XXXVI NOTICE
Tu es mihi tam bella et bona braj?arclissinia garsa
Quod vellcni in camera te rigolare mea. Semper ero felix, joyosus, friscus, alej^rus.
Si possim gambas gratigolare tuas.
Inipegolata meo cordi tu es, chara gogcta,
Spcs mea, blanditiaî deliciaîque meu; ; Ipse licet videam bragardas mille puellas.
Per Christum Dominum 1 tu milii sola places. Grandem pcrdoncm gagnabis de paradiso
Si tu me facias corpus habere tuum, Si de secreto vis plus parlemus, arnica,
Nil mihil rescribas, attamcn ipsa veni.
L'édition originale de l'ouvrage dont nous rendons compte parut à Lyon vers 1527, sous le titre suivant: « Anlhonius Arena de Bragardissima villa de Soleris, ad suos compagnones studiantes qui sunt de persona Triantes, bassas dansas in gallanti stilo bisognatas... et epistola ad falotissimam garsam pro passando lo tempus alagramen turn mandat. » On connaît une douzaine de réimpressions faites au seizième siècle et au commencement du dix-septième. La plus complète a vu le jour en 1670, In Stampatura stampatorum. Celle de 1758, potit in-12, est soignée*.
D'autres ouvrages macaroniques d'Arena sont d'un genre plus sérieux ; ils offrent les récits de la guerre de Rome, de celle de Naples, de celle de Gênes, et surtout de l'invasion que Charles- Quint fit en Provence l'an 1536. Ce dernier poème contient des détails qui appartiennent à l'histoire du pays. L'auteur le date du milieu des bois, et dit en prose macaronique : Scribatum estando cum galhardis paysanis por buscos, montaubas, etc. Reproduisant une assertion fort hasardée, l'auteur avance que le Dauphin, fils aîné de François 1er, fut empoisonné, et, au début de son œuvre, s'adressant à ce monarque, il s'écrie :
Pro vobis tantum non vos natura creavit, Reges pro populo Christus in orbe facit
La Meygra entrepriza catolîqui imperatoris fut imprimée, pour la première fois, à Avignon, en 1537 2. n en existe deux réini-
^ M. Delepierre, dans sou Macarcnéana, p. 310, transcrit un morceau en prose et un en vers d'Arena.
David Clément, dans sa Bibliothèque curieuse, t. II, M. Du Roure, dans sou Analecta biblion, t. I, p. 311, ont longuement parlé de cet auteur.
2 Cette édition est très-rare ; de beaux exemplaires ont été payés cent soixante francs, vente Nodier, en 1844, et deux cent quatre-vingt-dix-neuf francs, vente Renouard, en 1854. Ajoutons qu'une pièce de quarante-quatre vers macaroniques, composée par Arena, a été découverte récemment dans un livre de droit : Articles de le slit et initructions nouvellement faits par la souveraine court du Parlement de Provence, Lyon, 1542, in-4". (Voir le Bulletin du Bibliophile, 1843, p. 30 et 33.)