CHAPITRE Vï. ' l
général Legrand y jeta le 56** de ligne, qui réus- . sit à arrêter les Russes. ^
Le combat s'animant de plus en plus, le maréchal Oudinot fit soutenir les troupes engagées par la division Verdier, qui forma la réserve. \ Les cuirassiers furent laissés en arrière , par l'impossibilité de les employer sur le terrain boisé où se passait l'action. La division Legrand, ainsi appuyée par celle de Verdier, se reporta en avant ; mais les succès qu'elle obtint se bornèrent à faire replier la chaîne des tirailleurs russes : le feu de l'artillerie de ces derniers porta tant de désordre parmi les colonnes françaises, qu'elles ne tardèrent pas à battre en retraite jusqu^errière Jakoubowo, qui demeura occupé par un gros d'infanterie légère. La position des Français, resserrée d'un côté par un bois épais, et de l'autre, par les maisons du village, ne leur permit pas de mettre en batterie plus de douze pièces de canon , landis que le bassin s'ouvrant du côté des Russes, leur donna la facilité de faire usage de vingt-quatre pièces.
Cette canonnade , si désavantageuse pour l'ennemi, entretint le combat jusqu'à onze heures du soir. Dans la nuit, le comte Wittgenstein rapprocha de Jakoubowo ses troupes de réserve , et forma la f ^^ ligne de son corps sur le champ
l4 CAMPAGNE DE l8l2.
de bataille de la veille, en colonnes de bataillons, et dans Tordre suivant : le a/j* régiment de chasseurs était à la droite ; ensuite venaient le a 5% le a 3*, ceux de Sewsk et de Kalouga, le aô® de chasseurs , celui de Perm , et enfin celui de Mohilew, qui formait la gauche; vingt-six pièces de canon furent mises en batterie devant le front de cette ligne. Le terrain rétréci par un bois qui s'étendait derrière la position , ne permettant pas à la deuxième ligne de se placer immédiatement derrière la première, l'on fut obligé de laisser les régiments de cette deuxième ligne, ainsi que les hussards de Grodno, en réser\i|^près du village d'Olchowo.
Le m , à trois heures du matin , les Russes recommencèrent l'attaque. Le a 3® régiment de chasseurs se précipita sur le château de Jakoubowo , et réussit même à pénétrer jusque dans la cour, mais le a6* léger, qui se porta contre lui au pas de charge, le repoussa avec perte. Le maréchal Oudinot crut devoir profiter de ce premier avantage pour attaquer lui-même la ligne des Russes , en portant de fortes colonnes contre leur centre. Les batteries des lieutenants-colonels Marouzzi et Baikof réussirent à arrêter cette première tentative des ennemis ; mais ces derniers se renforçant de troupes fi:*aî-