XXVIII NOTICE
(Eisleben, 63 pages in-8). Au bas des pages, chaque mot.macaronique est accompagné d'une double explication en italien et en allemand. Cinq pages de notes à la fin de l'ouvrage fournissent quelques renseignements intéressants.
M. Brunet signale une traduction en vers italiens de la Moscheide, par F. Anlolini. Milan, 1807. Il en e.xiste aussi une imitation en vers siciliens, par Carlo Basili, Palerme, 1663, in-12. On en connaît également de vieilles versions allemandes mises au jour en 1580, en 1600 et en 1612 »
Folengo voulut s'exercer dans le genre pastoral, fort en vogue alors; mais, l'envisageant sous un point de vue peu poétique, et qu'on appellerait aujourd'hui réaliste, il écrivit la Zanitonella quse de amorc TonelH erga Zaninam tractât; qux constat ex tredecim sonolcgiis , septem ccc logis et un a strawbottolegia M. Du Roure a analysé en détail ce poëme burlesque ; il le représente comme d'une nature peu choisie sans doute, mais original par l'intérêt suivi qu'il présente, et, quant à la vérité, il est bien préférable, dans sa rusticité grotesque, aux idylles musquées, poudrées et pommadées de Fontenellc, et même aux bergères mélancoliques et penseuses de Racan, comme aux églogues élégantes de J. B. Rousseau et de Gessner.
Parmi beaucoup de grossièretés et d'expressions du plus mauvais ton, Folengo sait placer parfois de la grâce et du sentiment. Il y a de la délicatesse et quelque charme dans le sonnet oùToncellus raconte comment il est devenu amoureux,
Tcmpus erat, flores cum Primavera galantes Spantegat, et freddas scolat ApoUo brinas, Sancta facit saltare foras Agnesa lusertas, Capraque cum cupro, cum cane cagna coit. Stalladizza uovas Armenta Blolcus ad herbas Menât, et ad Torum calda vedella fugit. Boschicolae frifola Rosignolae gorga pcr umbras RogQonesque ; magis scaldat alliora Venus. Ante meos oculos quando desgratia duxit Te, dum pascebam, cara Zanina, capras.
i II n'est pas douteux que Folengo n'ait conçu l'idée de la Mcschea en lisant la Balrachyomarhie, attribuée à Homère ; un assez grand nombre de compositions tracées sous l'influence d'une pareille inspiration existent dans diverses langues ; les bibliographes connaissent l'extrême rareté de l'édition originale, faite vers 1494, de la Galeomyomachia d'Aristobule Apostolius. La victoire reste aux sourisdans ce petit drame; une poutre tombe et écrase leur antagoniste.
Grazzini, dit le Lasca, qui florissait peu de temps après Folengo, chanta de même des guerres burlesques dans deux petits poèmes : la Nanea ethGueira di Mo.Hiri (Voir Giuguéné, Histoire littéraire dllalie, t. V, p. fi60 et suiv.). Lope de Vega a composé une Gatomaquia, qui a été plusieurs fois réimprimée.