CHAPITRE XII
instruit de ce mouvement , donna une nouvelle organisation à ses détachements d'avant- garde , qui s'étaient réunis à Skaisgirren. La grande avant-garde , toujours commandée par le général Chépéleff, fut composée de 6,5oo hommes d'infanterie et de j,5oo chevaux avec i8 canons, et reçut l'ordre de poursuivre Macdonald sur le chemin de Labiau. Le général Routousof avec 4 mille chevaux fut dirigé sur Wehlau. Il avait en soutien le corps de Steingell, qui dut prendre la même direction. /Le comte Sievers , avec un troisième détachement de 1,200 chevaux, marchait en intermédiaire entre les routes de Labiau et de Wehlau , pour maintenir la communication entre les avant-gardes de Chépéleff et de Koutousof.
Le aa, l'armée russe séjourna à Skaisgirren.
Le général Chépéleff trouva le maréchal Macdonald en position devant Labiau , et fit sur-lechamp ses dispositions pour l'attaquer. A cet effet 5 il partagea son avant - garde en trois colonnes. Celle du centre assaillit l'ennemi de front, tandis que les deux autres, principalement composées de cavalerie, se portaient sur ses flancs.
L'ennemi essaya d'abord de tenir ferme , mais le feu de l'artillerie l'obligea à se replier au-
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delà de la ville à laquelle il mit le feu. La colonne du centre qui le talonnait arrêta l'incendie, et déboucha au-delà de Labiau, pendant que la cavalerie russe continuait à menacer ses ailes. Il soutint le combat en rétrogradant jusqu'au village de Telch; mais les régiments d'infanterie de Tenguinsk et de Lithuanie, qui le serraient de près , ayant emporté ce village , il se mit en pleine retraite sur Kœnigsberg.
Les troupes légères russes le poursuivirent pendant quelques werstes, et lui prirent trois canons. Le gros de l'avant - garde de Chépéleflf s'arrêta à Labiau. La perte des Russes s'éleva à 35o hommes hors de combat. Celle des ennemis fut de i,5oo tués et blessés et de 5oo prisonniers. La division Heudelet se replia aussi sur Kœnigsberg à l'approche du général Routousof , qui, après avoir occupé Wehlau , y passa le Preguel , et se dirigea pat la gauche de cette rivière sur Kœnigsberg. Le comte Sievers occupa Tapiau.
Il semble que si Macdonald échappa à une destruction complète , il le dut à la lenteur de la marche de l'armée du comte Wittgenstein.
Nous avons vu qu'au 7 décembre cette armée se trouvait à Willkomir , et ce ne fut que ce même jour que Macdonald se mettait en retrfite.
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et quittait les environs de Mittau. Or Willkomir est plus rapproché de Tilsit que cette dernière ville ne l'est de Mittau ; conséquemment il eût été facile au comté Wittgenstein d'y prévenir l'ennemi , et de lui couper ainsi toute retraite. L'on poavaît y réussir d'autant plus aisément , que de Willkomir à Tilsit il n'y a que aoo werstes, ce qui ne présente que six marches même médiocrement forcées; de sorte que le i3ou le 14? l'armée pouvait être rendue à Tilsit, et nous avons vu que ce ne fut que le i4 que la i'® colonne de Macdonald se présenta devant le défilé de Picktupponen. Il est possible cependant que le comte Wittgenstein, se trouvant à la tête de troupes déjà fatiguées, n'ait pu réellement arriver à Jourbourg avant le 1 5 ; toutefois est-il sûr qu'il était encore en mesure de, profiter du séjour de Macdonald à Tilsit pendant les journées des 17 et 1 8 pour le couper de Kœnigsberg , en s'établissant sur la route de cette ville à Tilsit. Pour obtenir ce résultat, il n'avait encore qu'à mettre un peu plus d'activité dans ses marches. Celle du 1 7 de Jourbourg à Locbegallen était suffisamment forte , et faisait espérer que le lendemain , ou au plus tard le 1 9 au matin , l'armée russe serait postée à Schillupichken sur la route de Koenigsberg,/ entièrement
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sur les communications de Macdonald , Scbilluppichken n'étant éloigné de Locbegallen que d'environ 4^ werstes. Au lieu de cela , Tarmée russe dans deux marches , n'arriva que jusqu'à Sommerau. Son avant -garde même, qui aurait dû s'établir du moins sur la route de Kœnigs» berg, ne poussa dans la journée du 19 que jus* qu'à Szillen sur la route de Ragniz à Insterbourg. Il en résulta que Macdonald n'ayant rencontré que des troupes légères , qui ne pouvaient mettre obstacle à sa marche , se trouva en état de percer sur Labiau .
Si , dans cette circonstance , nous n'avons pu nous empêcher de relever une faute du comte Wittgenstein , la loyauté et la noblesse de senti* ments qui caractérisent le respectable vainqueur de Kliastitsy , ne nous permettent pas de douter que , loin de voir dans ce que nous venons de dire un manque d'égards pour lui , il n'y reconnaîtra que l'expression du même sentiment d*équité , qui , dans tout le cours de cet ouvrage , nous a porté à rendre pleine justice aux éclatantes actions, qui lui ont mérité la reconnaissance de la patrie.
Revenons maintenant à ce qui se passait à la gauche des Russes. Nous avons déjà vu au chapitre X'', que le prince de Schwarzenberg avait