‹ Histoire médicale du blocus de MetzChapitre 9 sur 56 · ENLÈVEMENT ET TRANSPORT DES BLESSÉS · texte numérisé non relu

ENLÈVEMENT ET TRANSPORT DES BLESSÉS

d'une haute bâche, pouvait recevoh* seize hommes couchés et abrités. Cette voiture nous a été fort utile pour l'évacuation d'un certain nombre de malades d'une ambulance sur une autre; pendant deux jours elle transporta de différents établissements à la gare, environ 100 blessés dirigés sur Neuwied (v. plus loin). Les services rendus par M. Eloin peuvent se résumer ainsi : transport, sur différents points de la ville, d'environ 350 malades et blessés, auxquels il a pu distribuer, entr'autres secours, 6000 cigares, 65 bouteilles de vin, 8 bouteilles de cognac.

Cette voiture est admirablement agencée, mais sa complication, son poids énorme, la nécessité d'un attelage à quatre chevaux , l'impossibilité de quitter les grandes routes, diminuent notablement les avantages qu'on pourrait en attendre pour le transport des blessés relevés sur le champ de bataille.

On peut voir, par ce qui précède, quelle importance on doit attacher au mode de transport des blessés ; je ne saurais, cependant, lui accorder toute l'influence que lui attribue M. le professeur Jossel dans la mortalité. La mort d'un quart des blessés français serait due, suivant ce professeur, aux moyens de transport défectueux et au manque d'un premier pansement. — Dans ce quart, la part prépondérante appartient, sans nul doute, au manque d'un premier pansement fait avec méthode et en temps opportun. La plupart des blessés amenés de Gravelotte à l'ambulance du Saulcy, blessés depuis six jours, n'avaient encore reçu aucun pansement, ou avaient été mal pansés. Une grande mortalité sévit sur ces malheureux.

Page 1