CHAPITRE X
vation ; mais vers la chute du jour le prince Jach- '■ will , ayant remarqué des mouvements de troupes k la gauche de la Duna, donna le signal de la canonnade. Aussitôt toutes les batteries établies sur les deux rives de la Polota, ouvrirent un feu concentrique contre le camp retranché. L'ennemi l'évacua et se replia dans la ville. Notre artillerie s'en approcha et y lança des projectiles incendiaires qui mirent le feu. La canonnade continua des deux côtés pendant la soirée et une partie de la nuit. Après minuit, les avant-gardes russes reçurent l'ordre de livrer l'assaut. Alors le combat s'engagea avec fureur. On se voyait comme en plein jour, à cause de l'incendie. L'infanterie ennemie, et principalement les régiments suisses ^1 opposés au corps du prince de Jachwill , firent i une résistance honorable et repoussèrent à plusieurs reprises les assaillants. Enfin, à deux heures du matin , les chefs russes se mettant euxmêmes à la tête des attaques, en décidèrent le succès. Les colonels Ridiguer et Albrecht péné- ^ trèrent dans la ville avec l'avant-garde du corps principal , et les généraux Wlastoff et Dibitsch forcèrent en même temps les barrières à la rive droite de la Polota , avec l'avant-garde du prince Jachwill, et furent immédiatement suivis par une partie de la réserve de ce corps. A cette occa- II. 18
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sion, la 12^ cohorte de milice, commandée par le colonel Nicolef , se distingua particulièrement. Malgré une fusillade biçn nourrie de la part de l'ennemi, elle traversa un pont de plus de cent pas de long , qui conduisait à la barrière de la Polota, se jeta sur les palissades, les rompit à coups de haches, et entra la première dans la ville. Le maréchal Saint-Cyr avait déjà repassé la Duna avec sa cavalerie , presque toute son artillerie, et une grande partie de son infanterie; le reste continua sa retraite à travers la ville en défendant pied à pied les rues ; et après avoir passé les ponts, il les rompit en abandonnant |à la rive droite un canon et plus de mille j hommes, qui se virent obligés de mettre bas les armes.
Les Russes trouvèrent à Polotsk de grands magasins , que les ennemis n'avaient pas eu le temps de détruire. On délivra aussi le peu de prisonniers perdus à la bataille du 6 août, et quelques officiers blessés et pris pendant les charges de cavalerie de la veille. Notre perte, pendant les journées du 6 et du 7 octobre , s'éleva à 3 mille hommes hors de combat. Parmi les blessés se trouvaient les généraux Balk, prince de Sibérie, et Hammen , le sénateur Bibikof , et le chambellan Mordwinof : ces deux derniers com-