‹ HistoireChapitre 56 sur 117 · AN V · texte numérisé non relu

AN V

i'jf)n, baiir, avec tant de vitesse , qu'elle arriva prcsqu'aussitôt que la cavalerie.

^'oici le rapport qui en a été fait :

Passage du Rhin à Neuwied, le 3,9 germinal ( i8 avril) ,

au quartier-ge'néral , à Dierdoiff.

Le général en clief de l'année de Sambre et Meuse, au Directoire exécutif.

a Citoyens directeurs,

» Depuis deux jours les ennemis ne cessaient » de demander un armistice j ils se fondaient » sur celui qu'ils prétendent avoir été conclu en » Italie. N'en ayant aucune nouvelle officielle ^ » et pressé d'exécuter vos ordres , j'ai fait passer » le Rhin sur le pont de Neuwied , à l'aile droite, » au corps du centre de l'armée, et à une divi- » sion commandée par le général Vatrin. Les i> deux armées étaient en présence , à petite por- )' tée de canon, lorsque le général Kray me fit « demander la permission de m'envoyer le lieu- )) tenant - colonel comte de Blakest , chargé de y> pouvoirs pour conclure l'armistice. Sur ce qu'au » premier abord , je lui demandai l'évacuation » de la Lahn et la cession d'Ehrenbreistein à » l'armée française , le parlementaire se récria , » et bientôt nous nous séparâmes.

» A peine chacun de nous était-il de retour y> à son armée , que les ennemis nous attaquèrent >j par une canonnade assez vive. Ils occupaient )) une excellente position ; leur droite au vil- « lage de HeddersdorlT, et la gauche à BendorfT, » en arrière de la petite rivière de Sayn. Tous

» deux élaient retranchés; leur iront, couvert i-o; » par de fortes redoutes fermées , fraisées et a?; v. » palissadées , présentait l'aspect le plus impo- » saut.

» Déjà l'infanterie était formée en colonne )) d'attaque , les autres armes à leur place de 3) bataille ; le signal d'attaque fut donné , et bien- » tôt la baïonnette en avant, et sans tirer un « seul coup de fusil , nos grenadiers et carabi- )) niers , commandés par le général Bastoul , se » rendirent maîtres du village de Heddersdorff. » Les autres troupes , commandées par les géné- 1' raux d'infanterie Grenier ,. Olivier , Barbou V ( celui-ci a eu un cheval tué sous lui ) , Bonnet 5- et Compère , s'emparèrent des redoutes de la » droite des ennemis , tandis que Lefebvre , « Lemoine , Gratien , Spital et autres faisaient )) emporter , à la pointe de la baïonnette , le M village et les redoutes de BendorfT. Enfin , une w charge de cavalerie, dirigée par les généraux î) Richepanse et Ney , acheva de mettre le dé- » sordre chez l'ennemi, à qui nous fîmes 4^000 » prisonniers , dont beaucoup de cavalerie ; l'ar- » tillerie des redoutes, plusieurs pièces de cam- » pagne avec leurs caissons , et 5 ou 4 drapeaux » demeurèrent en notre pouvoir. Ainsi se ter- » mina la bataille de Neuwied , dans laquelle » se sont distingués , par leur sang - froid et » l'habileté de leurs manoeuvres , tous les officiers » supérieurs , et notanament les chefs de brigade » Merlin , du 4°'^ régiment d'hussards , Gardane ,

( 59.6 ) 1^9^. » du 9"^'' de chasseurs , et une infinité d'autres AN V. » dont la nomenclature serait trop longue poui: w pouvoir trouver place dans un simple rap-^ )) port.

)) L'artillerie a fait des merveilles. Elle était » commandée par le général Debelle , dont 1^ » frère , âgé de 1 5 ans , eut deux chevaux tués ' » sous lui. Les colonels Forbier , Prost, et le -» capitaine Juvigny , se sont particulièrement 5) distingués.

Résultat de la bataille.

» Celte journée a coûté à l'ennemi 7,000 pri- » sonniers, parmi lesquels plusieurs officiers de )) marque, 7 drapeaux, 27 pièces de canon, en- )) viron 60 caissons de mimilions , plusieurs ma- )) gasins de fourrages et de vivres, et un grand » nombre de chevaux.

» Le général Lefebvre va se porter sur Franc- » fort.

» Signé Hoche. ')

Dans l'après-midi , nous eûmes de la pluie en abondance. Nous bivouaquâmes auprès de Montabaur.

Le 5o germinal ( 1 9 avril ) , nous nous transportâmes auprès de Limbourg.

Le I*" floréal (p.o avril ) , la division passa la Lahn dans cette ville.

Le 2 (21), elle se dirigea vers Koenigstein et Wisbaden.

Le 5 ( 22 ) , elle s'élança à marche forcée sur Francfort, où elle arriva à 7 Heures du soir.

( ^^7 ) he général Lefebvrc, parvenu près de cette 1-9^. Viilc, trouva tous les ponts coupés sur le Mein , an v» la cavalerie ennemie disposée, sur la rive gauche, à en disputer le passage. Quelques ponts ayant été réparés , la cavalerie autrichienne fut enfoncée. Le ï*^' de chasseurs allait entrer pêlemêle avec les fuyards dans Francfort. Pendant cette marche précipitée , le brave général Ney fut fait prisonnier par les hussards de Blankenstein.

La colonne ennemie qui arriva de Wetzlar et de Fridberg , fut arrêtée par nous.

On fit disposer les troupes à une attaque décisive , et mettre les havre-sacs à terre , afin que les hommes fatigués de la marche précipitée , pussent agir librement dans les évolutions, étant dégagés de ce fardeau.

Tandis que l'on prenait ces précautions, le colonel autrichien Milius , avec un autre officier , passa au galop en avant de la ligne , annonçant que la paix était sur le point d'être conclue ; que l'on ne devait pas commencer un combat désastreux pour l'une et l'autre armée.

Voici le rapport qui en a été fait :

Jrrh'ée de ki dmsion du général Lefehvre près de Francfort.

Au quartier-général , à Fridberg, le 4 floréal [iZ avril). Le général en chef de l'armée de Sombre et Meuse, au Directoire exécutif.

« Citoyens directeurs, )) Nous avons hier contraint l'ennemi à re- )) passer la Nidda ; le général Lefebvre , à la

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j tête de sa brave division , a franchi cette ) rivière , que l'élite de la cavalerie impériale entreprit envain de détendre. Nos braves ) chasseurs à cheval allaient entrer pèle - mêle •) dans Francfort, lorsque Lefebvre reçut du général ennemi l'avis que les préliminaires de là paix venaient d'être signés; ce qu'on venait d'apprendre à l'armée autrichienne par un courrier m'apportant, de la part du général Berthier , la lettre dont copie est jointe à la présente.

» Le général Lefebvre, aussi humain que valeureux, crut devoir arrêter l'eiTusion du sang, et consentit, ainsi que lui proposait l'ennemi, à suspendre le combat jusqu'au retour d'un officier qu'il me dépêcha sur-le-champ. Je confirmai ce qu'il avait fait , ne pouvant plus douter de la nouvelle qui venait de m'être apportée. Les armées sont en présence, disposées à faire leur devoir.

» J'ai pourtant été contraint de faire aujourd'hui un mouvement sur ma droite pour resserrer la ligne. J'avais appris dans la nuit que l'ennemi avait , dans la journée d'hier , rassemblé beaucoup de cavalerie, avec laquelle il ) pensait pouvoir arrêter la marche du général I.efebvre ; j'ai donc porté plusieurs escadrons dans les environs de Fridberg , où j'attends les événements et vos ordres.

5) J'ai cru devoir proposer aux généraux en- » nemis d'arrêter une ligne de démarcation pour

< 3'^9 ) » les armées, derrière laquelle elles attendraient ,-f)-. » les ordres ultérieurs de leur gouvernement as v. « respectif. Nous avons fait hier 25o k 5oo pri-

)) sonniers.

» Signé Hoche. •»

Voici le rapport des préliminaires de la paix :

Au quartier-général de Keiss , près Léoben , le 19 germinal (8 avril).

« Les préliminaires de la paix ont été signés )) par Bonaparte , général en chef de Tarmée il d'Italie , à son quartier-général , à la date de )) ce jour. ))

Des dragons de la Tour, régiment de grosse cavalerie ennemie , qui liivouaquaient devant nous , vinrent en grand nombre nous voir. Ils reconnaissaient beaucoup de républicains pour leurs frères , leurs parents ou leurs amis : car , dans les compagnies du ci-devant 5"^* bataillon du Nord, ils avaient considérablement de compatriotes.

Il fut arrêté qu'une ligne de démarcation serait établie entre les deux armées ; que la Nidda servirait de limite. Les corps apprirent qu'on leur assignait des cantonnements.

Le 4 floréal ( 26 avril ) , on distribua les [compagnies par villages ; celle à laquelle j'aptpartenais , se trouva désignée pour aller à Munster (i).

(i) Voici les dates avec les lieux occupés par une porjtion de la io5™% depuis niou retour à Schalkenbacîi ,

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