CHAPITRE XI
poussa jusqu'à Rokhanow; le général Yermolof coucha à Orcha. L'aide-de-camp général Routousof qui, avec son détachement , se trouvait la veille à Babinowiczi, se dirigea sur Senno.
Cependant le comte Wittgenstein , ayant été informé du mouvement rétrograde de Victor, se mit aussi en marche le lo. Son âvant-garde, conduite par le général Harpe, poursuivit l'arrière-garde française jusqu'à Czéréia , et passa la nuit à Sobolié. Le colonel Stolypin poussa jus- \ qu'à Stargowiczi. Le général Wlastof se rendit de ' Krasnolouki à Kholopeniczi. Le corps de Steingell se porta à Loukoml , et celui de Berg à Melechkowiczi. Le général Fock, avec la réserve, Rétablit à Smoliantsy. Le quartier- général du comte Wittgenstein fiit transféré à Melechkowiczi.
Les débris de la division Dombrowski chassés jt i de Borissow par le comte Lambert, avaient rejoint, le lo àKroupki, le maréchal Oudinot. Ce dernier apprenant la perte de Borissow , dont la conservation devenait d'autant plus importante que l'armée de Napoléon était en pleine marche vers cette ville, résolut de le reprendre à tout prix, | et s'y dirigea sur-le-champ , emmenant avec lui les troupes de Dombrowski. L'amiral Tschichagof qui ignoi'ait l'approche de ce corps, se disposait
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I à continuer son mouvement sur Bobr. Le ii , \ son avant-garde , dont le général-major comte y Pahlen 11% venait de prendre le commandement, y fut poussée sur Lochnitsa. Elle comptait n'avoir qu'à poursuivre le faible détachement battu à Borissow^ ; mais , arrivée près de Lochnitsa, elle se trouva inopinément en présence de forces supérieures. Cependant le comte Pahlen essaya de se soutenir en attendant les renforts qu'il fit demander au quartier - général. Mais l'amiral préoccupé de la malheureuse idée que l'ennemi ne pouvait être encore en forces dans les environs de Bobr, ne se pressa pas de les lui en- ] voyer. Le comte Pahlen , trop faible pour résister 1 long-temps à l'impétueuse attaque de l'ennemi, fut culbuté et rejeté surBorissow avec tant d'impétuosité, que les 7% i4^et 38^ de chasseurs, qui l occupaient les bois à gauche de la route furent coupés et obligés de se replier sur Staroï-Borissow. ^ (Voy. pLXIII.) La déroute de l'avant-garde pou- ■"^ vait avoir des suites d'autant plus fâcheuses, que l'armée bivouaquée près de Borissow n'était nullement préparée au combat, et n'avait d'autre point de retraite que le pont de la Bérézina, long de 3oo toises. La sécurité du quartier-géué- \ rai était si parfaite , qu'une partie de la cavalerie avait été envoyée au fourrage vers Wesselowo.
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Aussi la confusion fut au comble, lorsqu'on eut la certitude de l'approche de l'ennemi. Bataillons et escadrons se précipitèrent pêle-mêle sur le pont et regagnèrent la rive droite dans le plus grand désordre. Cependant , par un bonheur inespéré, toutes les troupes et l'artillerie repassèrent la rivière, dont on coupa le pont, en abandonnant à l'ennemi tous les bagages du quartier-général et de l'armée parqués à Borissow. Toutefois on envoya l'ordre aux fourrageurs de revenir en grande hâte. Ils jetèrent leurs trousses , et revinrent sur Borissow au nombre de 3 mille chevaux; mais déjà cette ville était occupée par l'ennemi : ils furent obligés de se replier sur Staroï-Borissow, où ils se réunirent aux trois régiments de chasseurs coupés de l'avant-garde. Ce détachement, isolé sur la gauche de la Bérézina , eût été fortement compromis, si un paysan d'un village voisin ne lui eût indiqué un^ gué près de Brill,
dont il profita pour rejoindre l'armée. Le corps d'Oudinot s'établit à Borissow. Cette échauffourée coûta aux Russes plus de mille hommes hors de combat. Le colonel Loukoffkin vint à Jouchkéwiczi.
Le simple récit que nous venons de faire montre clairement que l'amiral , en hasardant son avant-garde , sans prendre aucune mesure pour la
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soutenir, commit une imprudence dont les suites auraient pu devenir fort désastreuses pour toute son armée.
V Le même jour Napoléon coucha à Bobr, et la tête de sa colonne s'établit à Nacza. Le maréchal Victor , avec deux de ses divisions, se rendit à Docknitsa : la troisième vint à Batourv.
Le comte Wittgenstein serrait de près l'armée française. En effet, le général Fock s'établit à Loukoml. Les corps de Steingell et de Berg se réunirent à Czéréia, où l'on transféra le quartier-général en chef. Le général Harpe suivit le mouvement de l'arrière -garde ennemie, et s'arrêta entre Czéréïa et Batoury. Le générai Wlastof, toujours posté à Rholopéniczi, avait fait occuper dans la matinée le village de Willkowiski, situé entre Rholopéniczi et la grande route de Borrissow, par le colonel Herngross avec deux régiments de kosaques et celui des hussards réunis. A trois heures après midi ce poste fut attaqué par un gros détachement ennemi qui se retirait dans cette direction , et qui faisait partie du corps de Victor. Le colonel russe se replia jusqu'à Ousnask, où il rencontra le général Wlasj tof qui accourait à son soutien avec un bataillon \de chasseurs et deux pièces de canon. Le combat i s'engagea vivement. La cavalerie russe chargea