‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototyoe de RabelaisChapitre 50 sur 228 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Phebus avoit jà lasché hors de l'escurie de l'Océan ses chevaux, et, tenant en main les resnes, les faisoitr monter vers le Ciel: les habitans de la ville commencent lors à se lever, n'estans encore bien délivrez du vin du soir. La plus part à leur lever baaillent, estant leur estomach chargé de la crapule. Toutefois peu à peu chacun selon lacoustumese range à son affaire. La cloche appelle les Escholiers à l'étude : le Courtisan, monté sur sa hacquenéc, va au Palais du Roy: l'Advocat court à l'Auditoire: le Médecin, trottant par la ville, va contempler les urines » : le Notaire prend

* A fépoque où Folengo écrivait sa burlesque épopée, l'examen des mines jouait un grand rôle dans la science médicale; do noml)reux et longs traités étaient composés à cet égard. Leurs litres

la plume pour escrire choses Màccaronesques : les Boulangiers se rangent àleur four : les Mareschaux à leurs forges : le Barbier commence à esguiser ses rasoirs. Mais le Roy avec sa Court s'achemine vers l'Eglise, et fait ses prières envers les saincts et sainctes pour soy, et pour les siens, pendant qu'en peu d'heure la Messe se dit. Icelle achevée, et s'en retournant au Palais, on luy vint dire et annoncer celte triste nouvelle, et de laquelle il n'avoit eu aucun soupçon premièrement, et par dessus laquelle il n'eut sceu recevoir un plus grand ennuy, en l'asseurant que Guy avoit emmené sa douce fille. Sur quoy sa face soudain se tourna en semblance de marbre blanc, et demeura enplace comme une souche, si grande fut la force de son estonnement. Quand toutefois il eut reprins son entendement, il jugea bien que tel acte estoit lasche et vilain, commis sans aucune occasion par un sien vassal plein d'ingratitude. Et, pensant à une si énorme faute, l'ire etlacholere s'amassent en luy, et la douleur qui luy pressoit le cœur ne faut à lui donner la volonté de se venger. Incontinent donc il fait mettre aux champs huict bandes d'hommes armez, pour par diverses voyes s'aller mettre aux passages, et aux frontières, et visiter les ports. Puis, par toutes les Villes, Ghasteaux, Bourgs, Bourgades, et par toute la France, faict publier des Edits rigoureux, dont un chacun s'eslone, et mesmes les amis de Guy, ausquels n'eust pas fallu beaucoup d'estoupes

rempliraient ici un ou deux feuillets qu'on se dispenserait de lire.

Bornons-nous à mentionner le traité grec de Théophile, de Urinis, dont il existe diverses éditions ; les vers latins de Gilles de Gorbeil, Carmina de urinarum judiciis, publiés pour la première fois en 1483, souvent réimprimés avec commentaires, et qu'un savant docteur allemand a fait reparaître à Leipzig, en 1826, avec préface et notes nouvelles.

M. Daremberg, dans ses Notices et Extraits des manuscrits médicaux, 1843, signale comme inédits les ouvrages de Magnus, de Tzetzes et de divers autres écrivains sur le même sujet.

Ajoutons que le Fasciculus medicinse, de Jean de Ketham, plusieurs fois réimprimé à la fin du quinzième siècle, renferme un traité intitulé i/iic//c;a urinarum, et parmi les gravures en bois qui décorent ce volume et qui sont dignes d'attention, comme étant les premières qui aient représenté des sujets d'anatomie, on en trouve d'abord une qui montre une foule de verres remplis d'urine.

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