SUR THEOPHILE FOLENGO. XXXVH
pressions, l'une de BruxeUes, 1748, trop peu correcte ; l'autre de Lyon, 4760. Ce poëme contient en tout deux mille trois cent quatre-vingt-seize vers, alternativement hexamètres et pentamètres. Une verve spirituelle l'anime et le fait lire avec plaisir.
Jean Germain, jurisconsulte provençal qui marchait sur les traces d'Arena, écrivit une relation de l'invasion de la Provence par Charles-Quint : cette Hîstoria brevissfma Caroli Quinti Imperatoriis à provincialibus paysanis triomphanter fugati et desbifati a été imprimée probablement en 1538 et avec la date erronée de 1536, sans indication de lieu (à Lyon). C'est un livret de 18 feuillets, devenu extrêmement rare; on l'avait plusieurs fois confondu avec l'ouvrage d'Arena, mais l'académicien Charles Nodier, ayant eu l'avantage de s'en procurer un exemplaire, constata la différence et signala dans le Bulletin du bibliophile de M. Techener (2me série, 1835, p. 323) le livret de Germain*.
Un des bons poètes français du seizième siècle, Remy Belleau, s'est essayé dans la poésie macaronique. Il a laissé un écrit dont les troubles qui désolaient alors la France lui ont fourni le sujet, le Dictamen wetrifîcum de bello hugonotico, et Reistrorum pigliamine ad soda les.
Cet opuscule a été réimprimé à la suite de quelques éditions de VEcoIe de Salerne en vers burlesques, Paris. 1649 et 1664, Leyde, 1651, ainsi que dans l'Arena de 1670. Genthe, pages 3C3- 308, l'a également donné en entier. C'est ce que nous nous garderons bien de faire, mais notre revue des productions macaroniques serait incomplète si nous ne faisions, par une courte citation, connaître cette œuvre qui raconte gaiement des choses très-peu risibles.
Tempus erat quo Mars rubicundam sanguine spadain Ficcarat crocco, perniutaratque botilla, Ronflabatque super larduin, vacuando barillos, Gaudebatque suum ad solem distendere ventrem,
1 En 1844, à la vente de la bibliothèque Nodier, VHistoria brevissima fut adjugée au prix de quatre-vingt-onze francs. Il ne paraît pas qu'on en connaisse d'autre exemplaire. Celui-ci s'est montré derechef à la vente de M. IJorluut, faite à Gand en I8r>8, où il s'est élevé à deux cents francs. Ni M. Genthe, ni M. Delepierre n'ont pu en présenter quel(|ues citations, ce précieux opuscule n'ayant jamais passé sous leurs yeux. Nodier le caractérise avec raison comme étant, ainsi que le poëme d'Arena, des mouumenls précieux de l'histoire nationale ; ils contiennent une foule de renseignements particuliers qu'on ne trouverait pas ailleurs, et une bonne édition criti(iue de l'un et de l'autre ouvrage serait une œuvre utile et digne du meilleur accueil. Germain était avocat, Arena était juge. « Les jurisconsultes de ce temps-1.1, observe malignement Nodier, étaient plus facétieux que les nrttres. Ceux-ci ont renoncé h la langue macaronique; ils ne s'en servent que lorqu'ils veulent faire du latin. »