‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 129 sur 208 · CHA.PITRE X. ^'JO · texte numérisé non relu

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mandaient des cohortes de milice. L'ennemi perdit près de 6 mille hommes, y compris a mille prisonniers. Le maréchal Saint-Cyr fut grièvement blessé au pied.

Dans la journée du 7 , le général Alekséief avait attaqué le détachement ennemi posté à Strounia, et l'avait chassé de ce village.

Le maréchal Saint-Cyr, ayant jugé à propos de renforcer le corps opposé à celui de Finlande , envoya au secours du général Amey, un régiment suisse et une brigade bavaroise. Le général Wrede, qui prit le commandement de ces troupes réunies, se porta le 8, de grand matin, contre Favant-garde du comte Steingell. Son corps fut partagé en trois colonnes; luimême conduisait celle du centre ; celle de droite l'était par le général baron de Strath , et celle de gauche par le général Amey. Le colonel Tôurczaninof, attaqué à quatre heures et demie du matin par la colonne du centre, fut surpris et ses deux régiments de chasseurs furent dispersés, après avoir laissé près de i ,800 prisonniers entre les mains de l'ennemi. Après la défaite de son avant-garde , le comte Steingell ne se crut pas en état de se maintenir sur les bords de l'Ouchacz ; il se replia sur Dissna , où il repassa la Duna le 9. Le général Wrede le poursuivit dans

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la direction de Dissna; mais un ordre du maréchal Saint-Cyr l'engagea à revenir sur ses pas.

Le résultat des combats de Polotsk ne fut point conforme à l'esprit des instructions données aux généraux russes. En prescrivant au comte Wittgenstein de passer la Duna avec la majeure partie de ses forces au-dessus de Polotsk, l'on avait principalement en vue de ga* gner la droite du maréchal Saint-Cyr, pour couper ses communications avec Smolensk et la grande armée de Napoléon. Mais la difficulté de jeter des ponts à Goriany, ayant obligé d'attaquer Polotsk de front, ce but ne put être atteint, et les chemins qui conduisent à Smolensk demeurèrent ouverts à Saint-Cyr.

Cependant il devenait d'autant plus important de manœuvrer contre la droite de ce maréchal, que l'arrivée du corps de Victor à Smolensk était une nouvelle raison pour couper Saint-Cyr de cette ville, et se placer ainsi entre lui et Victor. La perte de quelques jours , occasionée par le retard de l'établissement des ponts à Goriany, n'aurait été qu'un assez mince inconvénient , si le faux mouvement exécuté par le comte Steingell n'eût forcé le comte Wittgenstein à précipiter ses opérations. Il paraît que le premier , au lieu de s'engager isolément à la

gauche de la Duna , aurait mieux fait de continuer à remonter la rive droite du fleuve pour venir remplacer le prince Jachwill devant Polotsk, et donner aii^si la faculté au comte Wittgenstein de passer la Duna à Goriany avec la masse de ses forces. En agissant ainsi , les généraux russes auraient porté leurs forces principales sur le point décisif 5 tandis que le comte Steingell, en se hasardant avec son faible corps isolément sur les derrières de l'ennemi, ne fit qu'exécuter une diversion inutile et qui pouvait même devenir dangereuse. Le maréchal Saint-Cyr montra de la fermeté et de la précision en se soutenant à Polotsk, tant qu'il put le faire impunément, et en se retirant assez à temps pour empêcher les deux généraux russes d'agir simultanénienti:

Les ponts de Polotsk ayant été détruits, la difficulté de les rétablir à cause de la rapidité du fleuve et de la pénurie des matériaux retarda de plusieurs jours le passage des Russes. Le comte Wittgenstein, qui venait de recevoir la nouvelle de sa nomination au grade de général de cavalerie, songea à fournir les moyens au comte Steingell de reprendre l'offensive. A cet effet, il détacha à son secours le général Sazonof, avec environ lo mille hommes.

Le travail du pont à Polotsk n'avançant que

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lentement, le 9 octobre le comte Wittgenstein, qui voulait du moins inquiéter l'ennemi , donna ordre au colonel Ridiguer de passer la Duna à la nage avec quatre escadrons de hussards de Grodno et deux régiments de kosaques. Cette petite avant- garde fit replier les avant -postes que l'ennemi avait laissés sur là rive gauche de la Duna.

Le 1 1 , le général Sazonof ayant joint le corps dé Finlande à Dissna, lé comte Steingell repassa à la gauche du fleuve et poussa jusqu'à Zaproudié; il reçut ordre de détacher vers Drouïa, le général Wlastof avec trois bataillons de chasseurs, les deux régiments d'infanterie réunie, une cohorte de milice, trois escadrons , un régiment de kosaques et quatorze pièces de canon , en tout près de 5 mille hommes. La destination du général Wlastof fut d'observer le corps de Macdonald. Le même jour, le pont de Polotsk fut achevé, et le corps du comte Wittgenstein passa aussi à la rive gauche de la Duna , et poussa jusqu'à Séménitsa. On laisa à Polotsk une garnison de 3,5oo hommes , composée de deux bataillons de dépôt de la garde, de la 12® cohorte de milices, d'un escadron de dragons, de deux compagnies d'artillerie , du régiment de kosaques de Teptiarsk, et de deux cohortes de la milice de

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