‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 136 sur 208 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

village ; mais de nouvelles colonnes arrivant au secours des premières, un combat à l'arme .

blanche s'engagea avec acharnement. Les régiments de Tenguinsk, de la Neva, de Toula, d'Esthonie et de Voronège, chargèrent successivement près du village, qui fut pris et repris jusqu'à cinq fois. Enfin, les ennemis écrasés par le feu de l'artillerie russe, que la leur avait vainement essayé de contre -battre, suspendirent leurs attaques. Cependant , vers le soir, ils firent encore une dernière tentative, et réoccupèrent de nouveau le village de Smoli^ntsy; mais ils en furent chassés pour la sixième fois par le régiment de Sewsk , que le général Berg venait d'envoyer au soutien du comte Steingell. Alors le maréchal Victor qui, comme nous l'avons vu, avait ordre de ne pas s'engager trop sérieusement , exécutant un mouvement par sa droite, établit son corps près de la route de Bechenkowiczi , à deux werstes de Smoliantsy . L'armée russe passa la nuit sur le champ de bataille.

Pendant que ces choses se passaient près de Smoliantsy, un détachement ennemi attaquait le colonel Ridiguer près de Potchawiczi. Le combat se soutint avec des succès variés ; cependant le colonel se maintint dans sa position.

Cette journée coûta à l'ennemi plus de 3 mille

izgA CAMPAGNE DE l8l2.

hommes hors de combat, dont 900 prisonniers.

La perte des Russes fut peu considérable ; cependant elle peut s'élever aussi à près de 3 mille hommes , en y comprenant celle essuyée la veille par l'avant-garde-du général Alekséïef.

Il faut croire que le maréchal Victor ne s'était porté sur la route de Bechenkowiczi , que dans la supposition que cette manœuvre, qui semblait menacer la gauche du comte Wittgenstein ,

. engagerait ce général à quitter sa position ; mais l'armée russe ne bougeant point ,1e 3 , à la pointe du jour, le maréchal Victor se mit en retraite sur Senno. Ses colonnes filèrent à la vue des nôtres, et les troupes légères poursuivirent son arrièregarde jusqu'à Melechkowiczi.

Le comte Wittgenstein reprit son ancienne

: position de Tschachniki sur l'Oula. Le 4 5 le général Harpe occupa Aksiontsy avec une nouvelle

. avant-garde composée de onze escadrons , de huit bataillons, d'une cohorte, et d'un régiment de kosaques, avec dix -huit pièces de canon, en tout de 4 mille hommes. Le lieutenant-colonel Stolepini , avec deux escadrons, deux bataillons et deux canons, remplaça le détachement du colonel Ridiguer, fondu dans l'avant-garde. Le général Wlastof se posta à Lepel.

Le comte Wittgenstein mérita l'avantage qu'il

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obtint, par le choix judicieux delà forte position de Smoliantsy. Mais il paraît que cet avantage aurait eu des suites encore plus importantes , si l'armée russe, profitant du faux mouvement de Victor vers la route de Bechenkowiczi , avait poussé en avant, dans la matinée du 3, pout empêcher le maréchal français dé regagner Senno , et pour le pousser sur Bechenkowiczi , où il $e serait trouvé séparé de la grande armée française et du corps d'Oudinot, et par conséquent fortement compromis.

Le 5 , le maréchal Victor s'avança dç nouveau de Senno à Oulianowiczi , et le 8, il marcha à Czéréïa.

Devant Riga il ne se passait rien d'important. Essen , qui y commandait en qualité de gouverneur-général , fut remplacé par le marquis Paulucci. La garnison fut renforcée par la brigade Gorbountsof, qui, venue d'Aland, ayant débarqué trop tard pour joindre le comte Steiqgell , reçut ordre de demeurer à Riga. Le général Paulucci résolut d'enlever la ville de Fridrischstadt , où l'ennemi avait une garnison de 8oo Bavarois et de trois escadrons prussiens , et dont la possession pouvait lui donner la faculté de faire des \ courses en Livonie. Le 3 novembre, à neuf heures du matin , le major Boïarinof attaqua la

1^6 campagt^'e dé 1812.

ville à la gauche de la Duna, avec un détache^ ment de i,3oo hommes, tandis que le colonel Bidiguer, avec un autre détachement, attaquait par la droite du fleuve , et que le major Jélistratof, à la tête de 1,600 hommes, faisait une démonstration sur Wahlhof pour contenir l'ennemi et Tempêcher de porter du secours au poste de Fridrichstadt. La garnison se* défendit avec opiniâtreté ; mais après trois heures de combat elle se vit obligée de céder à la supériorité numérique des Russes , et de se replier sur Jakobstadt. Un détachement que le maréchal Macdonald avait envoyé à son secours , fut arrêté près de Wahlhof, par le major Jélistratof. Le même jour, un corps prussien , d'environ 5 mille hommes , se porta contre le général Lewis , qui , avec a mille hommes d'infanterie et 100 chevaux, occupait la position de Dahlenkirchen. Elle avait été avantageuse à cause des marais qui l'environnaient; mais ces marais se trouvant gelés, il devenait facile de la tourner; aussi le général Lewis se décida-t-il à l'évacuer pour en prendre une autre plus resserrée à trois werstes en arrière de la première , et à quatorze werstes en avant de Riga. Le 4 novembre , à neuf heures du matin , l'ennemi recommença le combat en engageant une canonnade. Il essaya même de faire une charge de ca-

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Valérie contre la nôtre; mais il fut repoussé, et l'artillerie fit taire son feu. A midi , il se mit en retraite, et rentra dans les positions qu'il avait occupées précédemment. Sa perte peut être évaluée à 4oo hommes, celle des Russes ne dépassa pas loo hommes.

Opérations des armées en fFolhynie.

Après avoir fait le récit des opérations des comtes Wittgenstein et Steingell , pour l'exéculiou du plan adopté, nous allons nous occuper des entreprises que les armées russes du sud exécutèrent dans le même but.

Nous avons laissé l'amiral Tschichagof à Luboml, poursuivant le prince de Schwartzenberg , qui se retirait au-delà du Boug. Au 1 9 septembre , les corps russes occupaient les positions suivantes : La troisième armée d'ouest, à Podgoriany; son avant -garde aux ordres du comte Lambert à Chatsk ; les coïps de Langeron , de Woïnof et de Boulatof , et la réserve de Sabanéïef, à Luboml; le corps d'Essen à Olchanka. Le gros de l'armée austro-saxonne avait passé le Boug à Wlodawa; la division Siegenthal et le détachement de Mohr se repliaient de Ratno et de Pinsk sur Robrin.

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L'amiral avait d'abord manœuvré par sa gauche , dans l'intention de menacer les communications du prince de Schwartzenberg avec Varsovie et la Vistule ; mais les instructions dont le colonel Czernichef était porteur lui firent changer de direction. Il résolut de se prolonger par sa droite, pour gagner la gauche des ennemis et s'ouvrir ainsi le chemin de Minsk , où il lui était prescrit de se rendre, après avoir rejeté Schwartzenberg dans le duché de Varsovie. La direction de retraite des ennemis facilitait l'exécution des dispositions que le plan d'opérations indiquait pour les armées russes du sud.

Le 20 septembre , le corps d'Essen , remontant la rive droite du Boug , vint à Priborow ; l'amiral, avec les corps de Langeron, de Boulatof, et la réserve, s'avança jusqu'à Zabougié sur le Boug. La troisième armée se porta àChatsk , et son avant-garde à Doubok ; le corps de Woïnof , détaché sur la droite poiu: poursuivre Siegenthal, poussa jusqu'àNoudyge. Le 21 , le corps d'Essen se porta à Douriczi , et l'avant-garde du comte Lambert à Zbourage. L'amiral, à la tête des trois corps qui marchaient avec lui , .vint à Orkhowka, en face de Wladawa, où les deux de la troisième armée le joignirent. Le corps de Woïnof s'avança jusqu'à Krymno. Le lende-

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