CHAPITRE X
du^natin, le prince Jachwill replia les avant-postes des ennemis, et fit attaquei^ Tschachniki par cinq bataillons de chasseurs; mais l'ennemi ayant opposé une forte résistance, le combat s'engagea vivement. Le comte Wittgenstein qui arriva sur ces entrefaites , poussa le corps de Steingell sur la droite de l'avant-garde et laissa celui de Berg en réserve. Alors le prince Jachwill renouvela l'attaque de Tschachniki, qui fut emporté à la baïonnette, et le général Legrand se vit obligé de se replier jusqu'à une seconde position parallèle à la première et située entre Tschachniki et la Loukoralia. Le régiment des hussards de Grodno poussa en avant, et culbuta quelques colonnes de cavalerie qui se trouvaient au centre, et sous la protection desquelles l'infanterie ennemie se reformait ; mais cette charge n'ayant pas été appuyée , les hussards furent obligés de se remettre en ligne, et le combat se ralluma sur les deux ailes. Pendant que le prince Jachwill pressait la droite des ennemis , le comte Steingell attaquait un bois occupé par leur gauche. La première tentative qu'il fit pour l'emporter n'ayant pas eu de succès, il renouvela ses efforts en portant les régiments de Tenguinsk , de Toula et d'Esthonie directement sur le bois , qu'il fit tourner en même temps, d'un côté par le régiment de
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hussards réunis, et de l'autre par le 26* de chasseurs soutenu de celui des dragons réunis. La gauche des ennemis ne put résister plus longtemps, et se mit en retraite; elle fut poursuivie jusqu'à la Loukomlia par les dragons. Le général Legrand se voyant hors d'état de se soutenir à la gauche de cette rivière, la repassa et vint se rallier à la gauche des troupes de Victor, qui , occupant les hauteurs de Smoliantsy , protégèrent sa retraite. Les Russes, parvenus aux bords de la Loukomlia, établirent de fortes batteries sous la protection desquelles ils essayèrent de forcer le pont de Smoliantsy; mais tous les efforts de leur infanterie pour le passer ayant été rendus inutiles par l'opiniâtre résistance qu'ils y rencontrèrent , l'affaire se réduisit à une canonnade vivement soutenue de part et d'autre. Enfin, après dix heures de combat, l'artillerie des ennemis, écrasée par la supériorité de la nôtre, fut réduite au silence. Le maréchal Victor qui, pendant l'affaire avait été joint par une autre de ses divisions venue de Bechenkowiczi , évacua sa position, en laissant 800 prisonniers entre nos mains , et fila sur Loukoml avec ses troupes et celles de Legrand. L'armée russe passa la nuit sur le champ de bataille. Ce combat ne lui coûta que 4oo hommes hors de ligne.