CHAPITRE Vif
sion Lecoq, s'engageait vivement, le prince de Schwartzenberg fit passer, au-dessus de Poddoubna, le marais, que Ton avait d'abord jugé impraticable, à un bataillon de CoUoredo, de la brigade de Hesse-Hombourg. Ce bataillon effectua le passage en fi:ont , enfonçant jusqu'aux genoux, escalada la hauteur opposée, et prit en flanc les Russes qui la couronnaient. Cette attaque facilita celle de la division Funk , qui , bientôt renforcée par le deuxième bataillon de CoUoredo , s'établit sur les hauteurs en face de ï^oddoubna. La droite des Russes fut momentanément rejetée en arrière , mais elle se rétablit promptement , repoussa définitivement les ennenemis, et reprit sa position.
Tormassof voyant que cette aile était la plus exposée , ordonna au général Markof de la soutenir par les régiments de Nachébourg , de Witebsk et de Koslow, et par quatre escadrons des hulans de Tatarie. Dans le même temps une colonne saxonne , qui avait paru devant la gauche de Markoff, fut chargée et culbutée par le 10^ régiment de chasseurs qui marcha à sa rencontre.
Pendant que ces choses se passaient près de Poddoubna, la division Trautenberg exécutait plusieurs fausses attaques sur la grande route
9Ô CAMPAGNE DE l8l2.
de Proujany à Robrin; mais la difficulté du défilé de Gorodezna permit au régiment de Riajsk de se maintenir dans son poste, en empêchant l'ennemi de déboucher par la grande route. La nuit qui survint termina le combat sur tous les points.
La perte éprouvée par les ennemis , dans la bataille de Gorodeczna, s'éleva à environ 5 mille hommes hors de combat; celle des Russes fut de 3 à 4 niille hommes.
Quoique notre armée se fôt soutenue avec avantage pendant la journée du 3i , le général Tormassoff ne balança point à profiter de la nuit pour effectuer sa retraite. Cette détermination était d'autant plus sage, que l'ennemi aurait pu renforcer Reynier par le reste des troupes autrichiennes , et le lendemain matin attaquer la gauche des Russes avec une supériorité de forces qui n'eût laissé aucun moyen de résistance à cette aile, dent la perte eût entraîné celle de toute l'armée.
Le 1^^ août, à cinq heures du matin, le général Reynier se mit en marche pour attaquer les nôtres, qu'il trouva déjà en pleine retraite sur la route de Kobrin, mais qui avaient laissé sur le champ de bataille de la veille une arrièregarde aux ordres du comte Lambert. Cette arriè-