‹ Histoire maccaronique de Merlin Coccaie, prototype de RabelaisChapitre 23 sur 238 · SUR THEOPHILE FOLENGO. XXVII · texte numérisé non relu

SUR THEOPHILE FOLENGO. XXVII

Un autre petit poëme de Folengo est plus connu, parce qu'il a été joint aux diverses éditions de son Merlin Coccaie : c'est la Moschea ou ï horrible hulaille advenue entre les mouches et les fourmis. Partagée en trois livres, cette production a été traduite en français et insérée dans les éditions de 1606 et de 1732, que nous avons déjà mentionnées. On a tout lieu de voir dans le récit de cette guerre burlesque une allusion aux discordes des petits souverains de l'Italie, bien mesquines dans leurs causes, fort désastreuses dans leurs effets. Présentons ici une analyse succincte de cette épopée, qui a du moins le mérite d'être courte.

Sanguiléon, roi du pays de Mousquée, apprend que les fourmis retiennent prisonnier le plus brave de ses généraux, Ranifuga. 11 s'émeut et se met en campagne, assisté du roi des papillons, du prince des moucherons, du roi des taons, etc. Les armées se ras- -semblent avec grand fracas. Des harangues sont prononcées pour animer les troupes qui s'embarquent, afin d'attaquer le pays des fourmis. Le roi Machegrain s'est préparé à repousser l'invasion; il a fait alliance avec les poux, les punaises, les araignées et les puces ; il s'est assuré de l'appui des blaireaux el des chiens. Après avoir été assaillie par une tempête affreuse, la flotte ennemie arrive ; un débarquement s'opère, le siège est mis devant la capitale de la contrée des puces, l'armée des fourmis avance pour la dégager, il s'ensuit une bataille des plus acharnées ; de part et d'autre on se signale par d'admirables exploits. Les mouches sont enfin vaincues et écrasées ; l'escarbot Siccaroboneas reste le dernier sur le champ de bataille; il combat en héros et périt accablé sous le nombre de ses adversaires, mais non sans leur faire chèrement payer leur triomphe.

Voici en quels termes Folengo embouche la trompette pour chanter cette guerre affreuse :

Grandia Musearuin formicaruinque caiiamus Praelia crudcics Marte stigante briga-.

Scurus Apollo sues abscondit Albora cavallos, Non potuit tautuiii namque patire malum ; OniDis per circura Tellus sbatutta treniavit, Parva super eœlos ne cagarola fuit.

Podium mancavit quam mortus ad axe loniaiet Juppitcr licrculeum valdc gridabat opem.

Pro bombardarum scappavit Luna rebombo.

Excusaniquc Jovi fccit abire foras, iEquora tune etiani sbigotentia signa dederunt .\tque spaventosas summa tulere faces.

Ce petit poëme, œuvre de la jeunesse de Folengo, est peutêtre, sous le rapport du mérite du style, supérieur au Merlin Coccaie.

Genthe a donné en 1846 une édition spéciale de la Moschea

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