‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 133 sur 208 · CHAPITRE X. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. a

I.e ao, le maréchal Victor se replia sur Senno avec les deux corps réunis. Le comte Witlgenstein prit son quartier -général à Tschachniki. Son armée fut placée le 2 1 sur la rive gauche' de rOula, vis - à - vis de ce bourg ; mais l'avantgarde , commandée par le général Aleksëiéf , fut poussée au-delà de la Loukomlia et partagée en deux détachements. Alekséiéf lui-même avec celui de droite, composé de sept escadrons, de trois bataillons, d'une cohorte de milice et d'un régiment de kosaques avec six canons , se posta à Aksiontsy : le général Helfreich avec celui de gauche, composé de trois escadrons , de quatre bataillons et d'un régiment de kosaques avec six canons , s'établit à Boïary. En cas d'attaque de la part de l'ennemi, ces deux détachements devaient se replier sur un 3®, composé de deux bataillons, de deux escadrons et de six canons, postés à Smoliantsy sur les hauteurs de la rive droite de la Loukomlia , où l'on avait élevé quelques épaulements. Le régiment des hussards réunis fut détaché à Lepel pour observer le corps de Wrede, qui se trouvait à Gloubokoïé ; le général Harpe avec le régiment de Nawaguinsk, deux escadrons et deux canons, fut poussé par Boïczekowa à Béchenkowiczi pour surveiller la contrée entre Senno et la Duna.

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Le aS , le maréchal Victor partit de Senno et \ arriva le lendemain à Czéréia; son avant -garde s'établit à Loukoml.

Le comte Wittgenstein , se voyant raffermi dans la position de l'Oula, songea à exécuter l'article de ses instructions relatif à la prise de Witebsk. Il destina à cette expédition le détachement du général Harpe, renforcé de deux bataillons, de deux escadrons, de quatre canons et de quelques kosaques. Ce corps se mit en marche le îiS, et se porta rapidement sur Witebsk par les deux rives de la Duna. Le lendemain , à sept heures du matin, il arriva aux portes de Witebsk par la route de Polotsk et par celle d'Ostrowno. Des deux côtés les gardes furent surprises. Celle du pont sur la Duna essaya d'y mettre le feu , et deux pièces établies à la rive gauche, tirèrent sur les assaillants; mais les Russes étaient trop près ; ils arrêtèrent l'incendie du pont et enlevèrent les deux pièces qui le défendaient. La garde de la barrière d'Ostrowno fut aussi forcée, et les Russes se répandirent dans la ville. La garnison prit en hâte les armes; mais dans une place ouverte, et qui n'offrait aucun moyen de défense, la résistance honorable qu'elle opposa ne pouvait avoir de résultat avantageux pour elle. Après un combat aussi

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court que vif, une partie des troupes ennemies fut mise en fuite et poursuivie sur la route de Falkowiczi et de Liosna; le reste, au nombre de 320 hommes, fut pris avec le général Pouget, gouverneur de la ville. L'on y trouva de grands magasins. Harpe laissa à Witebsk le colonel Pahlen avec deux bataillons, deux canons et quelques kosaques , et ramena le reste de son détachement sur Bechenkowiczi.

Le maréchal Macdonal demeurant dans Tinaction , le général Wlastof reçut ordre de ne laisser à Drouïa qu'un escadron et quelques kosaques, et de venir se poster à Louchki, pour se rapprocher de l'armée , et contenir le corps de Wrede, qui, de Gloubokoïé, se porta à Dokchitsy. Ce mouvement des Bavarois engagea aussi le comte Wittgenstein à prendre des mesures de sûreté pour sa droite, en poussant le général Fock , avec la réserve , à Lepel.

Le maréchal Oudinot , guéri de sa blessure , avait repris le commandement du a® corps, qui, toujours à Czéréia, se trouvait réuni à celui de Victor. Ce dernier reçu t de l'emp^ejceuf Jîfapoléon l'ordre de se reporter de nouveau sur le comte Wittgenstein , en observant toutefois de ne point s'engager trop sérieusement, mais de se contenter de tâter les Russes par des démonstrations

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d'attaque. Il lui était enjoint d'éviter d'autant plus soigneusement une bataille générale , que sa défaite eût compromis aussi le salut de la grande armée française, qui, dans l'état de désorganisation où elle se trouvait, ne pouvait compter que sur son corps pour couvrir sa retraite, et pour se frayer le passage à travers les corps russes qui se portaient à sa rencontre. Dans le cas où le comte Wittgenstein ne s'en laisserait pas imposer par les démonstrations ordonnées , il fut prescrit au maréchal Victor de se borner à le contenir. Le maréchal Oudinot reçut en même temps l'ordre de se diriger, par Kholopéniczi , sur Boba , où il devait gagner la route de Smolensk à Minsk , et se placer en échelon entre la grande armée française et la Bérézina, afin de servir d'avant-garde à Napoléon.

En conséquence de ces ordres, le maréchal Victor se porta le 3o de Czéréia à Loukoml. Le comte Wittgenstein, averti de ce mouvement, ordonna au général Alekséief de réunir les deux détachements de l'avant -garde à Melechkowiczi, sm» le chemin de Czéréia. Le 3i , les généraux Alekséief et Helfreich se dirigèrent sur le village indiqué; mais ils le trouvèrent déjà occupé par l'ennemi , et ne purent effectuer leur jonction qu'à quelques werstes en arrière.

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