CHAPITRE VI
les Bavarois. Le colonel Wlastof, profitant de ce succès, prit l'ofFensive, et fit plier la gauche et le centre des ennemis. Leur droite se soutenait encore et marquait même l'intention de tourner la gauche des Russes; mais la dé- * faite du reste de la division la laissant trop aventurée, elle fut elle-même prise en flanc et rejetée dans les bois par 4e colonel Ridiguer , suivi d'un escadron des hussards de Grodno et du régiment des kosaques de Platof 4*- L'obscurité qui survint favorisa la retraite des Bavarois sur Gamzélowo. Leur perte , dans cette affaire, monta à i53 prisonniers et à plus de 5oo tués et blessés. Les nôtres perdir^it 94 hommes hors de combat.
Cette petite affaire est encore un miracle de bravoure de la part des troupes du comte Wittgensfeein. La faible arrière-garde de Wlastof, séparée du gros du corps par une rivière et par un espace de plus de dixwersteset attaqué par un ennemi infiniment supérieur en nombre^ semblait devoir être entièrement écrasée ; cependant non seulement elle réussit k se soutenir, mais elle profita même de la faute que les Bavarois avaient faite de trop s'étendre par les deux ailes, pour leur faire éprouver un échec notable.
6o CAMPAGITE DE l8l2.
'^ , Le 1 1 , le comte Wittgenstein transporta son
'^ *M^''*\^uartier -général à Sokolitchi-Tchita. Le corps y^rA* A^' se réunit dans la position de Siwokhino , que Ton fit fortifier par des ouvrages de campagne. L'arrière garde , renforcée par le a 5« régiment de chasseurs , fut laissée à Bélaïa. Le maréchal Saint- Cyr se tint entre Polotsk et ^amzélowo, ayant un détachement à Jouréwiczi.
Les corps principaux demeurèrent inactifs dans ces positions jusque vers les premiers jours doc^ tobre ; mais pendant ce temps , la petite guerre continua avec assez d'activité du côté des Russes, dont les partis empêchaient les ennemis de fourager à la droite de la Duna , et faisaient même des courses à la gauche de ce fleuve. Le maréchal Saint-Cyr, voulant assurer davantage la ligne défensive qu'il était chargé de garder, fit fortifier Polotsk. Les Russes travaillèrent aussi à la fortification de Sébége, où le comte Wittgenstein se proposait de placer ses dépôts, son parc d'équipages et ses magasins. Ainsi , sur cette partie du théâtre de la guerre , les opérations prenaient unetourniu'e méthodique entièrement conforme aux circonstances; les deux partis, ayant senti qu'étant uniquement occupés d'opérations secondaires , il n'était pas de leur intérêt d'en entreprendre de hasardées , qui ne pouvaient avoir