‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototyoe de RabelaisChapitre 99 sur 228 · ZAM · texte numérisé non relu

ZAM

A non farô ilegott, uegott, Ciie i canta i sinagoga 0 clic'l Diavol vc affola.

8EGUITA LA SINAGOGA.

Otli zorochoU, otb zorocliott, Astacli, mustach, locliut, zorochott, Calamala Balochott.

120 HISTOIRE MACCAHOMOUE.

miserable Chiariiie. 11 y a un lieu à deuK mille pas do Cipade, lequel, selon que recite l'histoire, est nommé Motelle, qui est un petit \illage pour le peu de maisons qui y sont ; mais a un beau et grand terroir. Là y a une vieille Eglise, ayant ses murailles à demy rompues, en laquelle font le service quelque sorte de moines, et est par eux gouvernée comme est une taverne par des Brodes et AUemans. Soubs quelle règle ils vivoient, je n'en suis certain : mais, ainsi, qu'on pouvoit appercevoir avec de la lumière, on trouvoit qu'un nommé frère Stopin, qui pour lors sembloit estre la splendeur de l'Eglise , avoit reformé le couvent, et rempli de bons frères Frappars, desquels si je voulois descrire les meurs porcins, je eraindrois apporter un trop grand scandale aux bons Religieux, ausquels pour la mauvaise vie des autres pourroit advenir faute de pain et de vin, et de leur pitance ordinaire, ne recevans plus rien des gens laicz. Iceluy enseigna à ses moines les préceptes de bien cuisiner et les passa docteurs en l'art de larderie. Or deux frères Stopins, de ceux qui demeuroient en ce convent, puans tousjours le lard, nesçay pour quel sujet, s'estoient mis lors aux champs, trottans du pied sans aucune mesure, ayans la teste levée en regardans tout autour, et es environs d'où ils pas^oient, donnant un très-mauvais exemple aux simples gens, estans eshontez, lascifs, faitneans, sans entendement, n'ayans tous-^ jours l'esprit tendu qu'au mestier de ruflionnerie et gueuserie.

F^endant qu'ils alloient visiter les commères, ils advisent de fort loing Zambelle venir au devant d'eux, lequel touchoit l'infortunée Chiarine. Le premier de ces deux frères, non pas en l'Ordre, mais qui estoit plus s(,'avant que son compagnon en la science de cuisine, soudain se propose de mettre à effet une brave entreprinse, et dit à son compagnon : «Frère Baldrach, arreste-toy un peu : je veux gaigner ceste vache qu'ameine vers nous ce paysan. » Baldrach respond : « Ainsi soit-il : je suis prest, frère Roch, à faire ce que tu voudras, Si nostre marmite peut engloutir ceste vache, les ferles, précédentes nostre mardi gras, en seront meilleures, et plus grasses. » Promptement frère Roch met le froc bas, et, estant en pourpoint, sembloit un brave soldat. Si vous le considériez ayant despouillé ses habits monachaux, vous le jugeriez plustost digne de porter la rondache, ou l'espieu Boulonnois, que non pas de porter une croix, ou dire la

Page 1