CHA.PITRE X
Le a novembre, le général Sâcken, avec tout son corps, vint à Isabélln.
Les nouvelles reçues des mouvements des ennemis portaient que le prince de Schwartzenberg se trouvait, au i^^ novembre, à Slonim, et que le général Reynier avait pris poste derrière Wolkowisk , sur la route de Mosty, ayant son quartier dans la ville même, et par conséquent en avant des lignes de son camp. D'après ces avis, le général Sacken, qui avait principalement en vue d'entamer le corps de Reynier avant qu'il pût être secouru par les Autrichiens , se détermina à tenter une expédition de nuit contre Wolkowisk. Le succès de cette entreprise présentait le double avantage de battre Reynier isolé, et d'obliger le prince de Schwartzenberg à revenir sur ses pas pour couvrir ses propres communications.
Le 2 , à dix heures du soir, tout le corps russe se mit en marche sur Wolkowisk, précédé par quatre détachements. Celui d'avant-garde , commandé par le colonel Bélokopytof , et composé d'un bataillon et de quelques kosaques , fut destiné à pénétrer dans la ville , et à se porter directement sui: le logement de Reynier; il devait être soutenu par un autre détachement , composé d'un bataillon et conduit par le colonel
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Dournof; les deux autres détachements, commandés par les colonels Wtorof et Wassilczikof , devaient tourner la ville par les deux flancs et se réunir sur la route de Mosty, afin de couper tout ce qui se trouverait encore d'ennemis dans la ville. Les équipages du corps reçurent ordre de filer sur Gnesno , sous l'escorte du détachement du général Gamper, composé du régiment de dragons de Smolensk, de deux bataillons et d'une compagnie d'artillerie à cheval. Le régiment des dragons de Serpoukhow fiit laissé à Izabélin.
La marche des Russes fut favorisée par la négligence des ennemis, qui n'avaient point d'avantpostes au-delà du ruisseau de Wolkowisk.
Le colonel Bélokopy tof s'approcha sans obstacle jusqu'à la barrière du pont, sur le ruisseau, qu'il fallait passer pour pénétrer dans la ville. Le bruit que l'on fit en levant la barrière, éveilla l'attention de la garde du pont, qui fit feu. L'alarme se répandit dans la ville. Les troupes ennemies se hâtèrent de prendre les armes; mais elles ne purent empêcher les Russes de pénétrer dans les rues. Le général Reynier, près d'être cerné dans sa maison, se sauva par la fenêtre, en abandonnant ses équipages. Dans le premier moment de surprise, il fit repasser la