CHAPITRE XXXIII
Le 19 vendémiaire (i i octobre), l'ennemi nous i^f)i attaqua j nous le tînmes en échec pendant la as iv soirée.
Le 20 (12), il y eut, toute la journée, ime canonnade des plus vives. La ville d'Hoechst souffrit beaucoup par le feu des Autrichiens. Les maisons au-delà du Mein furent incendiées par l'aitillerie française. La demi-brigade ayant pris diverses positions , eut quelques hommes de tués par les boulets , sans avoir trouvé l'occasion de faire feu. Le soir, les Impériaux ayant déployé des forces considérables, la division du général Lefebvre se mit en retraite ; favorisée par la nuit , elle se dirigea vers Koenigstein.
Voici le rapport de la bataille d'Hœchsl :
Francfort, le i\ vendémiaire (i3 octobre).
« L'avant-garde de l'armée autrichienne s'est » avancée jusqu'à Nidda , dans la vue d'y pren- M dre une position avantageuse.
» A cet effet , elle s'empara de Nidda , Rodeln heim ei Haussen , ainsi que des ponts dans ces n deux derniers endroits.
n Les Français ont abattu le pont qui commu- » nique avec Hœchst. Ces différentes opérations
fjç)^. » donnèient lieu à une canonnade qui diua jus-r. AN IV. » qu'au soir.
» La YÏlle d'îïoeclist a beaucoup soufTert de ce » feu , et le village de Nidda est entièrement » brûlé.
» Hier au soir , il passa par ici un grand noni- » bre de chariots avec des blessés autrichiens.
» Le corps du général Nauendorf est posté » près de Kotterbach. Le général Stoeder coma mande l'avant-garde.
» Glaufait avait hier son quartier - général à » Bergen. Le comte AVartcnsleben cojnmaiide M l'aile droite , le général Kranz l'aile gauche , et » le général Vermer l'armée de réserve.
» L'armée française est postée en ordre de » balaille entre llœchst et HoiTlieira , et Ion » s'attend à chaque instant à une bataille. »
Le 21 vendémiaire (i3 octobre) , à la pointe du jour, nous traversâmes Kœnigstein, petite ville avec un fort. La division passant par Wiirges , prit dans cette journée différentes positions instantanées. Les étraiigers ayant forcé de marches par la route de Wetziar et d'Herborn , en explorant nos mouvements, semblaient vouloir nous déborder , nous tourner , nous attaquer par-rderrière 5 mais ils n'en firent rien. Nous nous rendîmes à Limbom-g , où nous arrivâmes à dix hernies du soir.
Un caisson de munition s'étant brisé dans une petite rue , la troupe fut obligée de s'arrêter peià-^
(2,5) . lit quelques iustaiits , où il y eut du dé- i-^^^. SOI dre. am iv*
En sortant de la ville , vers une heure du malin , l'iiiianlerie prit posiiion sur une montagne qui la domine ainsi que la plaine.
Il pleuvait beaucoup ; les chemins étaient mauvais. Les caissons , en partie privés^ de leurs chevaux , se transportaient difficilement. Le matin ou en plaça une quantité sur le pont de Lirabourg. On s'aperçut que les Kaiseriiclis s'approchaient ; on y fit mettre le feu , et l'on rendit par-là le passage impraticable.
Le 9.2 ( t8) , de grand matin, le général Leieljvre ordonna de prendre les armes. Il harangua iliaque corps, et annonça qu'il fallait combattre les Autrichiens qui paraissaient dans la plaine , pour couper la retraite. La troupe prit aussitôt des positions.
Pendant les mouvements de la 9°^*^ ,îous les fourriers dont je faisais partie , reçurent l'ordre d'aller tle suite à Montabaur. Nous trouvâmes cette ville abandonnée , sans y recevoir de vivres ; mais un général nous prescrivit de continuer la retraite , en nous disant que la division du général Lefebvre , ayant ordre de marcher toute la journée , se dirigeait directement vers Cologne. Nous voyageâmes en conséquence. Nous nous acheminâmes vers le pont de Neuwied , où nous arrivâmes à l'entrée de la nuit
Taudis que cous étions sur le Rhin, s'a van-
( p.iG ) i;^c)~. raient plusieurs barques enllainmées (i). Une xn IV. pi'.nie des fourriers et moi , nous mîmes une si grande promptitude à passer, que, pendant que ie pont se brisait, se rompait sous nos pieds, nous gagnâmes la terre. Plusieurs brûlots s'étant succédés avec la rapidité de l'éclair , les cordes lurent incendiées et coupées ; le pont se sépara en pièces et morceaux sur le courant du fleuve violemment agité par un grand vent.
Le nommé Henri Billard , né à Dameri , étant de corvée , m'avait accompagné pour la distribution. Ne pouvant courir à cause de l'afiluence ^ il resta sur le bateau où il était lorsque le pont se détacha. Ayant abordé, à l'aide de la crosse de son fusil qui lui servait d'aviron, dans une île où il demeura plusieurs jours sans vivres , il souffrit beaucoup. On fut le chercher : il ne lui arriva pas d'autre accident.
Nous passâmes la nuit dans le village de Weisenthurn*
(i) n paraît constant , disent tes ouvrages qui parlent de cette retraite (*) , que le général Marceau chargea lo capitaine du génie Souhait, de mettre le feu à tous les bateaux qui couvraient la Saynbach. Ce dernier calcula mal la durée du temps nécessaire à cette opération. Les bateaux en feu , entraînés par le courant du Rhin, curent en un instant embrasé le pont, et l'armée se trouva pressée entre un fleuve étincelant de flammes et les Autrichiens qui la foudroyaient.
(*) Victoires et Conquêtes , 35 vol. iu-i)". , ei FHouueur liançais, 2 vol. iîi-S" , page 1^5 du toaie i' '".
Le '25 ( i5) , nous nous mîmes en route pour 1^95. Andernach. an ivi
Le 2,4 ( i^ ) 7 nous nous rendîmes à Rémagen.
A une lieue de cette ville , sur la rive orientale du Rîiin , se trouvent une contrée pittoresque , de supeibes bassins formés par les eaux du lleuve j et un grand nombre de villages qui se rangent jusqu'aux sept montagnes , dont le Draclienfels est la plus escarpée.
Le 2 5 (17), nous nous transportâmes à Bonn, où je vis le palais électoral. Nous eûmes double séjour pour apprendre des nouvelles de la division , sans (ju'il en parvînt aucune.
I Le 28 ( 20 ) , nous continuâmes notre route isur Cologne.
Le 29 (21), de cette ville pour aller à Neuss ^ Inous nous trouvions à la même hauteur que la division qui était au - delà du Rhin , dont l'arrière - garde nous égayait quelquefois par des charges partielles , qui avaient lieu entre les jchasseurs français et les hussards de l'ennemi. I Le 5o (22), de Neuss nous gagnâmes Dusl'seldorf , où je rejoignis la compagnie. I L'aile gauche de l'armée , réunie le 5o (22) , jibaraqua sous les murs de cette place , et prit iiune position redoutable. Ou traça une ligne en avant du camp , où la division pouvait être à couvert en cas de surprise de la part des Autrichiens.
Suit le rapport qui a été fait de cette marche :
1795- Position de Vannée de Samhre et Meuse , après AK IV. la retraite dHœchst , le 20 hrumaii^e ( 1 1 710^ vemhre).
« Un corps assez considérable des meilleures M troupes de cette armée est aux environs dé ») Dusseldorf , où il occupe une assez bonne po- » sition , que l'on fortifie encore chaque jour » davantage ; ce corps est commandé par le gé- » néral Lefebvre , officier d'une capacité et d'une » bravom^e reconnues. »
Les troupes , dans cette situation , paraissaienfi animées d'une grande énergie , d'une nouvelle ardem- (i).
(1) Voici les dates avec les lieux occupés par une portion de la 9*"* demi-brigade , depuis la retraite du Mein , le 20 vendémiaire ( 12 octobre ) , jusqu'à Dusseldorf, le 3o ( 22 ) :
Le 20 vendémiaire ( 12 octobre) , battant eu retraite.
Le 21 ( i3 ) , on arriva auprès de Limbourg.
Le 22 ( i4 ), on changea de position et l'on se battit.
Les 23 et 24 ( i5 et 16 ) , on bivouaqua aux environs d'Achenburg.
Le 25 ( 17 ), proche d'Altenkirchen.
Le 26 ( 18 ) , dans la plaine d'Ukerath.
Le 27 ( 19 ) , à côté de Siegbourg.
Le 28 ( 20 ) , pi'ès de Mulheim.
Le 29 ( 21 ) , devant Dusseldorf.
Le 3o (22 ) , on baraqua au camp.