‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 175 sur 208 · CHAPITRE Xï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xï

lof-Denissof ayant reçu l'ordre de rejoindre la grande armée , Idi&sa sous les ordres dû général Borosdin les troupes dont le comte Wittgetistein l'avait renforcé. Le général Miloradowich se porta à Logoïsk.

Le 23, Napoléon arriva à Smorgoni. Son arrière-garde essaya de tenir ferme à Molodeschno , derrière la rivière d'Oucha; mais le général Tschaplils, ayant passé cette rivière à trois werstes au-dessous de ce bourg, réussit à couper une partie des troupes qui la composaient , et en poussa les débris jusqu'à Markowa. Dans cette journée, l'ennemi perdit vingt-quatre canons et 2,5oo prisonniers. Le général Platof, se ^conformant aux ordres qu'il avait reçus, se porta à gauche. Ij'amiral vint à Molodeschno , et le comte Witgenstein à Dolguinow.

Les calamités de l'armée française croissaient de jour en jour. Il semblait que la Providence eût réservé, pour la dernière époque de sa retraite , les plus durs des maux qu'elle avait résolu de rassembler sur sa tête. A mesure qu'elle se rapprochait de Wilna , le froid devenait plus vif; il emportait des milliers d'hommes par jour, et cette mortalité était d'autant plus effrayante, qu'elle était hors de proportion avec l'effectif de ses cadres déjà si affaiblis. Les che-

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mins étaient couverts de malheureux soldats, dont l'épuisement causé par une disette continue les rendait d'autant moins propres à soutenir les fatigues et les rigueurs de la saison. La vue de ces désastres et l'impossibilité d'y remédier déterminèrent l'empereur des Français à quitter son armée dont la destruction paraissait inévitable. Le 23, tous les principaux officiers i ^^ ^ furent réunis au quartier-impérial de Smorgoni* JjTapoléon déclara qu'il confiait en son absence le commandement de l'armée au roi de Naples* Ijui-même prit le même jour la poste avec quelques-uns de ses généraux et se rendit à Paris. L'on a jugé diversement ce départ, et cependant rien de plus facile que de le justifier. En effet. Napoléon n'était pas seulement le chef de l'armée qu'il quittait , mais , puisque les destinées de la France entière reposs^ient sur sa tête, il est clair que, dans ces circonstances, son premier devoir était moins d'assister à l'agonie des débris de son armée , que de veiller à la sûreté du grand empire qu'il gouvernait. Il ne pouvait mieux satisfaire à ce devoir, qu'en se rendant à Paris , afin de hâter, par sa présence , l'organisation des nouvelles armées devenues nécessaires pour remplacer celle qu'il venait de perdre.

La grande armée russe s'étant remise en marche

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