou notaire, ne pouvant penser que ce fussent de tels gens, soudain je m'escriois : ô le grand miracle ! »
Le huitième chant renferme une description des vices des moines retracés avec une hardiesse frappante. Le poëte exprime la crainte de faire un tableau de leurs mœurs de porc, et de nuire ainsi aux bons religieux, ce qui ne l'empêche pas de les montrer comme éhontés, lascifs, fainéants, sans entendement, n'ayant toujours l'esprit tendu qu'au métier de ruffmerie et de gueuserie.
L'épisode du couteau de saint Brancat, qui ressuscite les gens auxquels il a servi pour couper la gorge, est une satire des fausses reliques, si communes en Italie à cette époque.
En parcourant les enfers, Balde nt ses amis arrivent dans un lieu où voltigent les fantaisies, les vaines opinions des hommes les fausses sciences de Paul et de Pierre, les rêveries de Thomas et d'Albert, sources permanentes de population pour les régions infernales . C'est un trait qui ne se borne pas à frapper les études scolastiques 'ïilors si florissantes; Folengo était d'ailleurs fort peu fondé à ne voir que des rêveries dans les écrits d'Albert le Grand et de saint Thomas ; l'Académie des sciences morales et politiques, qui vient de faire de l'appréciation de la philosophie de ce dernier l'objet d'un concours brillant, a jugé cette question