CHAPITRE X. 33l
soirée , l'amiral Tschichagof arriva aussi devant Borissow avec le corps de Woïnof , qui bivouaqua près de la tête de pont ; le quartier-général . fut porté à Borissow, occupé par l'avant-garde. )
Le même jour, le colonel Loukoffkin atteignit à Oucha les deux bataillons de la division Dombrowski, laissés en arrière pour observer Bobrouïsk , et qui cherchaient à se réunir à leur division. Il les attaqua, les défit et leur enleva près de 3oo prisonniers.
Le lo, le corps de Woïnof et la réserve ayant passé la Bérézina, campèrent en avant de Borissow sur la route de Bobr. Le général Tschaplitz vint de Zembin à Borissow, et demeura à la droite de la rivière, près de la tête du pont. Le colonel Loukoffkin se porta d' Oucha à Chabachéwiczi.
Pendant que ces choses se passaient , le colo- 1 nel Czernichef avait exécuté avec succès la com- 1 mission dont il avait été chargé. Après avoir traversé le Niémen à Kolodezno , il avait passé entre les différents détachements ennemis qui inon- . daient la contrée, et s'était dirigé rapidOTient , 1 par Naliboki , Kamen , Iwénets , Badochkowiczi, Pletchénitsa etLépel,surTschachniki,où il trouva le comte Wittgenstein , et lui rendjit compte des mouvements de l'amiral. Chemin faisant, il dé-
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livra les généraux Wintzingerode et Sweczin, avec quelques autres prisonniers que les ennemis faisaient conduire de Minsk à Wilna.
Nous avons laissé le général Sacken engagé dans la forêt de Bialowège. Le corps de Schwartzenberg se dirigeait de Wolkowisk sur Slonim, et celui de Reynier, couvrant les mouvements des Autrichiens , s'était porté vers Porosow. Le général Sacken voyant que les ennemis conservaient toujours de l'avance sur sa droite, et que par conséquent il lui était impossible de leur barrer la route de Minsk, se détermina à pousser vivement Reynier, afin d'attirer l'attention du prince de Schwartzenberg , et de l'engager à revenir sur ses pas pour porter du secours au 7^ corps. C'était en effet l'unique moyen qui restât au général russe d'empêcher les Autrichiens de tomber sur les derrières de l'amiral.
Le 3i octobre, le général Mélissino, avec l'avant-garde , passa par W. Grinki , et poussa jusqu'à Sokolniki. Le corps d'Essen , et la réserve du comte Liewen, se portèrent à Stoudéniki et Bemiki, au débouché de la forêt, vers Porosow. Le général Sacken porta son quartier à Berniki. Le corps de Boulatof suivit la même route que les autres corps, et dut les rejoindre le lendemain. Le régiment de Serpoukov^, dragons, oc-
cupa Porosow. Reynier se replia sur Gornostaïéwiczi.
Le i^^ novembre, les troupes russes se reportèrent en avant. Le général Essen , qui se trouvait le plus près de Gornostaïewiczi, y arriva le premier; il fut suivi bientôt après par l'ayantgarde de Mélissino, et par la réserve. Reynier s'était replié par Ogrodniki, derrière le ruisseau de Lapénitsa ; sa droite appuyait à la rivière de Rossi , et sa gauche se prolongeait vers Lapénitsa. Le gros du corps d'Essen et la réserve demeurèrent près de Gornostaïewiczi; la cavalerie de l'avant-garde se déploya dans la plaine , en face du centre des ennemis ; elle fut appuyée sur sa gauche par deux régiments d'infanterie du corps d'Essen, postés dans la vallée de la Rossi, près de Kabasi.
Le général Sacken se proposait de dérober ses forces à l'ennemi jusqu'au moment où la jonction du corps de Roulatof lui permettrait d'exécuter le projet qu'il avait formé d'attaquer en masse par sa droite, afin de gagner la gauche de Reynier, et de le séparer ainsi du prince de Schwartzenberg , engagé dans la direction de Slonim. Toutefois , en attendant l'arrivée du corps de Roulatof, qui se trouvait encore en marche, le général russe résolut de faire ocçu-
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per un bois situé entre Lapénitsa et Liski , en avant de l'extrémité de l'aile gauche des ennemis , et dont la possession pouvait servir à favoriser l'exécution des opérations projetées. L'on y envoya les 37* et 39^ régiments de chasseurs.
L'ennemi, apercevant ce mouvement, dirigea sur le bois une forte colonne d'infanterie , qui , s'y étant dispersée, engagea un combat très-vif contre les chasseurs russes, que l'on fut obligé de soutenir par six compagnies du régiment de Vieux - Ingrie , infanterie, et par celui de Wladimir, dragons. Ce premier renfort donna à nos troupes la faculté de rentrer dans le bois dont elles avaient été expulsées momentanément , et l'arrivée des régiments d'infanterie d'Olonets , de Schlusselbourg et d'Ukraine , que le général Essen y envoya peu de temps après , détermina la retraite définitive de l'ennemi. On avait compté que Boulatof serait rendu à Lesski vers deux heures de l'après-midi; mais il s'égara et ne put y arriver qu'à la nuit tombante. Cette malheureuse circonstance obligea le général Sacken d'ajourner au lendemain l'attaque projetée. Mais Reynier était trop habile pour demeurer dans une position dont le flanc gauche était visiblement menacé. Il profita de la nuit pour se retirer sur Wolkowisk.