CHAPITRE X
hommes disponibles. Avec des forces aussi inférieures à celles du corps de Macdonald, il eût été imprudent de s'engager avec ce dernier. Le général Essen se vit donc obligé d'attendre l'arrivée du corps de Finlande.
Le comte Steingell s'était embarqué à Hel- / singfors avec douze bataillons, quatre escadrons , deux compagnies d'artillerie , et un régiment de kosaques. Deux bataillons s'embarquèrent à Abo , et le général-major Gorbountsof , avec six ba- \ taillons et une compagnie d'artillerie, devait \ s'embarquer à l'île d'Aland. Le port de Reveî 1 était désigné pour point de réunion à ces trois ( flottilles.
Les bâtiments qui portaient les troupes d'Helsingfors mirent à la voile les 24, a5 et 26 août, et se rendirent à Revel , après avoir essuyé dans la nuit une violente tempête , qui occasiona le naufrage de quelques bâtiments. Ce malheureux accident coûta aux Russes plus de 5oo hommes et six pièces de canon. Le comte Steingell trouva à Revel la flottille d'Abo ; mais il n'arriva d'Aland que deux bataillons , le général Gorbountsof, avec le reste de son monde, n'ayant pu mettre à la voile faute d'embarcations. Dans la matinée du 28, tout le corps se trouva débarqué. La perte essuyée dans la traversée , et la non ar-
aSo CAMPAGNE DE l8l2.
rivée de la plus grande partie des troupes d'Aland , réduisaient à lo mille hommes sous les armes la force de ce corps , qui aurait dû être composé de i4 raille hommes. Les jours suivants, le comte Steingell continua sa marche sur Riga, en passant par Pernau, Rugen et Roop. Les premières troupes arrivèrent à Riga le 8 septembre, et tout le corps s'y trouva rassemblé le lo. Le i4, le comte Steingell déboucha de Riga, et se porta à Dahlenkirchen. Un détachement aux ordres du général Lewis le suivant de près, appuyait son mouvement. Un poste prussien, qui occupait Dahlenkirchen , en fut débusqué sans peine, et rejeté sur Eckau. Le lendemain, le comte Steingell arriva devant Eckau, où il se trouva en présence d'un corps prussien assez considérable , qui s'était couvert de la p^ite rivière de ce nom. Un combat opiniâtre s'engagea. L'ennemi se défendit vigoureusement , et ce ne fut que vers le soir que l'arrivée du général Lewis permit aux Russes de déployer une supériorité de forces , à laquelle les Prussiens se trouvèrent hors d'état de résister. La nuit qui survint favorisa la retraite des ennemis. Leur perte s'éleva à 200 prisonniers, et près de 4^0 hommes tués.
Le général Essen , voyant que la marche du