‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 115 sur 208 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

et du Niëmen, et occupera la ville de Wilna , d'où il surveillera le Niëmen contre les Prussiens pour la sûretë de Riga, et dans le même temps servira de rëserve aux trois armées réunies sur la Bërézina dans le gouvernement de Minsk.

Ayant ainsi coupe Oudinot , et étant couverte de ce côté par les opérations du comte Steîngell , Tarmée du comte Wittgenstein se dirigera avec la plus grande rapidité sur Dokchitsy, où elle peut arriver pour le 10 octobre. De là , après avoir ouvert ses communications sur Minsk, et avoir donné la main à l'amiral Tschichagof par Bérézina , le comte "Wlttgenstein occupera Lépell et le cours de rOula, depuis laBcfrézina jusqu'à l'embouchure de l'Oula dans la Duna.

Dans cette position, il mettra tous Bes soins à bien fortifier tous \e& défilés , puisque l'on ne peut prévoir sur quel point l'ennemi dans sa retraite portera ses efforts , après avoir passé le Dnieper. Il demeurera en communication intime et en rapports continuels avec toutes les autres armées. Et par la suite , lorsqu'il sera bien raffermi dans sa position , et qu'il aura reçu des notions exactes sur 1.1 situation de l'ennemi à Witebsk, il pourra aussi faire une tentative sur cette ville , afin d'ôterù l'ennemi tout point d'appui dans sa retraite. Dans I

!l4B CAMPAGITE DE l8l2

cette position , le comte Wittgenstein attendra le résultat des opérations qui auront lieu à la grande armëe.

Si ce plan avait pu être exécuté dans toute son étendue, il est incontestable que la destruction entière de la grande armée de Napoléon en aurait été le résultat. Mais malheureusement il se trouva impossible de porter les armées russes à la force énoncée dans le projet. Il s'ensuivit naturellement que ces différentes armées ne furent pas en état de remplir en entier la tâche qui avait été réservée à chacune d'elles. Il faut observer encore, que le maréchal Koutousof ayant calculé que les instructions envoyées à Famiral Tschichagof ne pouvaient lui arriver à temps , donna Tordre à tous les commandants des armées d'exécuter toutes les opérations cinq jours plus tard que les dates ' portées dans le plan ne l'indiquaient.

De premier abord il se présenta dans l'exécution du projet une difficulté insurmontable. Le général Lewis devait commencer les opérations en débouchant de Riga à la tête de 20 mille hommes; mais la garnison de cette place, affaiblie par des pertes principalement occasionées par des maladies, n'avait guère plus de 10 mille

Page 1