‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 196 sur 208 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

un événement d'autant plus important , qu'il était facile de prévoir qu'il servirait d'exemple et d'encouragement au reste de l'Allemagne , trop lasse du joug de Napoléon pour ne pas saisir la première occasion favorable de le secouer. Les généraux prussiens ne sauraient être blâmés d'avoir cherché à conserver à leur roi un noyau d'armée précieux, qui donna à la Prusse les moyens de' prendre une attitude imposante , et de ne suivre que la politique la plus conforme à ses véritables intérêts.

Le maréchal Macdonald n'était resté à Tilsit, pendant les journées des 17 et 18, que pour attendre la colonne d'Yorck , qu'il espérait toujours voir arriver quoiqu'il n'en eût plus de nouvelles directes. Se voyant décidément abandonné par les Prussiens, il sentit qu'il n'avait pas de temps à perdre pour sauver la division Grand- Jean, que les manœuvres du comte Wittgenstein dirigées sur sa ligne de retraite menaçaient d'une destruction complète. Le 19, il partit de Tilsit avec 7 mille hommes d'infanterie et vingt pièces de canon qui lui restaient encore, et se dirigea par la route de Kœnigsberg.

Heureusement pour lui , l'armée du comte Wittgenstein , arrêtée par le mauvais état des chemins qu'un dégel venait de défoncer, ne fit

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ce jour-là qu'une très-petite marche, en se portant de GerskuUen à Sommerau. L'avant-garde du général ChépélefF, qui aurait dû arriver du moins à Schillupichken , n'en reçut l'ordre que fort tard, et ne poussa que jusqu'à Szillen. Il en résulta que le maréchal Macdonald ne trouva sur la route de Kœnigsberg que les quatre régiments de kosaques , postés dès la veille à Schillupichken. Ces partisans se voyant hors d'état d'arrêter les masses d'infanterie qui se portaient sur eux , leur ouvrirent le passage , et Macdonald en profita pour continuer , sans obstacle , sa marche jusqu'à Skaisgirren , où il passa la nuit. Le général Dibitsch passa le Niétnen à Tilsit, et poursuivit jusqu'à Skaisgirren l'arrière - garde de Macdonald à laquelle il enleva 5oo prisonniers.

Le 20 , Macdonald toujours harcelé par la cavalerie du général Dibitsch, se porta à Melanken. Le général Koutousof et l'avant-garde de Chépéleff vinrent à Skaisgirren. Le comte Wittgenstein se porta avec l'armée à Szillen.

Le 21 , le comte Wittgenstein avec Tarmée vint à Skaisgirren ; Macdonald se replia jusqu'à Labiau. Pour protéger sa retraite , les ennemis firent sortir de Kœnigsberg la division Heudelet €t la portèrent à Tapiau. Le comte Wittgenstein,

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