Le froid en Hollande, en 1795 ( cti degrés du
centigrade ). 17 ip. Congellatiou de l'eau-de-vie.
2 1 . Froid ordinaire à Saint-Pétersbourg.
Le thermomètre centigrade de Chevallier ., l\ la tour du Palais, à Paris, est le mcme que celui de Réaumur, avec cette diftérence , qu'au lieu de 80 degrés pour arriver à l'eau bouillante , le thermomètre centigrade en compte 100 3 ce qui fait mi 5"" de variation entre les deux.
Le 7 pluviôse (26 janvier), nous parlîmcs i-ç^^, de ce village pour Clèves; ensuite nous passâmes aa m. le Valial sans nous en douter, k cause de la densité de la glace sur laquelle se trouvaient en même temps Tiiitanterie , l'artillerie , la cavalerie. Le bord de la digue étant retranché , les alliés l'occupant , on s'y était battu l'a vaut- veille.
La division passa la nuit dans l'ile d'Over-Bétnve. La 9""' demi-brigade logea à Bemmel, sans avoir suivi de chemin , passant sur les fossés , les canaux, sans savoir sur quoi l'on marchait, la neige couvrant entièrement la terre. Les hommes étaient dans la plus grande détresse, presque nus, eu ésard à la saison rigoureuse.
Lue grande partie n'avait point reçu de capotes. Beaucoup dliommes eurent le nez , les oreilles , les pieds gelés. Nous avions tous la moustache blanche , les cheveux garnis de givre (i).
Mon sergent-major et moi , nous logeâmes chez un cordonnier. Le Iroid avait tellement pénétré dans la chambre où il nous fit coucher, que le soir, à la lumière, on aurait cru être environné de cristaux, de diamants ou de quelques pierres précieuses , tant était resplendissant ce qui existait autour de cet appartement.
[i] Je m'étais muni adroitement de cuir d'un bœuf dont le poil avait été conservé. J'en fis des chaussons , que j'attachai en cothurnes avec une lanière ; de cette manière , j'eus toujours assez chaud aux pieds. D'autres mirent du son dans leurs souliers, pour se procurer de il chaleur.
( 170 ) i^c)5. Le 8 (27), nous nous mîmes en route pour AN 111. Ariibeim. Les Anglais , en bataille sur la rive droite du Rliin dont nous occupions celle de gauche , nous envoyèrent des boulets r[ui roulèrent sur la glace à une distance démesurée; nous nous en garantîmes en descendant de la digue, du côté opposé, cpii nous servait de retranchement.
On cita , dans le temps , comme une chose curieuse, extraordinaire, cpie la cavalerie française dans la Nord- Hollande , traversa au galop les plaines de glaces, arriva auprès des vaisseaux, les somma de se rendre, et prit, sans combat, l'armée navale.
Le 9 (28), la demi brigade reçut l'ordre d'aller cantonner dans l'île d'Over-Bétuve. La compagnie à laquelle j'étais attaché, se transporta au village d'Angeren , près du Rhin , en lace de Berklau, tort en terre appartenant à la Prusse. L'escouade dont je faisais partie logea dans une ferme nommée Arm.
Deux heures après notre arrivée, on fut forcé de se mettre sur la défensive , parce que l'ennemi lit un mouvement comme s'il eût voulu nous attaquer. Les Anglais, cherchant plutôt à se retirer cju'à combattre , laissèrent les Français en repos. La compagnie retourna dans ses logements.
Le froid était si violent, la bise coupait tellement le visage , qu'on relevait les factionnaires toutes les heures pendant le jour, et toutes les demi-heures pendant la nuit. Malgré cette
prccaiition, souvent ou trouvait des soldats gelés i^qS. à ici:rs ]>OHtes. an m.
\oki le i-appor t de notre passage en Hollande, le 20 pluviôse (8 février) :
(( L'armée , commandée par le général Jour- » dan, s'est mise en mouvement, sans que l'on j) puisse deviner au juste ses desseins : déjà le » quartier-général a quitté Maëstriclit , pour être j) transféré à Crevelt. Tous les cantonnements » qui garnissent la rive du Rhin, à droite et à » gauche de Cologne, viennent d'être renforcés » considérablement; ce qui annonce que l'on se » tient en mesure contre l'ennemi ; ou bien , ce » qui est plus croyable, que des forces considé- )) râbles passeront le Rhin, afin d'aller prendre » Mayence par-derrièie, et de compléter ainsi le A) blocus de ce boulevard de l'em]^ire. Par cette » manœuvre brillante , la jonction de l'armée de » Sambre et Meuse avec celle du Rhin s'elî'ectue- » rait, et tous les projets nouveaux de la coalition » seraient encore déconcertés. »
Nous parûmes placés pour hiverner dans ce pays (i).
(i) Voici les cantonnements occupés par une partie du corps, depuis son départ de Gueldres , le 24 i^ivôse ( i3 janvier), jusqu'à so» arrivée à Huessen, le 9 pluviôse ( 28 janvier ) :
Le 24 nivôse ( i3 janvier ) , cpùttant Gueldres pour aller loger à Marienbauni.
Le 25 nivôse ( i4 janvier ) , à Clèves.
Le 29 ( 18 ) , à Gonds.
Le 9 pluviôse ( 28 ) , à Huessen.