‹ Histoire militaire de la campagne de Russie en 1812 (volume 2)Chapitre 200 sur 208 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Rath arrivèrent à Bialystok dans les derniers jours de décembre.

Le corps d'Essen, qui, par la fausse direction qu'il avait prise vers Nowgrod - Wolynskoï , s'était trop éloigné du théâtre des opérations, ne put atteindre la frontière qu'après des marches très- fatigantes. Le 4 décembre , le général £ssen partit de Mingiricz, et se porta en onze marches et deux séjours sur Pinsk, où il séjourna le 17. La retraite définitive des ennemis hors des frontières se trouvant décidée à cette époque , le général Essen reçut l'ordre de changer de direction à gauche, pour se poster à Brzest* Litowskoï, où son corps arriva le 3i , après avoir passé par Motul et Kobrin.

Ainsi fut effectuée sur tous les points l'évacuation du territoire russe , après six mois de la campagne la plus rude. Les pertes que les ennemis essuyèrent pendant cet espace de temps sont à peine croyables. Des calculs assez modérés présentent un résultat de i25 mille hommes moissonnés par les combats. En outre les armées dje Napoléon perdirent , en prisonniers , 4S généraux, 3 mille officiers , et plus de 190 mille soldats. En y ajoutant encorç les hommes qui périrent en détail par l'effet des maladies^, de la faim, du froid et d'autres causes accidentelles , l'on re-

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trouvera le nombre de 45o mille hommes , qui doit à peu près former le total de la perte de l'ennemi. L'on peut évaluer à environ 80 mille hommes le nombre des troupes alliées qui, échappant à ce grand désastre, repassèrent les frontières de la Russie; mais dans le nombre l'on comprend encore -iS mille Autrichiens et rS mille Prussiens , de sorte que des autres troupes de Napoléon il ne resta pas ^o mille hommes.

( Voyez tabl. 20. ) De plus, dans le courant de la campagne , les Russes enlevèrent aux ennemis 75 aigles , drapeaux ou étendards , et 929 canons, sans compter ceux qui demeurèrent enfouis dans la terre ou jetés dans l'eau. Les annales de la guerre ne présentent pas d'exemple de succès aussi brillants et aussi décisifs.

Cette campagne , si mémorable par Tétonnante consommation d'hommes qu'elle occasiona , sera considérée par la postérité comme un terrible exemple du danger de s'écarter à la guerre des règles prescrites par une saine théorie. En effet, jamais le triomphe des vrais principes de l'art ne parut d'une manière aussi éclatante que dans cette occasion. Napoléon à Moscou présente le spectacle intéressant d'un grand capitaine, qui, à la •tête d'une armée innombrable, a rempli le but militaire qu'il s'était proposé en

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