CHAPITRE VII
re-galrde se replia lentement jusqu'à Téwélé, où elle fut relevée par le général Tschaplits qu elle y trouva. La droite de la cavalerie ennemie , renforcée par le régiment de dragons autrichiens de Lewenehr, se disposa à tourner Téwélé , dans l'intention de couper la retraite à l'arrière-garde russe, mais la prompte retraite de cette dernière fit échouer ce projet. Vers une heure après midi, les ennemis entrèrent à Kobrin, qui fut occupée par la division Bianchi; le corps saxon campa à droite, et le corps autrichien à gauche de la ville , derrière la Moukhawets.
Les militaires qui auront suivi avec attention la relation de la bataille de Gorodeczna , ne refuseront pas de rendre justice à la beauté du plan conçu par le général Beynier; mais l'exécution en fut si défectueuse , que l'armée russe , dont la défaite semblait assurée , parvint à l'éviter en se maintenant avec succès jusqu'à la nuit. Les ennemis avaient à leur disposition 89 bataillons et environ 66 escadrons ; cependant sur le point décisif où commandait Reynier, ils n'employèrent que 1 8 bataillons et 48 escadrons , le reste des troupes fut laissé très-mal à propos "h la gauche du ruisseau, à Gorodeczna et à Poddoubna. La division Trautenberg, avec huit escadrons eut suffi pour observer ces deux défilés ,
et les alliés auraient pu ainsi renforcer Reynier par la brigade de Hesse - Hombourg , la division Siegenthal, et environ dix escadrons. A l'aide de ce secours, Reynier aurait pu déborder la gauche des Russes , et l'attaquer avec un succès certain. Ce général commit aussi ime faute en démasquant trop tôt ses projets contre cette aile, et faisant occuper la digue de Poddoubna par ses avant-postes; s'il n'avait commencé à agir qu'après avoir réuni toutes ses forces derrière Poddoubna , il est bien probable qu'il serait parvenu à s'établir sur le flanc des Russes , avant l'arrivée du corps de Kamenskoï (i). Il paraît encore que , pendant le combat , Reynier s'opiniâtra trop à vouloir les déborder ; il aurait dû s'apercevoir qu'il n'était pas assez en forces pour le faire sans danger. En s'étendant trop , il ne fit qu'énerver sa ligne , au lieu que s'il se fut plus massé sur sa gauche , peut-être aurait-il pu enlever les hauteurs devant Poddoubna,
(i) Nous reconnaissons' que ce que nous venons de dire sur la bataille de Gorodeczna est entièrement conforme à l'opinion de l'auteur des Mémoires pour servir à l'histoire de "la guerre entre la France et la Russie en 1812. Les observations sur cette bataille sont une des rares vérités que Ton est surpris de trouver dans cet ouvrage, écrit avec le ton et la véracité d'un libelle.