‹ Histoire maritime de France (volume 2)Chapitre 2 sur 27 · M \ K I I I VI · texte numérisé non relu

M \ K I I I VI

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AYAiNT- PROPOS

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Ce que nous avons eu I ambition, |»eul-étre téméraire , d'offrir au public, disions-nous dans les axant-propos de nos deux premières éditions, ce n'est pas seulement une histoire navale ou ne se trouveraient que les eom bats lixrcs sur mer par les Français : c'est, comme l'indique notre titre, une Histnirr mnrititiii <lc l'rtinte, renfermant, quoiqu'en abrège, l'Iustoire de nos provinces et «le nos villes de la côte; celle de la fondation, du propres ou de la décadence de nos |M>rts sur Tune et l'autre mer; celle de nos navigations lointaines, de nos colonies tant conservées que perdues ; incidemment de notre commerce cl de nos lois maritimes; et aussi, bien entendu, celle de nos guerres navales, de nos combats d'ensemble ou de détail sur mer, en un mot de toutes les expéditions dans lesquelles la marine française a joue un rôle, l ue bistoirc de France par la marine, en même temps (pie pnr les provinces et les villes maritimes, n'axait aucun précèdent ; et c'est ce «pie nous axons essaie de faire avec des matériaux epars , jusqu'ici trop délaisses par nos auteurs d'Histoire générale de France, a ce point que, dernièrement encore, M. de Sismondi. dans les trente énormes volumes de son Histnirr tirs Français , n'a |Mis consacre cent |Nc res a la marine.

- Si, a partir du renne de Louis \l\ , les pièces a consulter alxuideut, il n'en <*st pas de même pour les ei>oques précédentes. A en juucr par la pauvreté des documents qui se présentent a celui qui veut écrire l'histoire maritime du pavs avant le dix-septicme siècle, on croirait que la France n'eut, jusque-la , ni côtes, ni villes, ni ports sur les deux mers, ni marine, ni marins d'aucun»' esinvc. Les époques qui précédèrent celle de Louis XIX sont celles pourtant de la urandc majorité des fondations de nos aïeux sur la côte, celles où la marine des particuliers combattait vaillamment, voyageait et découvrait. Ile quoi' il n'v aurait pas eu de marine dans ces nobles provinces de Brctaime, de Normandie, de Picardie, de Flandre, de (iuiciinc. de Poitou, d'Aunis . de Languedoc et de Provence, axant le renne de Louis \l\ '. Mais il v en eut une, et <Us plus dignes

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d'être rappelée aux descendants de ceux c] ta i la formèrent , il y en eut une a laquelle il ne manqua que d'être de royale origine pour remplir la moitié des fastes de notre histoire. Nous nous sommes applique a\ee amour a la chercher dans l'obscurité ou on l'avait si injustement délaissée, et c'est avec ses glorieux souv cuir* (pie nous avons communiqué la vie aux deux tiers de notre premier volume.

<> qui nous Natterait par-dessus tout , ce serait que l'on trouvât notre ouvrage cherche et fait avec conscience. Nous n'avons pas épargné les efforts pour ohtenir ce plus précieux des éloges dont on puisse payer un travail sérieux , interrogeant avec empressement les personnes qui pouvaient nous instruire et nous mettre sur la trace de quelque ehose d'utile a notre ouvrage; ne négligeant aucun avis , quand on voulait hien nous le donner d'une manière intelligente ; compulsant les documents par nous-méme , et non par des intermédiaires , comme on le fait beaucoup trop de nos jours. Est-ce a dire pour cela que notre histoire sera parfaite? Nous n'avons point cette outrecuidante vanité. Eh! comment pourrions-nous l'avoir, quand l'étude que nous avons été dam la nécessite de fiiirc pour nous-méme, nous a amené a trouver plus d'une grave erreur chez des auteurs non moins consciencieux (pie nous, et heaucoup plus savants que nous n'avons la prétention de l'être?

(Quelques mots maintenant , ajoutions-nous, sur la manière dont nous avons cru devoir écrire notre ouvrage : avec conscience d'abord; avec raison, mesure et simplicité, surtout en ce qui a rapport aux premières époques, pour lesquelles nous aurions couru de trop grauds risques d'erreurs, si nous nous étions laisse un moment aller a nos suppositions. Hien que toujours très sobre de termes techniques qui fatiguent et embarrassent la plupart des lecteurs ( nous ne parlons pas des expressions d'argot qui n'ont jamais droit de bourgeoisie dans l'histoire sérieuse;, nous avons accepte une partie de la langue maritime a mesure (pie celle-ci se présentait a nous avec les faits, et nous nous sommes toujours hien garde de la supposer la ou elle pouvait fort bien n'être pas encore. Nous avons marche pas a pas, craintivement , doutant de nous-ineme, afin de ne nous rien permettre (pli fut de notre iuduction et de notre lete. .Nous nous sommes laisse échauffer progressivement , a mesure que les événements nous offraient eux-mêmes de la chaleur par leurs détails reconnus vrais, et appuvés de documents authentiques. Mais nulle part, c'est une justiee que nous espérons qu'on nous rendra, nous n'aurons sacrilie la gravite de l'histoire a l'intérêt du roman. Il faut savoir laisser chaque intérêt a sa place. Nous prions donc nos lecteurs de ne point perdre de vue qu'il y a en littérature deux choses fort distinctes sur la marine , lesquelles ont chacune leur valeur: c'est le roman et la nouvelle, qui ont le droit d'être historiques . et l'histoire, qui n'a jamais le

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droit d'être romanesque. Nous ne nous sommes attache qu'il cette dernière.

Voila en partie le plan que nous exposions en tète de nos deux premières éditions. Maintenant, nous l'avouerons avec franchise, malgré l'intérêt du sujet, lorsque nous entreprimes cet ouvrage, nous étions loin d'espérer pour lui un si rapide succès. Mais ce succès même nous imposai! des obligations, et ceux qui vomiront se donner la peine de comparer notre première édition a la seconde, et la seconde a celle-ci, jugeront que pour nous les mots sacramentels reçue, corrigée et augmenté* ne sont point une vaine formule. Deux ouvrages nouveaux , dont l'un, les Marins Ht astres de la France, a déjà paru, et dont l'autre, 1rs Navigateurs français, est sur le point de paraitre, se rattachant, comme histoire des individualités maritimes et comme détails plus complets sur nos principales navigations et découvertes, à l'ensemble que nous nous proposions, nous ont permis de nous rétrécir sur certains points de notre Histoire maritime de trame, afin de nous étendre davantage sur d'autres. Nous avons refait presque entièrement le premier volume. De nouvelles recherches, des documents nouveaux ont apporté de grandes modifications dans toutes les autres parties de notre ouvrage. De plus, comme témoignage de nos études, indépendamment de notes répandues cà et là au bas de nos pages , nous donnerons a la fin du troisième volume inédit de cet ouvrage, qui est sur le point de paraitre sous le titre d'Histoire fie la Marine contemporaine , une espèce de llibliogruphie maritime renfermant la nomenclature raisonnée des principaux ouvrages et documents dont nous nous sommes servis, soit pour nous appuyer sur eux , soit poulies réfuter. Enfin , à l'appui des principaux événements maritimes rappelés dans nos trois volumes, nous nous réservons de donner en quelques feuilles un choix extrêmement curieux de pièces justificatives d'une authenticité non douteuse, qui , outre l'intérêt qu'elles offriront par elles-mêmes , démontreront le peu de fondement qu'il faut faire sur des écrivains parfois plus futiles que leur qualité ne le comporte , et sous les veux desquels certains de ces documents auront pu passer aux archives de ta marine , mais passer comme des ombres \ aines '.

' ("«ni ce <|tii semhlcrail être arrive dernièrement à M. Bonllls de la Bleuie, ou de La|>eyiome- Ronftls, pour un ouvrage* dont nous ne pouvons jutr«*r que In partie parue, nuv rage dans lequel l'auteur est souvent en contradiction avec les .tre/mv* tir la marinr. d'où il a«uiv poui tant que *on livre e*l comme somj'; chose difficile d ailleurs , vu l'état incomplet de ce» archive*, el d'au- Unt plu» prise au sens ligure par M. de la lhViiie , quil est aisé de retrouver . In / lui «le léger, vestige* de page* moin* inédite». Historiquement parlant, non» regrettons de ne \m» jton voir uniic entendre mieun avec un homme de beaucoup d'esprit ceiiaînemenl. mais qui. en fait d'appréciation générale, appelle la fronde une n-prite de la Ltijue ; eu fait de détails, confond leévcnem<nt» du règne de Louis XIII avec ceux du règne de Louis XIV. et, lanlc >ans iloule d'avoir eu le temps de ne livrer sérieusement à des recherche* . contredit des auteur* avnul pour eux le» autorité-» mêmes sur lesquelles il semble s'appuyer, témoin le rf(win Vivomir , nux Archives de lu nturiue , qui lui aurai! épargné une noie nu sujet de la uiameiivi e de Pnqueine . entrant à Mc?»ine par le sud du Phare après la bataille de Slromboli : témoin

viij WAM-l'HDl'OS.

Cela dit, iv nuirions les personnes (jin nous ont le plus second*' dans nos études : MM. les ministres de la marine d'abord, qui nous ont ouvert les surîmes de leur département; l'habile et trop modeste capitaine de vaisseau Pellion, dont le* avis amicaux nous ont été si souvent utiles; M. le commandant du jjénie de llcvillc, et notre excellent frère, officier dans la même arme, pour les conseil > qu'ils nous ont donnes au sujet des p'aces maritimes du royaume; M. d'AVey.ac, «jarde des archives de la marine, dont l'obligeance et le savoir nou> rendent si précieuse la trop récente connaissance; M. (amsseriau, historiographe de la marine, qui nous a si obligeamment communique les document*, de sa section, quoiqu'il se proposât lui-même de les mettre en œuvre; M. Jal , historiographe aussi de la marine, (pli ne nous a pas refusé ses lumières; . MM. Dubeux, Paulin Paris, de la bibliothèque du roi, M. Ferdinand Denis, de la bibliothèque Sainte-Cienevieve. Remercions aussi ces personnes indulgentes qui , sans nous connaître autrement que par nos œuvres, ont bien voulu, comme l'erudit M. de Montmerque, recourir quelquefois a nos travaux, et les citer avec bienveillance. Il est d'autres témoiîinaues de gratitude que nous devons adresser; mais nous nous réservons d'accomplir ce devoir dans la préface de notre Histoire tir la Marine eotitc»i/)oroi»r.

aussi la lf>lln> ilu «'apiU'ine Itenandin sur I affaire dit Yanjim, letlre «pic «laiHeur* M. Jal a publiée. Non* «levons , avant «le terminer relie unie, reeliUcr en partie ee «pie nous disons paee I.'t5 iln lonie '2 île noire ouvrage, sur le.* plans «le hataill» donnés \mr M. IlonlUs «le la Blénie. Nntis les *np|M»Moiis enlirivuienl puisi-s dans son imagination ; mais, «•om|«iaison faite «le lié* près, nous avons cru tveonnaîtiv depuis qu'il* offraient «le.* fragment* un peu «!«'•<• — «uns «le een\ ipii lurent pnlilié* jadis par l'ingénieur et dessinateur Osinne.

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