CHAPITRE XLVIIL
1707- Le i8 ventôse (8 mars), la compagnie quitta, Schalkenbach pour aller remplir son service dans les retranchements à la tête du pont au-delà du Rhin , près de Neuwied. Nous restâmes , pendant ce laps de temps, en face des Autrichiens , dont les sentinelles avec nos factionnaires faisaient la conversation.
Le 2 1 (il), quand notre tour de service fut passé , on nous releva. Nous reprîmes le can-'"' tonnement , et chacun rentra dans son logement.
Le 24 germinal ( i3 avril ) , la compagnie quitta Schalkenbach pour aller le long du Rhin, entre Bonn et Andernach , dans la commune de Pistorff.
Le 28 (17), elle se rendit au village de Bressi, où nous apprîmes que l'armistice étant dénoncé, on allait entrer en campagne.
Dans la nuit du 28 au 29 germinal (17 au 1 8 avril ) , une armée considérable se réunit , de toutes parts , sous les ordres du général Hoche, qui #vait remplacé le commandant Beurnonville. Son arrivée imprima une nouvelle ardeur
aux troupes, aiaqucllcs il fit aligner la solde, 1-97. distribuer des vêtements et les vivres nécessaires an v. dont elles manquaient précédemment. Les corps animés d'un courage belliqueux , passèrent le Rliiu . Le matin , les deux partis se trouvèrent en présence dans la plaine de Neuwied.
Il y eut des pourparlers entre les généraux, en avant des lignes en bataille. Cette particularité représentait plusieurs traits semblables de la part des anciens. Les propositions de part et d'autre n'ayant pu être acceptées, on se sépara» Les chefs républicains donnèrent le signal en commandant de marcher.
A 8 heures , les corps français se déployèrent en essuvant le feu d'une immense canonnade enîiemie , sans riposter aucunement. L'action fut cJiaude ; elle s'engagea par l'artillerie à cheval qui alla tirer à mitraille sur les six retranchements autrichiens , flanquant la plaine. L'infanterie légère secondait cette manoeuvre ; la troupe de ligne filait à droite le long du Rhin , pendant que les boulets des redoutes traversaient nos rangs. Les escadrons réunis par armes, se portaient, avec la rapidité de l'éclair, entre les I redoutes derrière les Impériaux , qui se trouli vèrent promptement entre deux feux. Le choc ij tut terrible; mais il ne dura qu'un instant.
Artillerie , infanterie , bagages , vivandiers , tout tomba au pouvoir des républicains. La colonne du général Lefebvre, dont la io5"'*' fiisait partie , se dirigea vers Bcndorff et Monta-